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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Récital Bach de la violoniste Julia Fischer dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Bach sans saveur
© Kasskara / DG

La jeune violoniste allemande Julia Fischer est l’une des nouvelles icônes du milieu de la musique classique. L’affluence du public qui emplit ce 8 mars aux trois-quarts le Théâtre des Champs-Élysées le prouve. Pourtant, son récital dédié à Bach laisse le spectateur sur sa faim par son jeu lisse et pour tout dire bien souvent impersonnel.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/03/2010
Nicole DUAULT
 



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  • Toute fine, toute mince, elle est ravissante et blonde. Son teint très clair est parfois éclairé par un sourire parcimonieux : comme on est sérieux quand on a 27 ans et déjà une carrière derrière soi ! Ses cheveux en queue de cheval dégagent un front bombé de jeune femme volontaire, voire têtue. Dans sa tenue noire, épaules découvertes, elle évoque celle qui l’a précédée au star system du violon, Anne-Sophie Mutter. Avec la même autorité et la même rigueur que son aînée, elle s’impose en une seconde. Point de volupté mais une netteté incisive, ascétique.

    L’écrivain Dominique Fernandez a parlé d’elle en évoquant « l’archet-scalpel ». Alors, quand sa technique transcendantale, sa vélocité impressionnante achoppent sur un incident technique, on est certes malheureux pour elle mais heureux de découvrir enfin derrière cette fêlure une jeune femme émouvante.

    Lundi soir, récital Bach. Après les premières mesures de l’Adagio dans la Sonate n° 1 en sol mineur, un accroc. Une corde de son admirable Guadagnini de 1750 s’est détendue. Tension, presque affolement dans la salle ; la violoniste semble un millième de seconde perdre son sang froid. Va-t-elle quitter la scène ? Non, elle lance un regard amoureux à son violon. Grave, elle tourne les chevilles du Guadagnini. Cela dure une ou deux minutes qui paraissent des heures.

    Elle recommence. Ca y est, le problème de corde est réglé. Elle porte le violon à l’épaule et la sonate se déploie. Quelques instants encore, elle semble anxieuse. Ce genre d’incidents arrive à tous les violonistes qui jouent sur des instruments précieux et fragiles. À la fin du Presto, applaudissements frénétiques du public. Ils ne vont pas cesser.

    La jeune femme semblera au sommet de son art dans la somptueuse Chaconne de la Partita n° 2. La pureté de ses longueurs d’archet, sa musicalité et le son qui se dégage du jeu de Julia Fischer sont impressionnants. Et pourtant, tout cela reste lisse et impersonnel, éblouissant mais jamais émouvant.

    Son Bach manque de saveur, de sensualité, de spiritualité. Le lyrisme n’est plus aujourd’hui de mode, mais être moderne ne signifie pas abandonner tout ce que le baroque et le romantisme ont apporté. On n’attend qu’une chose de cette interprète hors pair et d’une qualité exceptionnelle : qu’elle prenne de l’âge. Quelle artiste sera-t-elle alors !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/03/2010
    Nicole DUAULT

    Récital Bach de la violoniste Julia Fischer dans le cadre de Jeanine Roze Production au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Sonate pour violon n° 1 en sol mineur, BWV 1001
    Sonate pour violon n° 2 en la mineur, BWV 1003
    Partita pour violon n° 2 en ré mineur, BWV 1004
    Julia Fischer, violon

     


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