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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Le Voyage à Reims de Rossini dans la mise en scène d’Alain Maratrat et sous la direction de Valery Gergiev au festival d’été de Baden-Baden.

Baden-Baden 2010 (1) :
Bel canto festif pour le Mariinski

© Gregonowitz

Cinq ans après sa création à Saint-Pétersbourg lors des Nuits blanches 2005, le réjouissant Voyage à Reims concocté par Alain Maratrat pour les jeunes chanteurs de l’Académie du Théâtre Mariinski revient plus dynamique que jamais et vocalement bonifié dans le cadre du Festival d’été de Baden-Baden.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 16/07/2010
Monique BARICHELLA
 



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  • Coproduction entre le Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg et le Théâtre du Châtelet qui l’avait accueilli avec succès en dĂ©cembre 2005, ce Viaggio a Reims est, plus encore que la rĂ©ussite vocale d’un Ring, entièrement assumĂ© par les chanteurs de la compagnie russe, le plus incroyable dĂ©fi jamais tentĂ© par Valery Gergiev et ses troupes.

    Alors qu’aujourd’hui, même la Scala peine à réunir une équipe internationale capable de se mesurer au souvenir des Rossiniens de haut vol qui ont ressuscité ce petit bijou sous la baguette étincelante de Claudio Abbado, comment de jeunes chanteurs russes peu habitués au style belcantiste pouvaient-ils s’en sortir ?

    Bien évidemment, l’entreprise nécessite un minimum d’indulgence de la part du spectateur averti mais, d’emblée, on avait non seulement évité le naufrage redouté, mais été conquis par la fraîcheur et l’enthousiasme d’un spectacle réjouissant : l’épatante mise en scène d’Alain Maratrat instaure une heureuse complicité entre les spectateurs et tous les artisans d’une soirée joyeuse et bon enfant.

    Après les Russes et les Parisiens, le public allemand n’a pas résisté à l’atmosphère festive qui s’installe immédiatement quand quelques musiciens en habit blanc rejoignent par la salle, le plateau où ils vont officier à vue, la fosse d’orchestre ayant été supprimée.

    Choristes puis solistes gagnent la scène par une passerelle enjambant les premiers rangs du parterre. Le dispositif a été judicieusement adapté au format du Festpielhaus de Baden-Baden : de chaque côté du plateau, on a installé deux écrans pour permettre aux spectateurs du balcon de suivre la partie du spectacle qui se déroule dans la salle, filmée en direct. Un procédé qui rappelle l’inoubliable production de Ronconi.

    L’arrivée de Valery Gergiev qui a endossé l’habit et le look d’un notable sicilien, coiffé d’un canotier qu’il gardera toute la soirée, est saluée par les applaudissements. D’évidence, ce jeu théâtral amuse le maestro. Il traverse la passerelle, monte sur scène et à ce moment le rideau qui cachait le fond du plateau tombe, dévoilant l’orchestre qui démarre sur une ouverture débridée, divinement rossinienne.

    L’aisance avec laquelle le chef russe passe d’une style musical à un autre, sans jamais se tromper d’ouvrage, son instinct pour capter instinctivement l’essence des musiques les plus diverses : Moussorgski et Tchaikovski, comme Prokofiev et Chostakovitch, Berlioz, Debussy et Dutilleux, mais aussi Wagner, Strauss, Mahler, Verdi et Rossini, caractérise le génie d’une musicien hors norme à l’aise dans tous les répertoires qu’il aborde.

    Déjà, il y a cinq ans, il avait médusé les plus incrédules par l’idiomatisme absolu d’une approche rossinienne évidente : comme s’il avait dirigé depuis toujours cette musique pétillante et que son orchestre, tout en finesse, en soit familier. Plus encore qu’à Paris, vu les dimensions de la salle, on est impressionné par l’osmose parfaite entre l’orchestre et des chanteurs qui ne voient pas le chef, lequel dirige dos tourné aux solistes et aux chœurs.

    Jamais le moindre décalage, tout est réglé avec une précision miraculeuse. On est surtout épaté de constater l’amélioration très nette de la plupart des interprètes qui sont arrivés à un niveau vocal et stylistique très satisfaisant sinon parfait. Si la Folleville de Larissa Youdina domine toujours l’équipe féminine, la Corinna d’Irma Gigolaty (qui, entre-temps a modifié son nom, comme la Madame Cortese, elle aussi en progrès, d’Anastasia Kalagnina) défend ce rôle particulièrement exposé sans problèmes majeurs.

    La mezzo Anna Kiknadze (Marchese Melibea) s’est étoffée. On saluera particulièrement deux nouveaux venus non seulement très supérieurs à leurs prédécesseurs mais excellents : Ilya Bannik en Barone di Trombonok et Vladimir Moroz (Don Alvaro). Nikolai Kamenski (Don Profondo) et Edouard Tsanga (Lord Sidney) sont plus honorables que par le passé. Même s’il n’est pas un ténor rossinien, Daniil Shtoda (Libenskof), en difficulté dans l’aigu ce soir, a le style requis, alors que Dmitri Voropaev est un Belfiore de tout premier ordre à la technique irréprochable. Un incontestable succès d’équipe.




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 16/07/2010
    Monique BARICHELLA

    Le Voyage à Reims de Rossini dans la mise en scène d’Alain Maratrat et sous la direction de Valery Gergiev au festival d’été de Baden-Baden.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    Il Viaggio a Reims, dramma giocoso en un acte (1825)
    Livret de Luigi Balocchi d'après Corinne ou l'Italie de Madame de Staël

    Chœurs et Orchestre du Théâtre Mariinski
    direction : Valery Gergiev
    mise en scène : Alain Maratrat
    décors : Pierre Alain Bertola
    costumes : Mireille Dessingy
    Ă©clairages : Pascal MĂ©rat

    Avec :
    Irma Gigolatz (Corinna), Anna Kikhadze (Marquise Melibea), Larisa Yudina (Comtesse de Folleville), Anastasia Kalagina (Madame Cortese), Dmitry Voropaev (Chevalier Belfiore), Daniil Shtoda (Comte de Libenskof), Edward Tsanga (Lord Sidney), Nikolai Kamensky (Don Profondo), Ilya Bannik (Baron de Trombonok), Vladimir Moroz (Don Alvaro), Yuri Vorobiev (Don Prudenzio), Dmitry Koleushko (Don Luigino), Elena Sommer (Maddalena), Olga Legkova (Modestina), Timur Abdikeev (Antonio).

     



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