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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Première au festival de Munich 2010 de la Tosca de Puccini mise en scène par Luc Bondy, sous la direction de Marco Armiliato.

Munich 2010 (2) :
Pour Tosca et Mario

© Wilfried Hösl

Karita Mattila (Tosca) et Jonas Kaufmann (Mario)

Après le Met et avant la Scala, le Bayerische Staatsoper propose la très décevante Tosca signée par un Luc Bondy en mal d’inspiration. Une soirée desservie aussi par un Scarpia à l’italianità parmi les plus sommaires, mais sauvée par le couple Tosca-Mario d’une Karita Mattila et d’un Jonas Kaufmann aux sommets.
 

Nationaltheater, MĂĽnchen
Le 19/07/2010
Monique BARICHELLA
 



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  • La critique amĂ©ricaine s’est unanimement dĂ©chaĂ®nĂ©e contre la Tosca mise en scène par Luc Bondy. Coproduction entre la première scène new-yorkaise, l’OpĂ©ra de Munich et la Scala qui l’accueillera plus tard, cette Tosca tristounette et sans imagination est indigne d’un homme de théâtre de l’envergure de Bondy qui, cette fois-ci, ne s’est pas cassĂ© la tĂŞte.

    Non seulement le spectacle se situe à des années-lumière de sa Salomé anthologique et d’un Tour d’écrou magistral, mais il signe ici sa pire production lyrique. Pas de quoi non plus justifier un tel scandale car loin de ses relectures pertinentes, le metteur en scène suisse sombre seulement dans le conventionnel.

    À quelques détails près – sans intérêt ou franchement inopportuns –, sa Tosca est simplement désuète. Si au I les jeux amoureux du couple – elle séductrice et lui impatient – fonctionnent, l’essentiel de sa direction d’acteurs est centré sur des personnages secondaires : le sacristain, Sciarrone et surtout Spoletta, tous particulièrement malsains, vicieux et répugnants.

    Force est de constater que seul Robert Carsen, jadis à Anvers puis à Zurich la saison dernière, a réussi à renouveler les clichés de l’ouvrage grâce à un brillantissime jeu de miroirs sur l’opéra dans l’opéra. Décidément, Tosca tétanise les grands metteurs en scène : même l’immense Jonathan Kent a raté celle de Covent Garden avec Angela Gheorghiu.

    Alors que Bondy respecte scrupuleusement les lieux et l’époque originale, les décors de Richard Peduzzi sont non seulement sinistres mais laids, notamment le bureau rudimentaire de Scarpia qui batifole avec trois putes avant l’arrivée de Tosca au II. Pourquoi pas d’ailleurs ? Le chef de la police s’avérant à la fois sadique, profondément vulgaire – il se goinfre comme un porc – et d’une redoutable hypocrisie.

    Ici, rien de spontané : Tosca prépare minutieusement son coup et attend le monstre, allongée sur le canapé, le couteau soigneusement dissimulé, avant de le massacrer, et Scarpia glisse sur le sol, la tête en bas. Au lieu de fuir, Tosca qui a eu chaud s’assoie épuisée et se fait de l’air avec l’éventail de l’Attavanti qu’elle a trouvé bien à propos, faute de crucifix et de candélabre !

    Voix sans mordant, courte dans l’aigu comme dans le grave, problèmes d’intonation répétitifs mais surtout italien inacceptable dans la ligne comme dans l’accent, Juha Uusitalo est un Scarpia indigne du lieu et du beau Wotan qu’il est par ailleurs. Heureusement, Karita Mattila et Jonas Kaufmann sauvent la soirée et nous offrent un III sensationnel. Certes ni l’un ni l’autre n’ont a priori des voix italiennes de timbre et de couleurs. Mais au niveau du style, de la ligne comme du phrasé, leur chant est d’une totale italianità et leur musicalité bien supérieure à bien des voix latines.

    Lors de sa prise de rôle au Met, la soprano finlandaise n’avait pas fait l’unanimité. Ici, outre son charisme habituel et un beau tempérament, elle surprend par l’étendue de son registre dans le bas-médium, ce qui lui permet de rendre justice à toute la tessiture exigée par la partition. De plus les phrases du parlando – quanto, il prezzo, mori – sont d’une exceptionnelle justesse dramatique.

    Six jours seulement avant la première de Lohengrin marquant ses débuts à Bayreuth, le ténor allemand fait entendre un Cavaradossi exceptionnel, mettant en valeur tous les aspects de son art du chant. Après un Recondita armonia avare de nuances et contrairement à ses habitudes chanté en force, après un Vittoria glorieux, il se permet un E lucevan le stelle entièrement détaillé piano, d’un raffinement et d’une poésie inouïes.

    Succédant à Fabio Luisi, ce qui lui a sans doute valu quelques huées bien injustes, Marco Armiliato est à nouveau aux commandes d’un orchestre irréprochable. Un mot enfin pour rassurer les téléspectateurs qui ont regardé une partie cette Tosca diffusée tant bien que mal au milieu des orages par ARTE le 10 juillet : vue de la salle, Mattila est toujours belle et la différence d’âge du couple accentuée par une caméra implacable est sans importance.




    Nationaltheater, MĂĽnchen
    Le 19/07/2010
    Monique BARICHELLA

    Première au festival de Munich 2010 de la Tosca de Puccini mise en scène par Luc Bondy, sous la direction de Marco Armiliato.
    Giacomo Puccini (1854-1926)
    Tosca, melodramma en trois actes (1900)
    Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa d’après le drame de Victorien Sardou

    Kinderchor der Bayerischen Staatsoper
    Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Marco Armiliato
    mise en scène : Luc Bondy
    décors : Richard Peduzzi
    costumes : Milena Canonero
    Ă©clairages : Michael Bauer
    préparation des chœurs : Andrés Máspero

    Avec :
    Karita Mattila (Floria Tosca), Jonas Kaufmann (Mario Cavaradossi), Juha Uusitalo (Scarpia), Christian Van Horn (Cesare Angelotti), Enrico Fissore (Il sagrestano), Kevin Conners (Spoletta), RĂĽdiger Trebes (Sciarrone), Christian Rieger (Un carciere).

     



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