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CRITIQUES DE CONCERTS 21 août 2018

Italienisches Liederbuch de Wolf par Werner Güra, Anke Vondung et Christoph Berner au Théâtre des Abbesses, Paris.

Le Lied démocratisé ?

Anke Vondung

La rareté de l’œuvre, l’Italienisches Liederbuch de Hugo Wolf, son contenu plutôt élitiste, le beau soleil qui brillait sur Paris pendant la Pentecôte, ont quand même assuré à ce trio d’artistes allemands une salle du Théâtre des Abbesses certes pas très pleine mais réunissant un public fervent et connaisseur.
 

Théâtre des Abbesses, Paris
Le 22/05/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • À entendre la langue allemande largement parlée sur le parvis du Théâtre des Abbesses, annexe plus confidentielle du Théâtre de la Ville par sa jauge et son emplacement excentré, à voir les auditeurs sortir de leurs poches le livret de l’Italienisches Liederbuch de Wolf, pas le plus secret de ses cycles mais pas un grand classique du box-office non plus, à en juger par la concentration qui règne pendant le concert, on peut reconnaître le rare public du Lied allemand dans ce qu’il a de plus confidentiel.

    Pourquoi alors jouer la carte de la démocratisation ? Le bien élitiste Lied en a certes besoin, mais le fait qu’il ne remplisse pas la grande salle de la place du Châtelet un samedi après-midi, et à peine celle des Abbesses est déjà parlant en soi. Donner un entracte dans un cycle de quatre-vingt-dix minutes n’est pas nécessaire et encore moins de tenter de mimer une mise en scène s’agissant de vignettes aussi peu théâtrales et surtout d’un art qui passe davantage par l’expression vocale que celle du visage et du corps.

    Chanter les mains dans les poches ou à moitié vautré sur une chaise n’est pas de la part du ténor allemand Werner Güra une marque de respect pour un genre musical par essence un peu compassé, en tous cas jamais expressionniste, dont il tente d’être l’un des représentants d’une école d’interprète aujourd’hui bien réduite. Pénible impression aussi que donne le pianiste Christoph Berner, plus préoccupé par la lecture de ses partitions que par la surveillance de ses chanteurs, et sans vrai souci de leur apporter un soutien, d’établir un échange de couleurs.

    Les deux chanteurs se partagent les quarante-six Lieder de ce cycle. Le timbre de Werner Güra n’est jamais charmant, plutôt monotone, et l’utilisation de la mezza voce n’est pas son fort, pas plus que la prononciation des consonnes qui est l’élémentaire du chant allemand et sans laquelle il ressemble un peu à du bortsch.

    Anke Vondung, si on lui pardonne certaines stridences là où un contrôle des aigus serait le bienvenu, est la bonne surprise de ce concert. Son timbre est charmeur et assez versatile pour rendre compte de la diversité d’humeur de la musique. Sa diction est superbe, son legato magnifique et sa concentration constante. Pas d’effets inutiles, aucun tic de routine. Une belle interprète du Lied allemand nous est révélée.




    Théâtre des Abbesses, Paris
    Le 22/05/2010
    Olivier BRUNEL

    Italienisches Liederbuch de Wolf par Werner Güra, Anke Vondung et Christoph Berner au Théâtre des Abbesses, Paris.
    Hugo Wolf (1860- 1903)
    Italienisches Liederbuch
    Werner Güra, ténor
    Anke Vondung, mezzo-soprano
    Christoph Berner, piano

     


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