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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Récital de Gianluca Cascioli dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.

D’un rêve à l’autre

Curieux et intéressant programme que celui choisi dans le cadre de la série Piano**** à la salle Pleyel par un Gianluca Cascioli qui ne fait décidément jamais rien comme les autres. Cette saison où tous se ruent sur Chopin, lui se concentre sur Debussy et Schumann, en deux parties brèves et deux manières pas si différentes qu’il y paraît de rêver en musique.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 23/03/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Sans procurer de chocs violents, chaque récital de Gianluca Cascioli est une expérience spéciale dans la saison pianistique. On est toujours un peu étonné et assez facilement séduit par ses choix de programme ou d’interprétation, souvent par les deux.

    C’est un pianiste au talent évident, mais qui se refuse à emprunter les grandes voies royales pratiquées par la majorité de ses confrères. En cette année anniversaire où presque tout le monde se rue sur Chopin quand ce n’est pas sur les Russes pour l’année France-Russie, il nous propose Debussy et Schumann, pas les pièces les plus faciles ni les plus immédiatement séduisantes, mais des œuvres constituant un appel au rêve, chacune à sa manière.

    Les Préludes du Premier livre de Debussy, qui ouvrent la soirée, ne sont pas de ces œuvres qui secouent d’emblée un auditoire et font monter son adrénaline. Leur très subtile dialectique de sonorités soyeuses et de couleurs à la Turner sont une invitation à entrer dans un monde d’images magiques, aux effets dosés avec discrétion, un appel aux recoins les plus délicats de la sensibilité de l’auditeur.

    Cascioli, sans parvenir toujours à trouver la palette idéale pour chaque pièce, aborde ce très difficile parcours avec intelligence, un toucher d’une vraie finesse, un sens dans l’ensemble exact de ce qui différencie les pages purement descriptives de celles plus abstraites, disons des Collines d’Anacapri de Ce qu’a vu le vent d’ouest, tout en sachant que rien de cela n’est jamais totalement descriptif ni totalement abstrait, le charme de ces Préludes étant justement dans leur perpétuelle ambiguïté et dans la variété de leurs sources d’inspiration.

    On ne peut imaginer moins démagogique ni moins accrocheur pour une première partie de soirée, vrai risque pris par le pianiste qui s’en sort avec une belle maîtrise, du goût, de l’imagination, sans pour autant, c’est vrai, laisser des souvenirs inoubliables.

    En deuxième partie, Cascioli ne choisit guère plus facile avec deux œuvres bizarres de Schumann. L’Allegro op. 8 est une page agréable, un peu désordonnée dans sa conception comme dans son écriture, mais ce caractère irrationnel la rend attachante. Le pianiste italien la traite avec ce qu’il faut d’allégresse masquée, d’enthousiasme, de conviction.

    Le Carnaval de Vienne op. 26 est lui aussi de conception curieuse, oscillant entre plusieurs formes. On a souvent dit que ce pourrait être une sonate. Il exprime lui aussi des impressions, des humeurs à double sens, le masque du carnaval étant bien pratique pour transmettre des états d’âme plus pessimistes que la joie de la fête ne le laisse croire.

    Complexe tout en se voulant légère, d’une grande difficulté d’exécution, bien moins populaire que l’autre Carnaval, l’œuvre est typiquement schumanienne en raison non seulement de son type d’écriture mais de ce jeu de cache-cache entre la forme et le fond. Tout cela, Cascioli sait le traduire avec finesse, fantaisie et aussi profondeur, bref, avec ce talent particulier qui est le sien et qui, une fois encore ne nous emmène jamais là où nous nous y attendons.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 23/03/2010
    Gérard MANNONI

    Récital de Gianluca Cascioli dans le cadre de Piano**** à la salle Pleyel, Paris.
    Claude Debussy (1862-1918)
    Préludes (Premier livre)
    Robert Schumann (1810-1856)
    Allegro op. 8
    Carnaval de Vienne op. 26
    Gianluca Cascioli, piano

     


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