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CRITIQUES DE CONCERTS 23 juin 2018

Reprise de Billy Budd de Britten dans la mise en scène de Francesca Zambello et sous la direction de Jeffrey Tate à l’Opéra de Paris.

Une histoire d’hommes
© Eric Mahoudeau

L’Opéra de Paris vient de reprendre pour la quatrième fois le Billy Budd de Britten dans la magnifique mise en scène réalisée en 1994 pour le Grand-Théâtre de Genève par Francesca Zambello et Alison Chitty, importée en 1996 sur la scène bastillane. Distribution largement renouvelée et grand succès public pour ce spectacle inépuisable.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 24/04/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • À l’Opéra Bastille, les reprises se suivent et ne se ressemblent pas. Après un Don Carlo en février où la mise en scène était quasiment livrée au bon vouloir des chanteurs, voici une reprise exemplaire d’un des spectacles phares du directorat de Hugues Gall en 1996, Billy Budd de Benjamin Britten d’après Herman Melville dans sa version révisée en 1964, dans le spectaculaire spectacle de Francesca Zambello et Alison Chitty, l’un des plus adaptés à cette immense scène que l’on ait pu y voir.

    Pourtant, le programme ne précise pas si l’Américaine est revenue régler elle-même cette quatrième reprise ou si c’est un assistant qui l’a fait, et elle n’a pas paru au rideau le soir de la première. On attendait avec impatience de revoir ce chef-d’œuvre de Britten d’autant que, comme pour la dernière série de représentations en 2001, la distribution en a été en partie renouvelée.

    Dans l’immense dispositif ingénieux simulant les différents niveaux du navire de la marine britannique H.M.S l’Indomptable, cette mise en scène très efficace et réglée au détail près a toujours grande allure, et l’opéra marin qui ne comporte que des rôles masculins y gagne un impact quasiment cinématographique.

    Á Rodney Gilfry et Bo Skovhus succède dans le rôle-titre l’Américain Lucas Meachen, qui avec un physique beaucoup moins fragile et ambigu que ses prédécesseurs, paraît, au I, avec son torse abondamment bodybuildé et huilé largement exhibé, un peu brut de décoffrage. Vocalement aussi, la voix est plus monolithique, l’élocution plus américaine. Puis on s’habitue peu à peu à cette option d’autant que le baryton affine son jeu pour paraître tout à fait émouvant et crédible dans la longue scène du gabier la veille de sa pendaison.

    Mais c’est sans aucun doute le noir et équivoque Capitaine d’armes John Claggart qui lui vole la vedette. L’Israélien Gidon Saks, déjà présent en 2001, joue à fond l’ambiguïté diabolique et pousse plus loin la composante homosexuelle du personnage voulue par Britten plus que Melville que ne le faisaient Monte Paderson et a fortiori Eric Halfvarson, qui était plus noir et brutal que pervers.

    Déception relative pour Kim Begley, déjà présent en 1998 et succédant à Robert Tear puis Philip Langridge dans le rôle très complexe, plein de contradictions du Commandant Vere, qui a perdu de ses moyens et n’a jamais eu l’aura et la sérénité nécessaires dans les ariosos du prologue et de l’épilogue.

    Tous les seconds rôles sont magnifiquement tenus. Citons le truculent Dansker de Yuri Kissin, le très noble Flint de Paul Gay, le très touchant Novice de François Piolino (qui ne fait cependant pas oublier Toby Spence), le Squeak malicieux de John Easterlin, tout en répétant que ce n’est qu’au prix d’une distribution impeccable que cet opéra prend toute sa véritable dimension, loin d’une conception purement allégorique.

    Tout cela ne serait rien sans les admirables éclairages d’Alan Burret, le somptueux Chœur de l’Opéra de Paris miraculeusement préparé par Patrick Marie Auber et la direction de Jeffrey Tate, impeccable de clarté, de luminosité et d’intelligence et ne couvrant jamais les chanteurs, que l’on se réjouit de revoir dans cette fosse où il a dirigé tant de belles soirées.

    Espérons encore beaucoup de reprises et de surprises de ce magnifique spectacle, modèle d’utilisation de la grande scène bastillane.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 24/04/2010
    Olivier BRUNEL

    Reprise de Billy Budd de Britten dans la mise en scène de Francesca Zambello et sous la direction de Jeffrey Tate à l’Opéra de Paris.
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Billy Budd, opéra en deux actes (1951)
    Version révisée en 1964
    Livret d’Edward Morgan Forster et Éric Crozier d’après la nouvelle d’Herman Melville

    Maîtrise des Hauts-de-Seine Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Jeffrey Tate
    mise en scène : Francesca Zambello
    décors et costumes : Alison Chitty
    éclairages : Alain Burrett
    préparation des chœurs : Patrick Marie Aubert

    Avec :
    Kim Begley (Edward Fairfax Vere), Lucas Meachem (Billy Budd), Gidon Saks (John Claggart), Michael Druiett (Mr Redburn), Paul Gay (Mr Flint), Scott Wilde (Lieutenant Ratcliffe), Andreas Jäggi (Red Whiskers), Igor Gnidii (Donald), Yuri Kissin (Dansker), François Piolino (le Novice), John Easterlin (Squeak), Franck Leguérinel (Bosun), Paul Crémazy (Maintop), Vladimir Kapshuk (l’ami du Novice).

     



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