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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Reprise de l’Italienne à Alger de Rossini dans la mise en scène d’Andrei Serban, sous la direction de Maurizio Benini à l’Opéra de Paris.

L’Italienne entre deux eaux
© Eric Mahoudeau

Après la reprise inégale du Vaisseau fantôme, celle de l’Italienne à Alger ne s’est pas non plus présentée sous les meilleures augures. Production de 1998 à l’humour mal vieilli, distribution moyenne entourant une cantatrice hors de forme. On est loin des splendeurs vocales de la Donna del Lago du mois de juin.
 

Palais Garnier, Paris
Le 11/09/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Il est plus que probable que si la très belle Vivica Genaux n’avait pas été victime d’un refroidissement, comme on nous l’annonça à l’entracte, et donc très en dessous vocalement de ce qu’on attendait d’elle, les inégalités de ce spectacle auraient été moins criantes. D’autant qu’après la splendide distribution réunie pour la Donna del Lago, opéra moins convaincant que l’Italienne, on s’attendait à un feu d’artifice digne de cette partition-là.

    Avec sa ligne mannequin et un abattage scénique de premier ordre, Vivica Genaux semble d’emblée bien à la peine pour rendre justice à son rôle, l’un des plus difficiles du répertoire rossinien. De toutes manières, comme cela a été souligné dans ces colonnes lors de la reprise du spectacle en 2004, l’Américaine n’a pas une voix sans défauts, médium faible et assez âpre, curieuse technique où la mâchoire se met à trembler fortement dans les aigus et pendant les vocalises, lesquelles, il faut le reconnaître, se déroulent avec une virtuosité fascinante.

    Cette virtuosité à elle seule ne suffit plus quand le timbre refroidi n’est que l’ombre de lui-même, gros inconvénient pour un rôle aussi central et omniprésent. Louons le courage de la cantatrice qui tint à assurer le spectacle et admirons son agilité scénique et son dynamisme, dans le personnage de super poupée Barbie qu’a concocté Andrei Serban.

    Dans une tonalité comédie musicale à l’américaine, ce dernier fait beaucoup d’humour (trop ?), avec une légèreté parfois pétillante, parfois éléphantesque. Être drôle sur chaque mesure, sur chaque note, c’est finalement lourd. Dans le genre, un Laurent Pelly a fait tellement mieux. Et puis, pourquoi cette manie de mettre un pas de danse ou un geste comique accompagnant chaque double croche, chaque vocalise ?

    Les jambes, les mains, les bras fonctionnent rigoureusement en même temps que les ornements – et ils sont nombreux ! – créant une agitation incessante, un mouvement perpétuel en pléonasme total avec ce que l’on entend. Il eût sans doute mieux valu esquisser une caractérisation quelconque des personnages, autre que celle que l’on voit, totalement au premier degré.

    Si Maurizio Benini est chez lui dans cette musique diablement fine, cristalline, subtile, sachant en traduire l’esprit aux musiciens de l’Orchestre de l’Opéra et maintenir la cohésion du plateau même dans les passages les plus rythmiquement acrobatiques, personne ne s’impose vocalement à un niveau pouvant compenser la semi-défection de Genaux et redonner du tonus à l’ensemble.

    Marco Vinco est un honnête Mustafà, voix bien timbrée et technique sûre, sans plus. Il est parfois amusant dans cette caricature de potentat d’opérette. Lawrence Brownlee vocalise avec élégance et facilité. Ses aigus fusent bien, mais la voix manque quand même de couleur et d’impact dans une salle de cette taille, sans même se risquer à une comparaison avec Flórez, qui est sur autre planète.

    Les autres protagonistes sont irréprochables professionnellement, avec un plus pour Alessandro Corbelli, qui est finalement le seul à mettre de sa propre personnalité dans le stéréotype théâtral qu’on lui impose. Les chœurs aussi font de leur mieux dans les divers accoutrements dont on les affuble.

    Après la somptueuse réussite vocale et musicale de la Donna del Lago à la fin de la saison dernière, étions-nous trop exigeants en attendant d’autres satisfactions de cette Italienne ? Sans doute !




    Palais Garnier, Paris
    Le 11/09/2010
    Gérard MANNONI

    Reprise de l’Italienne à Alger de Rossini dans la mise en scène d’Andrei Serban, sous la direction de Maurizio Benini à l’Opéra de Paris.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    L’Italiana in Algeri, dramma giocoso en deux actes (1813)
    Livret d’Angelo Anelli

    Chœur et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction Maurizio Benini
    mise en scène : Andrei Serban
    décors & costumes : Marina Draghici
    éclairages : Andrei Serban & Jacques Giovanangeli
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Marco Vinco (Mustafà), Jaël Azzaretti (Elvira), Cornelia Oncioiu (Zulma), Riccardo Novaro (Haly), Lawrence Brownlee (Lindoro), Vivica Genaux (Isabella), Alessandro Corbelli (Taddeo).

     



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