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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Concerts de l’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle à la salle Pleyel, Paris.

Le Berlin de tous les contrastes
© Sheila Rock / Emi

Deux soirées symphoniques d’exception avec les Berliner Philharmoniker en tournée européenne et de passage à Paris. Un Simon Rattle radieux et parti pour une autre lune de miel avec l’orchestre. Résumé de deux concerts où le chef britannique donne dans une programmation on ne peut plus contrastée, avec quelques réussites anthologiques.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 27/02/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Pour entamer un week-end symphonique profus, vendredi soir, le programme le plus ardu. La San Francisco Polyphony de Ligeti ouvre le premier concert et reste pour nous la pièce la plus passionnante de cette tournée. Créée en 1975 par le San Francisco Symphony Orchestra sous la direction de Seiji Ozawa, en hommage à la ville américaine dont il tente de décrire les atmosphères, cette dernière pièce composée par Ligeti pour grand orchestre, d’une virtuosité complexe, d’environ onze minutes, est remarquable d’un bout à l’autre et maintient l’auditeur en haleine.

    Ligeti, si exigeant et qui s’opposa à la parution d’un enregistrement par Salonen, aurait-il été satisfait de l’interprétation des Berliner ? On n’en doute pas devant la perfection de la mise en place de la structure rythmique si sophistiquée et la combinaison des voix décrite comme chaotique par le compositeur. Un grand moment d’orchestre qui fait l’unanimité du public.

    Ce n’est pas le cas du Concerto pour piano n° 4 de Beethoven dont le choix entre deux grandes œuvres du XXe siècle paraît incongru. Mitsuko Uchida et le chef semblent en accord pour en donner une interprétation à la pointe sèche, aussi peu expressive que possible et cela malgré la somptuosité des cordes et des vents, rendue un peu stérile. Le jeu de la pianiste japonaise est admirablement composé, techniquement irréprochable mais ne laisse aucune place à l’émotion. Sa sonorité n’est pas de celles qui régalent l’oreille. Affaire de goût, probablement.

    Le morceau de résistance de ce premier concert reste la Deuxième Symphonie de Sibelius, compositeur de prédilection pour Rattle et un retour au répertoire de l’époque de Karajan pour l’orchestre dont bien peu de musiciens d’aujourd’hui doivent être témoins.

    Superbement conduite et contrôlée, cette symphonie, qui a priori n’est pas un morceau de faire valoir pour un orchestre (sauf pour le pupitre de contrebasses), en a pourtant plus que tout autre lors de ces deux soirées montré l’excellence. Clarté dans les plans, recherche constante de la sonorité idéale sans effet inutile, tension dramatique conduite jusqu’au climax final, c’est le meilleur de ces deux programmes.

    Samedi, l’ambiance est presque plus familiale pour un programme entièrement germanique. Quoi de plus germanique en effet que l’ouverture des Maîtres chanteurs pour commencer ? L’orchestre ne donne pas dans le travers caricatural mais mène cette pièce mille fois entendue avec une fraîcheur et une splendeur sonore presque inouïes. Dans la partie centrale, on a l’impression de voir défiler les personnages tant Rattle met de force évocatrice et de couleurs à sa direction.

    Grande interrogation ensuite sur le choix de l’œuvre centrale : la Première Symphonie de chambre d’Arnold Schönberg gagne-t-elle à être entendue dans cette version dite pour grand orchestre ? Toute la force contenue dans la version originale, le concept même de son économie dans l’écriture s’affadissent complètement dans ce qui devient un morceau symphonique certes de grande envergure mais loin de l’esprit original. Incontestablement la démonstration d’orchestre est grandiose, mais elle semble un peu déplacée.

    Second morceau de résistance de la tournée, et attendu du public au moment où paraît chez EMI l’enregistrement intégral des symphonies, le premier sous la direction de Rattle, succédant à tant de versions de référence par les Berliner, la Deuxième Symphonie de Brahms.

    Autre grand moment d’extase symphonique tant Rattle maîtrise ce répertoire et cette symphonie particulièrement. Une œuvre parfaitement choisie pour faire briller absolument toutes les facettes de cette phalange d’exception, pour y développer les sonorités les plus recherchées et les dynamiques les plus appropriées au caractère dramatique de l’œuvre. C’est certainement avec elle que Rattle fait l’unanimité et soulève un public conquis d’avance mais reparti encore plus fervent.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 27/02/2010
    Olivier BRUNEL

    Concerts de l’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle à la salle Pleyel, Paris.
    26 février
    György Ligeti (1923-2006)
    San Francisco Polyphony
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour piano n° 4 en sol majeur op. 58
    Mitsuko Uchida, piano
    Jean Sibelius (1865-1957)
    Symphonie n° 2 en ré majeur op. 43

    27 février
    Richard Wagner (1813-1883)
    Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg
    Arnold Schönberg (1864-1951)
    Kammersymphonie n° 1
    Version pour grand orchestre
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n° 2 en ré majeur op. 73

    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle

     


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