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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Concert de l’Orchestre Philharmonique de New York sous la direction d’Alan Gilbert, avec la participation du pianiste Yefim Bronfman à la salle Pleyel, Paris.

Un New-Yorkais à Paris
© Fred Toulet / Salle Pleyel

Directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de New York depuis septembre dernier, le chef américain Alan Gilbert effectue une tournée européenne avec ses musiciens après être passé par l’Asie. Avec le grand pianiste Yefim Bronfman, il fait une passionnante escale à Paris, réaffirmant l’excellence d’une phalange rarement entendue sous nos latitudes.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 01/02/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Il peut s’enorgueillir d’être l’un des premiers chefs américains à occuper ce poste à la tête du Philharmonique de New York, mais il prend une lourde succession. En remontant dans le temps, les directeurs musicaux de cette formation fondée en 1842, la plus vieille des États-Unis et l’une des plus anciennes du monde, ont eu pour nom par exemple Lorin Maazel, Kurt Masur, Zubin Mehta, George Szell, Leonard Bernstein, Dimitri Mitropoulos, Bruno Walter, Arturo Toscanini, Willem Mengelberg ou encore Gustav Mahler.

    Issu de Harvard, du Curtis Institute et de Juilliard School, Alan Gilbert a été en poste à Santa Fe, à Stockholm, à Hambourg, et a dirigé les plus grandes formations américaines et bon nombre des européennes aussi. Son dynamisme se manifeste encore par les projets qu’il a lancés dès son arrivée à New York, tournées, partenariats artistiques avec le compositeur Magnus Lindberg et le baryton Thomas Hampson par exemple. Bref, quelqu’un qui n’arrive pas avec un nom déjà universellement connu mais qui tient à ce qu’il le soit aussi vite que possible.

    Le Philharmonique de New York est sans conteste dans le Top ten des orchestres internationaux, pour certains même dans le Top five aux côtés de Berlin, Vienne, Amsterdam et Chicago. Peu importe, à la limite, que ce type de classement, car l’orchestre est de toute évidence magnifique d’éclat, de limpidité, une limpidité quasi cristalline à l’opposé de l’onctuosité profonde du Concertgebouw par exemple.

    Le programme choisi, très américain dans ses goûts, souligne d’ailleurs ces qualités fort utiles et efficaces dans l’opulente orchestration de la 2e symphonie de Rachmaninov en particulier. Il y a depuis longtemps une véritable tradition d’interprétation de ce compositeur aux États-Unis où il demeure très populaire, qu’il s’agisse de ses concertos, de ses symphonies, ou de ses œuvres pour piano solo, alors que chez nous, sauf quelques préludes, toujours les mêmes, et à quelques exceptions près comme Jean-Philippe Collard qui remit à l’honneur entre autres les Études-Tableaux, il a fallu attendre qu’arrive une génération d’interprètes russes de première grandeur pour lui rendre justice.

    Partition vaste, assez uniforme malgré de multiples variations d’un état d’âme porté sur la nostalgie et même la morosité, couronnée par une coda tonitruante qui soulève forcément les acclamations du public, cette symphonie n’est pas non plus sans longueurs. Elle permet une opulente démonstration aussi bien collective qu’individuelle de tous les pupitres, mais ne révèle pas grand chose de l’inspiration ni de la personnalité du chef dont elle met surtout en valeur une belle technique de direction, à la gestique sobre, sans ronds de bras inutiles.

    Éblouissement total en revanche avec le 2e concerto pour piano de Prokofiev, où la technique incroyable et la clarté de pensée de Yefim Bronfman rivalisent avec une approche orchestrale particulièrement puissante, équilibrée, vivante et convaincante dans ses moindres détails. Un moment magistral de musique absolument envoûtante, avec ces agressions, ces provocations, ces abîmes d’angoisse et ces déchirements qui caractérisent le langage de Prokofiev, traduits ici en une parfaite osmose entre le chef, l’orchestre et les instrumentistes dont la sonorité d’ensemble est particulièrement appropriée au caractère de l’œuvre.

    En début de programme, une courte pièce séduisante à la riche écriture orchestrale du Finlandais Magnus Lindberg venait rappeler que ce compositeur est pour deux ans « compositeur en résidence du New York Philharmonic », précisément l’une des initiatives prises par Alan Gilbert à son arrivée à la tête de l’orchestre.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 01/02/2010
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre Philharmonique de New York sous la direction d’Alan Gilbert, avec la participation du pianiste Yefim Bronfman à la salle Pleyel, Paris.
    Magnus Lindberg (*1958)
    EXPO
    Commande du New York Philharmonic
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour piano n° 2 en sol mineur op. 16 (1911-1924)
    Yefim Bronfman, piano
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Symphonie n° 2 en mi mineur op. 27 (1908)

    Orchestre philharmonique de New York
    direction : Alan Gilbert

     


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