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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Passion selon saint Matthieu de Bach sous la direction de Benoît Haller en l’Église Saint-Roch, Paris.

Passions antagonistes

La Chapelle Rhénane était à l’occasion de la semaine sainte à Paris avec les deux grandes Passions de Bach au même moment ou paraissait son enregistrement de la Saint Jean sous la direction de Benoît Haller. Retour à la tradition baroque à la néerlandaise en live pour Matthieu et engagement plus germanique au CD pour Jean.
 

Eglise Saint-Roch, Paris
Le 31/03/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Il n’existe pas de lieu idéal à Paris pour donner les Passions de Bach. Les théâtres s’y prêtent aussi peu que les églises dont l’acoustique, passé les premiers rangs, n’est jamais bonne, particulièrement Saint-Roch, trop grande et haute. Cela n’empêchait pas le public de se presser nombreux pour entendre la Matthäus-Passion à l’horaire tardif de 20h30, retardée d’une demi-heure en raison du lent écoulement du trop plein d’un public fervent.

    Comment peut-il se trouver une si grande différence entre ce concert dévolu à la Saint Matthieu (qui s’ajoutant à la Saint Jean deux jours plus tard devait représenter un certain nombre d’heures de répétitions) et la version discographique nouvelle que vient de donner la même Chapelle Rhénane sous la direction du même Benoît Haller de la Passion selon saint Jean ?

    Pour cette Saint Matthieu, on se croyait revenu aux temps de la tradition baroque à la néerlandaise, aussi polie et peu théâtrale que possible. Efficace dans sa direction, Haller donne pourtant une empreinte assez lénifiante à l’ensemble, impression renforcée par le peu d’engagement de l’Évangéliste de Michael Feyfar, bon ténor cependant, et du Christ de Markus Auerbach, basse sonore mais n’exprimant que de loin la douleur et la compassion.

    On n’en dira pas autant des autres solistes soit trop faibles de volume, soit pâlots d’interprétation. Le double chœur d’enfants manque à la fois de précision et d’articulation, le chœur formé par les voix solistes ayant une meilleure tenue malgré un impact au fond assez maigrichon.



    Á l’écoute du double CD de la Passion selon saint Jean paru chez Zig-Zag Territoires, on découvre un autre ensemble. Certes, la prise de son réalisée dans la nef des Dominicains de Guebwiller est excellente, les solistes impeccables, avec Julian Prégardien (qui assure la relève de son père Christoph, incontournable depuis bientôt trente ans) en Évangéliste très inspiré, Benoît Arnould en Jésus dramatique à souhait et Salomé Haller, Tanya Aspelmeier, Pascal Bertin, Dominik Wömer, tous merveilleux.

    C’est surtout la différence d’option qui surprend le plus. Dès le chœur d’entrée Herr, unser Herrscher, on baigne dans un drame qui ne se relâche jamais jusqu’au bout. Contrairement au concert de la Saint Matthieu qui sera vite oublié, on est ici en présence d’un enregistrement qui remettra en cause la discographie pourtant pléthorique de la Saint Jean.




    Eglise Saint-Roch, Paris
    Le 31/03/2010
    Olivier BRUNEL

    Passion selon saint Matthieu de Bach sous la direction de Benoît Haller en l’Église Saint-Roch, Paris.
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Matthäus-Passion
    Michael Feyfar (Évangéliste)
    Markus Auerbach (Christ)
    Chœur d’enfants Carpe Diem
    préparation : Alain Palma
    La Chapelle Rhénane
    direction : Benoît Haller

     


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