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CRITIQUES DE CONCERTS 19 décembre 2018

Concert de musique de chambre russe avec Dmitri Makhtin, Alexander Kniazev et Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.

Russie éternelle

Trois des meilleurs solistes russes actuels étaient réunis pour cet ultime concert d’un week-end tout russe – ou presque ! – salle Pleyel. Un moment exceptionnel de ferveur collective pour un programme dévolu aux partitions incontournables de la formation trio avec piano, celles de Rachmaninov, Chostakovitch et Tchaïkovski, toutes d’une très grande qualité.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 28/03/2010
Gérard MANNONI
 



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  • On ne peut que se féliciter de voir les plus grands noms du monde instrumental d’aujourd’hui se passionner à ce point pour la musique de chambre. Il n’est plus guère de virtuoses de renom qui ne consacrent une part importante de leurs activités à ce genre musical que le public adore à nouveau et des équipes se sont formées au fil des ans, ce qui est un gage de qualité.

    Être de vrais partenaires, cela ne s’improvise pas. Qu’ils soient moscovites comme Berezovsky et Kniazev ou pétersbourgeois comme Makhtin, ces trois artistes ont à la fois une même sensibilité, une même école et une vaste habitude de jouer ensemble. On ne peut donc s’étonner de la qualité extrême de ce que nous avons entendu lors de ce programme lui aussi tout russe et conçu avec beaucoup d’intelligence.

    Le bref mais très attachant Trio élégiaque de Rachmaninov servait d’introduction et annonçait aussi le si beau Trio à la mémoire d’un grand artiste de Tchaïkovski constituant la deuxième partie du concert. Hommage du jeune Rachmaninov à celui qu’il vénérait entre tous et, en quelque sorte, réponse du maître lui-même dans l’une de ses pages qui ne compte pas parmi les plus connues, mais qui s’affirme comme d’une remarquable subtilité d’expression.

    C’est un Tchaïkovski lyrique, certes, mais avec une pudeur qu’il ne manifeste pas toujours, et une invention mélodique habilement répartie sur les trois instruments, séparés et ensemble. Est-ce vraiment une évocation du compositeur lui-même, de Rubinstein tout juste décédé et qui est le grand artiste en question, ainsi que de Madame von Meck, comme le veut la légende ?

    Tout est inhabituel dans cette œuvre, de sa forme, en deux mouvements, ou même plutôt en une suite de petits mouvements d’humeurs et de couleurs très diverses, à sa longueur, celle d’une symphonie. Message codé ou pas, la partition est une merveille d’écriture et de sensibilité, sans les grandes effusions que l’on reproche si souvent – à tort d’ailleurs – au compositeur de la Symphonie Pathétique. Beauté de l’interprétation aussi, dans une fusion absolue entre les trois protagonistes qui parviennent malgré la très forte personnalité de chacun à une osmose exceptionnelle.

    Et entre ces deux pièces si sensibles et si bouleversantes, un autre trio composé sous le coup de l’émotion causée par la perte d’un proche, le Trio pour piano et cordes n° 2 en mi mineur op. 67 de Chostakovitch. C’est au musicologue et érudit Ivan Solletinski que le compositeur rend hommage en février 1944 avec ces pages elles aussi d’une structure exceptionnelle nous menant des effets sonores les plus ténus à des emportements aux allures de marches funèbres forcées.

    C’est étonnant, sans cesse inattendu, d’une finesse de texture incroyable. Les trois interprètes effectuent ici un travail fascinant sur les sonorités, tout en sachant trouver les vrais moteurs dynamiques profonds qui gèrent l’émotion contenue ou libérée qui anime l’œuvre. Un travail qui demande autant de réflexion que de tempérament. Pour la couleur générale, bien sûr, on ne peut rêver mieux que ces trois artistes cheminant de concert dans leurs terres musicales natales.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 28/03/2010
    Gérard MANNONI

    Concert de musique de chambre russe avec Dmitri Makhtin, Alexander Kniazev et Boris Berezovsky à la salle Pleyel, Paris.
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    Trio élégiaque pour piano, violon et violoncelle n° 1 en sol mineur
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Trio pour piano, violon et violoncelle n° 2 en mi mineur, op. 57
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Trio pour piano, violon et violoncelle en la mineur op. 50, « À la mémoire d’un grand artiste »

    Dmitri Makhtin, violon
    Alexander Kniazev, violoncelle
    Boris Berezovsky, piano

     


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