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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Concert du Deutsches Symphonie Orchester Berlin sous la direction d’Ingo Metzmacher, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.

Épanoui dans le XXe siècle
© Matthias Bothor

Passant par Paris, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, l’un des meilleurs orchestres d’outre-Rhin, et son chef principal et directeur artistique Ingo Metzmacher ont donné un solide concert dominé par une brillante interprétation de l’Oiseau de feu de Stravinski, après un Concerto pour violon de Beethoven non loin de l’ennui.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 15/03/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Fondé en 1946 sous le label vite devenu célèbre de RIAS, qui désignait la radio du secteur américain de Berlin-ouest, cet orchestre plus connu chez nous par ses enregistrements que par ses concerts a eu à sa tête certains des noms les plus illustres de la direction d’orchestre, de Fricsay à Nagano en passant par Maazel, Chailly et Ashkenazy.

    On ne s’étonnera donc pas de son extrême qualité d’ensemble qui, sans aucune faiblesse du moindre pupitre, gratifie d’une sonorité qui réconforte l’ouïe. C’est depuis 2007 Ingo Metzmacher qui préside à ses destinées, personnalité majeure du monde symphonique et lyrique, qui s’est illustré partout, y compris dans les plus grands festivals et les plus illustres maisons d’opéra – il fut par exemple directeur de la musique à l’Opéra de Hambourg et à celui d’Amsterdam – dans un vaste répertoire allant jusqu’au plus récent. C’est donc un chef qui a hérité de la plus solide tradition germanique, y compris pour la musique dite contemporaine.

    La première partie de la soirée est consacrée au Concerto pour violon de Beethoven dont le violoniste grec Leonidas Kavakos est le soliste. Virtuose réputé, Kavakos se montre ici très fin musicien, distillant des sons d’une subtilité étonnante, multipliant les nuances dans les demi-teintes pour que, comme cela doit être, l’œuvre ne soit pas une démonstration de virtuosité.

    Dans les deux premiers mouvements, le choix de tempi très lents ajoutés à cette approche plus intellectuelle que sensible n’est pas loin d’engendrer un certain ennui, tant on s’attarde un peu partout. Il est adéquat de ne pas traiter ce concerto qui date de 1806 comme une œuvre d’un romantisme plus tardif. On est à l’orée d’un mouvement encore très marqué par le siècle précédent.

    Plus œuvre des Lumières que romantique au sens où on l’entend en France – en Allemagne, le terme s’applique à des musiques composées dès la fin du XVIIIe siècle – ce concerto gagne quand même à une approche moins cérébrale, à des émotions plus libérées, ce que nous donne avec brio le troisième mouvement, débordant de vigueur et de couleur. Un contraste assez maladroitement amené.

    Aucune restriction en revanche pour l’interprétation de l’Oiseau de feu dans sa version originale de 1910, rarement entendue, car plus proche de Rimski-Korsakov que des hardiesses harmoniques de Stravinski qui apparaissent dans les versions ultérieures. Elle est aussi plus longue que les versions généralement dansées en Europe occidentale.

    Le flamboiement des couleurs, les éclatants contrastes entre par exemple les harpes et les cuivres, les alternances de passages poétiques débordant de rêve et de moments où se déchaîne la violence des forces du mal incarnée par le sorcier Katschei, tout cela est traduit par Metzmacher avec un sens parfaitement exact du point d’équilibre où se situe cette partition dans l’évolution musicale du XXe siècle naissant.

    Il y a autant de respect et de mise en valeur de ce que le compositeur doit à l’École russe de Rimski notamment que de science pour souligner ce que l’écriture a aussi de vraiment nouveau et de prophétique. Ici, tout ce que la tradition germanique peut avoir de mesuré, de raisonné, permet à cette Oiseau de feu d’échapper au clinquant qui le guette si on se laisse prendre au piège d’une écriture qui sollicite sans cesse une multitude de couleurs.

    Une palette variée, certes, mais qui doit être celle des grands maîtres et précurseurs russes du pinceau au début du siècle, et non celle des matriochkas de bazar.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 15/03/2010
    Gérard MANNONI

    Concert du Deutsches Symphonie Orchester Berlin sous la direction d’Ingo Metzmacher, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos à la salle Pleyel, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 61
    Leonidas Kavakos, violon
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Oiseau de feu
    Version intégrale de 1910

    Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
    direction : Ingo Metzmacher

     


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