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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Lorin Maazel à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.

Le revers de la rareté

Pour sa première venue à Lyon, la Philharmonie de Vienne promet une affiche de choix avec le Sacre du Printemps de Stravinski et la Troisième Symphonie de Bruckner. Si l'on saluera enfin la tenue d'un événement d'envergure internationale dans la vie musicale lyonnaise, reste que la soirée déçoit pour qui fréquente régulièrement la phalange autrichienne.
 

Auditorium Maurice Ravel, Lyon
Le 17/02/2010
Benjamin GRENARD
 



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  • On a entendu çà et là des commentaires, pour ne pas dire des critiques, parfois relayés par la presse, sur le coût dispendieux de ce concert événement de la Philharmonie de Vienne avec Lorin Maazel à l’Auditorium Ravel. C'est oublier deux choses : la phalange autrichienne vient pour la première fois de son histoire à Lyon, alors qu'elle se produit entre deux et trois fois par saison à Paris ; on ne saurait dans ces conditions parler de dépense irréfléchie alors que les concerts parisiens par les Wiener sont toujours déficitaires.

    Et puis il serait temps que la ville qui se veut la deuxième de France sur le plan culturel se donne enfin les moyens de ses ambitions. Car si elle veut asseoir sa pertinence musicale sur le plan international, il est nécessaire que ses institutions programment des affiches symphoniques aussi prometteuses que le sont celles des Grands Interprètes dans le domaine de la musique de chambre.

    Entendons nous bien : il ne s'agit pas ici de mettre en cause le niveau d'un Orchestre national de Lyon possédant d'indéniables qualités – dont nous nous sommes fait d'ailleurs largement l'écho dans ces colonnes depuis plusieurs années – mais bien d'offrir à celui-ci la possibilité de se produire dans une ville qui pourrait se targuer d'être une plate-forme pour les grands orchestres internationaux, vocation qui devrait être naturelle et qui n'est dans les faits qu'épisodique.

    On ne peut donc que saluer cette venue des Wiener Philharmoniker tout en espérant que cet événement marque un précédent de la politique culturelle lyonnaise. Reste que les affiches prometteuses ont parfois leur revers, et que ce concert des Viennois s'avérera plutôt décevant en raison des partis pris de Lorin Maazel. Dans une acoustique qui a déjà tendance à dépersonnaliser les timbres, ses choix indifférents dans le Sacre du printemps font perdre la saveur d'un orchestre réputé pour ses couleurs.

    Sans pour autant se relever indigne, la Philharmonie de Vienne ne témoigne guère du miracle sonore dont elle est coutumière et qui saisit l'auditeur à chaque audition en direct. La partition demeure trop uniforme, totalement dépossédée de son caractère fauviste, de sorte que l'écriture perd une grande partie de son caractère évocateur. Jamais dans ce Sacre on n'aura l'impression de la terre qui craquèle à l'arrivée soudaine du printemps ou du bouillonnement dionysiaque de la vie et de son sacrifice.

    Du reste, l'interprétation sombre parfois dans une puissance pataude qui ne devient jamais vulgaire que parce qu'elle est modérée par un orchestre habitué au plus grand raffinement. Ce Sacre sonne quoi qu'il en soit creux et souffre cruellement d'un manque de respiration, sans que la suffocation – inhérente à cette partition moite et hystérique – ne devienne pour autant une vertu musicale.

    Par bonheur, la seconde partie se révèle plus satisfaisante. Si l'orchestre brucknérien est, il est vrai, moins touffu que celui du Sacre, il n'empêche que les ouvrages du compositeur autrichien sont régulièrement plombés par de nombreux chefs. Rien de tel ici, où les Wiener Philharmoniker se retrouvent tels qu'en eux-mêmes. Maazel trouve alors une respiration adéquate, à moins qu'il ne laisse faire l'orchestre. Enfin, dans les passages populaires, la musique se fait danse, ce qui, comble des combles, n'était jamais le cas dans le ballet de la première partie.

    On se prend alors à rêver à d'autres invitations de renom. Car à inviter une phalange d'aussi grande qualité si rarement, on prend le risque de telle occasion ratée, et surtout, par là même, d'instiller dans l'esprit lyonnais un décalage par rapport à une autre réalité de ces orchestres prestigieux, celle d'un état de grâce sans limite que l'on était loin d'atteindre ce soir.




    Auditorium Maurice Ravel, Lyon
    Le 17/02/2010
    Benjamin GRENARD

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Lorin Maazel à l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon.
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Sacre du printemps, tableaux de la Russie païenne (1913)
    Version de 1947

    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 3 en ré mineur, « Wagner-Sinfonie Â»
    Version de 1889, édition Nowak

    Wiener Philharmoniker
    direction : Lorin Maazel

     


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