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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Nouvelle production de l’Amant jaloux de Grétry dans une mise en scène de Pierre-Emmanuel Rousseau et sous la direction de Jérémie Rhorer à l’Opéra Comique, Paris.

L’art du badinage
© Pierre Grosbois

L’opéra le plus joué à la Cour de France en 1778 redevient un succès quelque deux cents cinquante ans après : l’Amant jaloux de Grétry est un de ces bijoux orfévré avec grâce, un condensé de l’esprit et de la musique française au siècle des Lumières. L’Opéra Comique en propose une vision pimpante, portée par la baguette pleine de fantaisie de Jérémie Rhorer.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 15/03/2010
Nicole DUAULT
 



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  • On l’appelait le Mozart français, ce qui est exagéré. D’ailleurs André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813), longtemps dans l’ombre, a souffert des comparaisons avec le génial Amadeus. Mais le voici revenu en grâce et remis à l’ordre du jour par le Centre de Musique baroque de Versailles.

    Il occupe, entre le baroque et le préromantisme, une place charnière. Curieuse destinée : ce musicien d’origine liégeoise, au cours d’une vie d’une belle longévité, eut l’heur de plaire à Marie-Antoinette, à Voltaire dont il fut l’ami et à Napoléon : les grognards auraient, dit-on, chanté ses airs !

    Marie-Antoinette, le Hameau de Trianon, les moutons de la reine bergère et beaucoup de mièvrerie ont pollué l’image de ce compositeur. Longtemps notre génération l’a connu uniquement à travers l’air O Richard que fredonne la vieille Comtesse dans la Dame de pique de Tchaïkovski. Richard cœur de lion, opéra de Grétry, fut pourtant à la fin du XVIIIe siècle un triomphe.

    Avec ses dons mélodiques, toujours subtil et étonnant, Grétry possède le sens du leitmotiv qui deviendra si important chez Wagner. Rappelons que, parmi les musiciens favoris de Marie-Antoinette figurait Gluck qui fut son professeur de musique. Tout comme Mozart, l’œuvre de Gluck a oblitéré celle de Grétry et l’a fait passer au second plan.

    L’Amant jaloux badine entre Marivaux et Beaumarchais sur un texte insipide qui mêle un Espagnol tonitruant, une veuve câline, une soubrette décidée et un chevalier servant hâbleur. « Ne soyez jamais volages, ne soyez jamais jaloux ! » : telle est la morale d’une intrigue pas du tout crédible, à la fois naïve et délicieuse.

    Ce qui importe le plus c’est la musique pétillante qui en mille nuances exprime les palpitations de l’âme. Le résultat est plein de charme. La première représentation, de cet Amant jaloux revu et corrigé par le metteur en scène Pierre-Emmanuel Rousseau avait été donnée à l’automne 2009 à l’Opéra royal de Versailles.

    Les décors de toiles peintes de Thibaut Welchlin puisent dans l’esprit du château. Les fans de Versailles se plaisent à retrouver des détails architecturaux de pavillons familiers. Jérémie Rhorer et ses musiciens du Cercle de l’Harmonie s’amusent de cette fantaisie. Ils s’en délectent avec rigueur et humour, aidés par les voix fraiches de jeunes chanteurs excellents comédiens, notamment Magali Léger, Maryline Fallot ou encore le ténor canadien Frédéric Antoun.

    Voici un délice d’une heure et demie, une redécouverte pimpante. Cette production mériterait une plus vaste audience.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 15/03/2010
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de l’Amant jaloux de Grétry dans une mise en scène de Pierre-Emmanuel Rousseau et sous la direction de Jérémie Rhorer à l’Opéra Comique, Paris.
    André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813)
    L’Amant jaloux, ou les fausses apparences, comédie en trois actes (1778)
    Livret de Thomas d’Hèle

    Coproduction avec le Centre de musique baroque de Versailles

    Le Cercle de l’Harmonie
    direction : Jérémie Rhorer
    mise en scène : Pierre-Emmanuel Rousseau
    décors : Thibaut Welchlin
    costumes : Pierre-Emmanuel Rousseau & Claudine Crauland
    éclairages : Gilles Gentner

    Avec :
    Magali Léger (Léonore), Daphné Touchais (Isabelle), Maryline Fallot (Jacinte), Frédéric Antoun (Florival), Brad Cooper (Don Alonze), Vincent Billier (Don Lopez).

     



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