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CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Première à l’Opéra de Lyon du Hänsel et Gretel de Humperdinck dans la mise en scène de Laurent Pellly, sous la direction de Johannes Willig.

Grimm et la grande distribution
© Bertrand Stofleth

Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (la Sorcière)

Très belle fin de saison à l’Opéra de Lyon, qui affiche le Hänsel et Gretel de Humperdinck conçu par Laurent Pelly pour Glyndebourne. Une production pleine de vie, de rythme et de clins d’œil, qui situe le conte de Grimm dans les dérives de la société de consommation. Direction menée tambour battant, plateau ad hoc, bref, une vraie friandise lyrique.
 

Opéra national, Lyon
Le 15/06/2010
Yannick MILLON
 



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  • L’opĂ©ra comico-poĂ©tico-wagnĂ©rien Hänsel et Gretel de Humperdinck commence Ă  avoir la cote. Naguère surtout cĂ©lĂ©brĂ© dans la sphère germanique, il trouve dĂ©sormais son public dans la plupart des salles europĂ©ennes, le plus souvent lors des fĂŞtes de fin d’annĂ©e. Ă€ l’aube des vacances d’étĂ©, l’OpĂ©ra de Lyon a importĂ© la production très remarquĂ©e outre-Manche de Laurent Pelly, immortalisĂ©e d’ailleurs par un DVD.

    Avec une distribution renouvelée pour ce qui est des rôles-titres, le spectacle n’a rien perdu de sa splendeur. Doté d’un beau matériau d’Octavian straussien, Michaela Selinger est un Hänsel crâneur à souhait, jouant les petits durs avec un bel aplomb, une ardeur dans la projection et un vibrato androgynes, et réservant parmi les plus belles envolées de la soirée.

    Un rien moins évidente, la Gretel de Julia Novikova offre en comparaison une diction souvent floue, et plus d’irrégularités dans l’émission, à l’image de sa récente Zerbinette strasbourgeoise, mais sait prodiguer ici ou là, lorsqu’elle renonce à forcer ses moyens, quelques jolis aigus mordorés, et dispose quoi qu’il en soit d’un abattage épatant.

    Parfaite dans le registre de la wagnérienne sur le retour, la Mère d’Irmgard Vilsmaier lance ses aigus tels des Hojotoho et crie admirablement ses imprécations, face au Père à la diction mordante et aux accents percutants, dignes d’un Alberich, de Klaus Kuttler, dont le baryton clair renouvelle un peu l’image d’un rôle souvent confié à de vieux Wotan bougons.

    On saluera enfin le soprano adamantin et très droit, typique des voix du nord, de Susann Kalauka en Marchand de sable et Bonhomme Rosée, ainsi que la Sorcière en tailleur rose bonbon de Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, dont le numéro, détaillé de texte comme de rhétorique à la manière d’un Loge, apporte une réelle consistance à un rôle trop souvent prétexte à une galerie des horreurs vocales – dans le style d’Anja Silja à Covent Garden.

    © Bertrand Stofleth

    Emportant tout ce beau monde dans un seul souffle, Johannes Willig privilégie une lecture rapide et dégraissée, manquant sans doute un rien de magie dans l’absolu, mais d’une efficacité dramatique redoutable, jusqu’à une scène finale débarrassée de toute pompe au profit d’une joie à cent pour cent dans l’énergie.

    Il faut dire aussi que le spectacle de Laurent Pelly fait feu de tout bois, en offrant des tableaux vivants et fort bien pensés, d’une contemporanéité très lisible. Peter et Gertrud, avec la finesse et la classe inénarrables des Groseille de la Vie est un long fleuve tranquille, sont l’archétype de la tramp family entassée avec ses deux gamins effrontés dans un carton géant.

    Reflet d’un monde souillé où tout est gaspillage, les arbres morts de la forêt couverte d’immondices servent au mieux de porte-manteau à des sacs plastiques, et la traditionnelle maison de pain d’épice de la sorcière prend ici les atours d’un étalage, d’une gondole de supermarché où les marques font tant rêver les enfants. Tout naturellement, un ballet de petits obèses libérés de leur gavage vient clore l’action, en avertissant des dangers de la surconsommation.

    Car même si tout le monde a l’air très heureux devant un caddie rempli de cochonneries au tomber de rideau, gageons que certaines têtes blondes dans la salle auront compris une partie du message. Le spectacle, quoi qu’il en soit, et au-delà du paradoxe de proposer un plateau de premier choix dans une lecture axée sur les méfaits de la grande distribution, est diablement divertissant !




    Opéra national, Lyon
    Le 15/06/2010
    Yannick MILLON

    Première à l’Opéra de Lyon du Hänsel et Gretel de Humperdinck dans la mise en scène de Laurent Pellly, sous la direction de Johannes Willig.
    Engelbert Humperdinck (1854-1921)
    Hänsel und Gretel, Märchenoper en trois tableaux (1893)
    Livret d’Adelheid Wette d’après le conte éponyme des frères Grimm

    Coproduction avec le festival de Glyndebourne

    Maîtrise de l’Opéra national de Lyon
    Orchestre de l’Opéra national de Lyon
    direction : Johannes Willig
    mise en scène & costumes : Laurent Pelly
    décors : Barbara de Limburg
    éclairages : Joël Adam

    Avec :
    Michaela Selinger (Hänsel), Julia Novikova (Gretel), Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (La Sorcière), Klaus Kuttler (Peter), Irmgard Vilsmaier (Gertrud), Susann Kalauka (le Marchand de sable / le bonhomme Rosée).

     



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