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CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2018

Concert de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev, avec la participation du pianiste Denis Matsuev à la salle Pleyel, Paris.

Mariage franco-russe
© Mat Hennek

Passage désormais obligé de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et de son chef Tugan Sokhiev à la salle Pleyel, cette fois dans un programme consacré à Chostakovitch et Rachmaninov, avec l’étonnant virtuose Denis Matsuev. L’école russe dans tous ses états, avec deux trentenaires parmi les plus talentueux du moment.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 13/02/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Il serait faux de dire que l’Orchestre du Capitole de Toulouse a atteint une dimension qu’il n’avait pas auparavant. À l’époque Plasson, il était déjà d’un niveau qui en faisait l’une des toutes premières formations françaises, mais dans un répertoire sensiblement différent. Ce que Tugan Sokhiev a apporté en cinq ans de travail, c’est une autre approche, un nouvel élan et certainement l’inévitable enthousiasme de la jeunesse.

    Le chef trentenaire n’a cessé d’affirmer la flamme de son tempérament, aussi bien dans un mémorable Requiem de Verdi que dans la musique russe dont la fréquentation assidue a conduit les instrumentistes toulousains à découvrir de nouvelles couleurs, à pousser encore plus loin leur recherche en tous domaines.

    C’est ce qui frappe lors de ce concert, en particulier dans la brève Ouverture de fête de Chostakovitch en début de programme et dans les Danses symphoniques de Rachmaninov en deuxième partie, après des Variations sur un thème de Paganini du même Rachmaninov où il faut bien reconnaître que l’attention fut surtout galvanisée par l’incroyable virtuosité de Denis Matsuev.

    L’harmonie dans son ensemble, cuivres et bois, montre dans les Danses une maîtrise accomplie des nuances, des inflexions, du phrasé. De belles lignes mélodiques envoûtantes leur sont dédiées, et c’est un régal sonore permanent, y compris de la part des cors qui s’avèrent d’une flexibilité, d’une tenue de souffle et d’un sens du legato remarquables.

    Un beau solo de violon aussi par le Konzertmeister Geneviève Laurenceau achève de démontrer la très haute tenue de tous les pupitres. Une œuvre comme ces Danses symphoniques est d’ailleurs idéale pour mettre en valeur le travail d’un orchestre, car elle permet à chacun de sortir de l’anonymat à un moment ou à un autre avant de se fondre à nouveau dans de très expressifs tutti.

    Et puis, il y avait Denis Matsuev. On a, dans ces colonnes il y a quasiment un an jour pour jour, rendu compte du plus que brillant récital donné au Théâtre des Champs-Élysées par cet autre trentenaire russe, prix du Concours Tchaïkovski. Les Variations Paganini de Rachmaninov sont l’occasion d’une démonstration technique exceptionnelle, mais on a déjà dit que Matsuev ne s’en tient pas là.

    Au-delà des avalanches d’accords, de traits et de notes, il fait avant tout de la musique, ne ratant jamais une occasion de laisser chanter son piano, de partir dans le rêve, atteignant d’ailleurs souvent une sonorité aussi riche et fluide que celle d’un orchestre entier.

    On ne peut que redire qu’en des temps où la virtuosité atteint partout des records, Matsuev reste quand même un cas assez ahurissant, comme il le montre encore non sans humour en bis dans l’invraisemblable déferlement sonore et cependant toujours musical, de la Fantaisie sur le Barbier de Séville de Rossini de Sigismond Thalberg, le grand rival de Liszt en virtuosité, que personne d’autre que lui ne doit pouvoir jouer avec pareille désinvolture à pareille vitesse.

    Cela pourrait paraître du pur artifice et non un jeu si l’on ne savait notamment depuis son récital de 2009 qu’il peut nous émouvoir profondément en jouant Schumann ou Chopin de manière personnelle mais totalement convaincante. Une belle alliance de jeunes et grands talents russes avec la belle tradition orchestrale française, et un grand succès dans une salle Pleyel comble !




    Salle Pleyel, Paris
    Le 13/02/2010
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev, avec la participation du pianiste Denis Matsuev à la salle Pleyel, Paris.
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Ouverture de fête
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Rhapsodie pour piano et orchestre sur un thème de Paganini
    Denis Matsuev, piano
    Danses symphoniques

    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev

     


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