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CRITIQUES DE CONCERTS 16 novembre 2018

Concerts du London Symphony Orchestra et du London Philharmonic Orchestra sous la direction de Daniel Harding et Vladimir Jurowski à la Musikfest de Berlin 2010.

Musikfest Berlin 2010 (1) :
Ouverture britannique


Luciano Berio

Chaque année, depuis six ans, au début de septembre, avant la rentrée dans leurs capitales respectives, les grands orchestres symphoniques et philharmoniques d'Europe se réunissent à Berlin pour un grand festival dont les programmes thématiques et singuliers sont riches en découvertes. Pour entamer cette édition 2010 consacrée à Berio, coup de projecteur sur les orchestres britanniques.
 

Philharmonie, Berlin
Le 06/09/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Cette année, la programmation est axée autour de l'œuvre du compositeur Luciano Berio (1925-2003), dont plusieurs de ses grandes pièces vocales n'avaient jamais été jouées en Allemagne. C'est avec les deux principaux orchestres de la capitale du Royaume-Uni, le London Symphony Orchestra et le London Philharmonic Orchestra que s'est ouvert cette Musikfest de Berlin 2010.

    Le concert inaugural par le LSO et Daniel Harding fait la part belle à deux œuvres vocales majeures de Berio. C'est en très grande partie grâce à leur dédicataire et créatrice en 1964, Cathy Berberian, à la ville madame Luciano Berio, que les Folk Songs pour mezzo-soprano et sept instruments ont connu leur notoriété internationale. Réunissant onze chants populaires (écossais, arménien, français, sicilien, sarde, italien, auvergnats et d'Azerbaïdjan) ils forment une splendide mosaïque que rehaussent l'harmonisation et l'instrumentation minimaliste du compositeur italien.

    Il est difficile pour qui a entendu Berberian les chanter d'oublier l'extraordinaire versatilité, l'humour et la science linguistique de cette Américaine aux racines arméniennes. La mezzo Kelley O'Connor ne démérite cependant pas, avec une grande voix au timbre chatoyant, même si, au jugé de sa diction française et italienne (le reste hormis l'anglais restant au bénéfice du doute), elle pourrait améliorer son interprétation.

    La Sinfonia pour huit voix sonorisées et orchestre convoque une régie sonore et un effectif orchestral immense. Avec ses cinq parties dont la plus spectaculaire utilise le matériel thématique du lied Saint-Antoine prêchant aux oiseaux, lui même centre de la Deuxième Symphonie de Mahler, ainsi que des valses du Chevalier à la Rose de Richard Strauss, cette immense symphonie dédiée à Leonard Bernstein et crée à New York en 1968, demande une virtuosité orchestrale dont fait preuve le jeune Daniel Harding, et une vocalité spectaculaire que l'ensemble britannique Synergy Vocals réalise à merveille.

    La symphonie Harold en Italie de Berlioz qui conclut le programme paraît ensuite d'une sagesse exemplaire et montre assez cruellement le manque de maturité du jeune chef anglais dans la conduite de ce parcours romantique. L'alto luxuriant de Tabea Zimmermann, dont l'acoustique exceptionnelle de la Philharmonie berlinoise ne laisse échapper aucune nuance, donne plus que l'orchestre étrangement peu à l'aise, avec d'inexplicables brutalités et excentricités, son unité à cette œuvre atypique.

    Trois jours plus tard, le concert du London Philharmonic Orchestra, malgré la présence de son charismatique directeur musical Vladimir Jurowski, et sans doute en raison d'un programme plus difficile, ne fait pas autant le plein. Deux œuvres peu réchauffantes ouvrent les deux parties du concert. La Passacaille de Webern, admirable composition mais jouée sans le petit plus dans l'interprétation qui donne l'évidence d'un chef-d'œuvre et, inexplicablement transcrit pour orchestre, ce qui n'apporte rien à une musique très étirée, l'Andante assai de la quatrième des sonates pour piano de Prokofiev.

    Mais le morceau de résistance est la création en Allemagne des Stanze de Berio, cinq strophes sur des textes aussi variés et forts que ceux de Paul Celan, Giorgio Caproni, Edoardo Sanguineti, Dan Pagis et même Alfred Brendel. Composition de la dernière année du compositeur (2003) et beaucoup moins forte que ses autres grandes œuvres vocales, elle a besoin du soutien d'un baryton d'une exceptionnelle personnalité, ce qui n'est en aucun cas le fait de Dietrich Henschel, dont la voix terriblement impersonnelle et si peu timbrée perd désormais en projection, même dans l'acoustique exceptionnelle du lieu.

    Formidable travail de préparation en revanche des trois chœurs d'hommes réunis et direction redoutablement précise de Jurowski. Comme pour le concert précédent, la Symphonie n° 3 de Prokofiev, bien que superbement conduite par le chef russe, laisse la soirée retomber dans une relative platitude. De l'importance non seulement du choix mais de l'ordre des œuvres réunies pour composer un programme…




    Philharmonie, Berlin
    Le 06/09/2010
    Olivier BRUNEL

    Concerts du London Symphony Orchestra et du London Philharmonic Orchestra sous la direction de Daniel Harding et Vladimir Jurowski à la Musikfest de Berlin 2010.
    3 septembre :
    Luciano Berio (1925-2003) :
    Folk Songs pour mezzo-soprano et sept instruments
    Kelley O'Connor, mezzo-soprano
    Sinfonia pour huit voix et orchestre
    Synergy Vocals
    Simon Stockhausen, régie sonore
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Harold en Italie, symphonie avec alto solo
    Tabea Zimmermann, alto

    London Symphony Orchestra
    direction : Daniel Harding

    6 septembre :
    Anton Webern (1883-1945)
    Passacaille pour orchestre op. 1
    Luciano Berio (1925-2003) :
    Stanze pour baryton, trois chœurs d'hommes et orchestre
    Création allemande
    Dietrich Henschel, baryton
    Hommes du Vokalensemble de la SWR de Stuttgart, du RIAS Kammerchor et du chœur NDR
    préparation : Bernhard Epstein & Florian Helgath
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Andante assai de la Sonate pour piano n° 4 op. 29
    Version orchestrée op. 29a
    Symphonie n° 3 en ut mineur op. 44

    London Philharmonic Orchestra
    Vladimir Jurowski, direction

     


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