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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2018

Les Misérables d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg dans la production de Cameron Mackintosh au Théâtre du Châtelet, Paris.

Victor Hugo superstar ?
© Michael Le Poer Trench

Voilà vingt-cinq ans que la comédie musicale les Misérables d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg fait le tour du monde avec un succès planétaire jamais démenti. Pour son passage à Paris dans la production de Carmeron Mackintosh dans le nouveau temple des Musicals du Théâtre du Châtelet, on est pour le moins circonspect.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 03/06/2010
Nicole DUAULT
 



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  • La salle du Châtelet est emplie de trentenaires, enfants entre 1980 et 1985, qui avaient été émerveillés par un spectacle presque identique au Palais des Sports puis à Mogador. Ils connaissent les chansons par cœur, les fredonnent en même temps que les interprètes et font, à la fin, une ovation.

    Sur le plan scénique, voilà un spectacle qui fonctionne admirablement. Que nos metteurs en scène de comédies musicales en prennent de la graine. Tableaux, changements de décors, tout se passe en un clin d’œil sans anicroches ou temps mort. La partie vidéo réalisée à partir des dessins à la plume en noir et blanc de Victor Hugo est formidable avec ces rues de Paris dans l’ombre et les égouts dans lesquels on a l’impression de pénétrer à la suite de Jean Valjean.

    La musique et les airs nous laissent un peu pantois : toujours les mêmes rythmes et les mêmes cadences basiques. C’est répétitif, sans invention et lassant. On se plaît à imaginer combien de maîtres de l’opérette et notamment le si galvaudé Francis Lopez auraient hiérarchisé et sublimé les chansons. Les interprètes sont tous crédibles dans leurs personnages, avec un Jean Valjean plausible, John Owen-Jones.

    Il n’en demeure pas moins qu’on a un serrement de cœur. Ces Misérables sont un peu miséreux par rapport à l’œuvre elle-même et à ses représentations cinématographiques. Souvenons-nous de Jean Gabin, Bernard Blier et Danièle Delorme dans le film culte de Jean-Paul Le Chanois ou encore du film de Robert Hossein avec Lino Ventura et Michel Bouquet : devant ces deux longs métrages rediffusés quasiment chaque année au moment des fêtes de Noël, on reste scotché tant les traverse la puissance du propos de Hugo.

    © Michael Le Poer Trench

    C’est une houle, une fougue, un tsunami de générosité sans jamais de populisme ou d’afféterie circonstancielle. Jean Valjean le voleur repenti devenu humaniste, Javert le méchant qui ne peut terminer qu’aux enfers, l’innocente et bêbête Cosette ont bercé nos rêves d’adolescent. Tout cela sur fond de Révolution, de justice, de repentir, de châtiment et ce petit Garvoche qui chante « Si je suis tombé par terre c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau c’est la faute à Rousseau ».

    Rien de tout cela dans cette comédie musicale. Elle ne nous émeut jamais et nous ne sommes jamais touchés par le souffle épique. Les réalisateurs restent dans la caricature. Ils tiennent parfois une idée-gadget ainsi avec les Thénardier. Ils l’exploitent à outrance jusqu’à inventer un bal caricatural dont les Thénardier sont les héros.

    Le gros défaut est d’entendre cela en anglais. Au Châtelet, à deux pas du Quartier latin où tant de barricades ont été érigées, le mot même de « barri-ca-des » en anglais fait sourire. « Jean-Val-Jean » également : cela sape l’œuvre. On n’y croit jamais, peut-être aussi parce que tout est tellement rodé que le souffle de la liberté et de la Révolution ne nous effleurent à aucun instant.

    Quand on est fan de Victor Hugo et que ses propos font sous une forme même très imparfaite le tour du monde, on se réjouit malgré tout. Il paraît que ces Misérables ont été joués dans toutes les langues y compris en coréen. Pourquoi n’a-t-on donc pas pris le temps d’en offrir une version française remaniée, plus subtile et surtout moins tonitruante. La sono est en effet d’une puissance assourdissante.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 03/06/2010
    Nicole DUAULT

    Les Misérables d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg dans la production de Cameron Mackintosh au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Les Misérables, comédie musicale d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg d’après Victor Hugo
    Production de Cameron Mackintosh
    Musique de Claude-Michel Schönberg
    Texte anglais de Herbert Kretzmer

    Avec John Owen-Jones, Earl Carpenter, Gareth Gates, Madalena Alberto, Katie Hall, Ashley Artus, Lynne Wilmot, Rosalind James, Jon Robyns.

     


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