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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Récital du baryton Simon Keenlyside accompagné au piano par Malcolm Martineau à l’Opéra de Paris.

Une leçon de chant
© Uwe Arens

Magistrale démonstration d’intelligence, de technique, de musicalité par le baryton britannique Simon Keenlyside, dans un programme de mélodies sans concessions au Palais Garnier. Au piano, le prince des accompagnateurs, Malcolm Martineau. Une leçon, par l’un des chanteurs les plus versatiles et les plus doués de notre époque.
 

Palais Garnier, Paris
Le 12/02/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Malgré un parcours sans faute allant de Mozart à Berg en passant par Tchaïkovski, Debussy et Britten, Simon Keenlyside n’est pas le chanteur le plus médiatisé. Trop authentique et sincère pour cela, sans aucun doute, car ce qui frappe avant tout chez cet artiste d’exception est sa rayonnante intelligence. Elle lui permet de mettre une voix qui n’a pas un timbre ni un volume exceptionnels au service de toutes les musiques qu’il aborde, sans la moindre erreur de jugement musicale ni littéraire.

    Après des débuts mozartiens dans des rôles comme Papageno ou Guglielmo, vite passé à Don Giovanni, il s’est ensuite affirmé comme l’interprète fascinant de Pelléas, Wozzeck, Eugène Onéguine, Billy Budd ou Hamlet, aussi indiscutable pour ses qualités dramatiques que musicales. Il va d’ailleurs franchir bientôt un nouveau pas en incarnant Rigoletto, rôle en général assuré par des timbres plus sombres que le sien.

    Mais voilà, Simon Keenlyside sait tirer très exactement ce qu’il faut de sa voix en toute occasion. Ceux qui l’ont entendu à Paris dans Wozzeck ou ailleurs dans Onéguine par exemple, durent être surpris par la manière assez incroyable dont il a contrôle ses moyens tout au long de ce récital de mélodies.

    Une fantastique leçon de chant, tout abord, assez comme Jonas Kaufmann vient de la donner aussi dans Werther à l’Opéra Bastille et comme il la donne aussi en concert ou en récital. Ces messieurs on un contrôle absolu de l’intensité, de la couleur, des passages de registre, sur toute l’étendue de leur voix. Keenlyside peut ainsi se permette d’assumer toute une première partie avec des mélodies de Fauré et de Ravel parmi les plus difficiles, en raison précisément de ce qu’elles exigent comme palette de couleurs, comme capacité à murmurer sans détimbrer, à passer en voix de tête éventuellement, tout en gardant au texte une absolue intelligibilité.

    L’élocution française de Keenlyside est d’une perfection qui laisse songeur… si on la compare à la bouillie que l’on entend couramment partout de nos jours. Tout y est exact, consonnes et voyelles et il n’est pas une intention du texte qui lui échappe et qui ne soit traduite. Le visage, le geste, le corps, suivent l’expression, avec le plus parfait naturel, sans que jamais on ait le sentiment de quelque chose de fabriqué ni d’appris.

    Une sorte de miracle, que, une fois encore, Kaufmann accomplit aussi avec notre langue. Les mélodies de Fauré, y compris les plus délicates comme le Papillon et la fleur sur le poème de Victor Hugo, ou encore Spleen sur le poème de Verlaine sont délivrées comme on les a très rarement entendues. Et il en va de même des Histoires naturelles de Ravel, où poésie et humour du texte et de la musique sont traduits comme on rêve de les entendre.

    En deuxième partie, les Dichterliebe de Schumann bénéficient des mêmes qualités d’intelligence et de maîtrise technique, permettant par instant à la voix de découvrir sa puissance comme dans Ich grolle nicht et cette facilité de l’aigu qui, bien que le chanteur ne soit pas un baryton Martin, lui permet d’assumer sans problème un rôle comme Pelléas, parfois chanté par un ténor.

    Nous avons beaucoup de chance d’avoir en ce moment plusieurs interprètes de cette trempe qui sont, comme les quelques grands spécialistes de la seconde moitié du siècle dernier, d’aussi bouleversants défenseurs de l’opéra que de la mélodie et du Lied. Il faut ajouter aussi que Malcolm Martineau, par la subtilité de son toucher, la qualité soyeuse de ses sonorités, la finesse de son analyse de chaque mélodie, est le partenaire idéal de ce récital d’anthologie.




    Palais Garnier, Paris
    Le 12/02/2010
    Gérard MANNONI

    Récital du baryton Simon Keenlyside accompagné au piano par Malcolm Martineau à l’Opéra de Paris.
    Gabriel Fauré (1845-1924)
    Mandoline
    En sourdine
    Green
    Notre amour
    Fleur jetée
    Spleen
    Madrigal
    Aubade
    Le papillon et la fleur
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Histoires naturelles
    Robert Schumann (1810-1856)
    Dichterliebe

    Simon Keenlyside, baryton
    Malcolm Martineau, piano

     


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