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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène d’Uwe Eric Laufenberg et sous la direction de Constantin Trinks en ouverture de saison du Semperoper de Dresde.

Un nouveau Kleiber ?

Anne Schwanewilms (la Maréchale)

Soirée d’ouverture de la nouvelle saison de l’Opéra de Dresde avec un Rosenkavalier remarquable, introduisant la nouvelle directrice de la maison, Ulrike Hessler, et un jeune chef allemand, Constantin Trinks, qui laisse la salle époustouflée après une grande interprétation, élégante, brillante et comique, quasi kleiberienne.
 

Semperoper, Dresden
Le 21/08/2010
Hermann GRAMPP
 



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  • Ulrike Hessler, la nouvelle directrice du prestigieux Semperoper de Dresde, après vingt-six années ans d’ascension dans l’administration du Staatsoper de Munich où elle officiait comme intendante ces deux dernières deux, accueille ce soir personnellement les spectateurs devant la porte principale de cette maison mythique.

    Une nouvelle ère débute à Dresde, qui prendra véritablement son sens dans deux saisons, quand Christian Thielemann inaugurera ses fonctions de directeur musical, dans un théâtre qui lui conviendra parfaitement par son goût conservateur et l’excellente qualité sonore de l’exquise Staatskapelle.

    Pour l’heure, c’est une grande soirée de gala qui nous attend, en présence du premier ministre de Saxe. Pour l’occasion a été choisie la mise en scène du Chevalier à la rose d’Uwe Erich Laufenberg, datant de l’an 2000, travail classique et fiable qui satisfait autant la bourgeoisie traditionnelle que les connaisseurs estimant les mises en scène techniquement solides et réfléchies.

    Les décors classiques du I subissent une légère modernisation au II et présentent un espace aux changements rapides au III correspondant parfaitement à la musique turbulente qui commente la farce faite au Baron Ochs. Malgré un aspect très traditionnel, la finesse de la direction d’acteurs, l’attention au moindre détail entre les personnages sont sans faille et affirment un vrai travail théâtral. Un bel exemple de production classique et fraîche sans être ringarde.

    Anne Schwanewilms excelle dans la Maréchale par sa dignité et sa mélancolie, par une expression chaude et lumineuse qui donne au rôle toute l’ampleur inhérente à sa contemplation du temps qui passe. Tout à fait à son niveau, Anke Vondung dans Octavian, qui depuis un certain temps perfectionne l’incarnation de cet emploi travesti, avec un timbre juste assez androgyne et toujours fin, un lyrisme contenu très touchant.

    À l’exception de la jeune Russe Elena Gorshunova – tout récemment intégrée à la troupe du Semperoper – qui offre à Sophie son timbre radieux, le reste de la distribution est insuffisant : Hans-Joachim Ketelsen perd son souffle dans Faninal, la Leitzmetzerin de Sabine Brohm est bien faible, mais c’est surtout le Baron Ochs de Michael Eder qui déçoit. Certes, on sent une longue fréquentation du rôle, mais la voix part en lambeaux, manque de grave, et la déclamation laisse à désirer au point qu’on ne puisse se passer du surtitrage.

    En revanche, ce qui émane de la fosse appartient plutôt au genre exceptionnel. Constantin Trinks, âgé de 35 ans et directeur musical du Staatstheater Darmstadt, est déjà considéré par les initiés comme l’un des meilleurs wagnériens et straussiens en Allemagne. Après quelques instants de flottement, un son typiquement viennois se répand dans cette salle à l’acoustique merveilleuse et ne nous quitte plus pendant trois heures et demie.

    Trinks fait chanter la Staatskapelle autant dans les tutti que dans des soli magnifiques, avec une incroyable souplesse des tempi et des accents, dispensant autant de gestes élégants et clairs qui renforcent le côté dansant des épisodes valsés, à tel point que d’aucuns pouvaient affirmer à l’issue de la représentation qu’on n’avait plus entendu cela depuis Carlos Kleiber.

    À plusieurs occasions, on a même l’impression que Trinks atteint à l’essence même de cette musique, comme pouvait la diriger Strauss lui-même. Le petit-fils du compositeur, Christian Strauss, invité d’honneur de la réception officielle, félicitera le chef d’orchestre à juste titre. Trinks fera ses débuts au Palais Garnier en décembre dans la Fiancée vendue. Réjouissons-nous pour les Parisiens !




    Semperoper, Dresden
    Le 21/08/2010
    Hermann GRAMPP

    Reprise du Chevalier à la rose de Strauss dans la mise en scène d’Uwe Eric Laufenberg et sous la direction de Constantin Trinks en ouverture de saison du Semperoper de Dresde.
    Richard Strauss (1864-1945)
    Der Rosenkavalier, comédie en musique en trois actes (1911)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Dresden Staatsopernchor
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction: Constantin Trinks
    mise en scène : Uwe Eric Laufenberg
    décors : Christoph Schubiger
    costumes : Jessica Karge
    préparation des chœurs : Pablo Assante

    Avec :
    Anne Schwanewilms (la Maréchale), Michael Eder (le Baron Ochs), Anke Vondung (Octavian), Hans-Joachim Ketelsen (Faninal), Elena Gorshunova (Sophie), Sabine Brohm (Marianne Leitmetzerin), Oliver Ringelhahn (Valzacchi), Angela Liebold (Annina), Francesco Demuro (un chanteur italien), Jürgen Commichau (un comissaire de police), Jürgen Hartfiel (le majordome de la Maréchale), Gerald Hupach (le majordome de Faninal), Matthias Henneberg (un notaire), Tom Martinsen (un aubergiste), Birgit Fandrey (une modiste), Beate Siebert, Birgit Müller, Annett Eckert (trois nobles orphelines), Karl-Heinz Koch (un dresseur d'animaux).

     



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