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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Deuxième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Rotterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Splendeurs orchestrales
© Marco Borggreve

La monumentale Deuxième Symphonie de Gustav Mahler se prête à de très belles démonstrations de direction d’orchestre. Le jeune chef canadien Yannick Nézet-Seguin vient encore d’en apporter la preuve au Théâtre des Champs-Élysées, à la tête de l’Orchestre de Rotterdam. Un concert impressionnant de force, de technique et d’intelligence.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/09/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Très réputé mais moins universellement loué que son compatriote le Concertgebouw d‘Amsterdam, qui pointe toujours parmi les cinq plus grandes formations du monde, l’Orchestre phiharmonique de Rotterdam a de la personnalité et des très vastes possibilités.

    Avec une sonorité d’ensemble moins ronde, moins rassurante, moins mordorée mais plus riche de contrastes et souvent d’une lumière plus franche, il affirme de manière incontestable sa capacité à servir une œuvre aussi complexe, riche, contradictoire, bref, vraiment difficile à tous égards, que cette Deuxième Symphonie, dite Résurrection, de Mahler.

    Tous les pupitres sont d’une absolue sûreté musicale et technique, les cuivres ayant en particulier l’occasion permanente de susciter l’admiration, tout comme les percussions d’ailleurs. Dans les immenses tutti flamboyants comme dans les épisodes pianissimo, le grain du son reste parfait, précis, au service du plus minuscule détail comme des envolées d’ensemble les plus monumentales. Rien ne nous échappe, tout sollicite l’oreille de manière significative.

    Un tel instrument trouve avec Yannick Nézet-Séguin, une personnalité de taille à lui faire donner le meilleur de lui-même. Le jeune chef canadien – à trente-cinq ans, on est encore un jeune chef – possède en effet une éblouissante technique de direction. La clarté du geste, l’engagement de tout le corps, sans rien d’outrancier ni d’artificiellement théâtral, ont une force de conviction irrésistible qui domine totalement l’énorme masse orchestrale et chorale présente.

    On sait la complexité des messages que Mahler a voulu communiquer dans chaque mouvement. À cette complexité de pensée correspond une complexité d’écriture peu commune et en fin de compte une richesse sonore et expressive elle aussi hors du commun. Nézet-Seguin domine tout cela de façon magistrale, avec une lucidité, une intelligence, une capacité d’analyse exceptionnelles.

    La destinée de l’homme, jusqu’à sa mort et à sa résurrection, quel programme ! Pour ce qui est de l’approche sonore, textuelle, cérébrale et technique de la partition, ce que nous entendons touche à une perfection peu commune. Est-il possible d’y ajouter une dimension spirituelle encore plus creusée, encore plus approfondie ?

    C’est sans doute ce que le chef a cherché, sans toujours y parvenir, avec des tempi souvent lents, des contrastes de dynamiques souvent extrêmes. Restriction que l’on pourra trouver minime dans une interprétation aussi vibrante et gratifiante que celle qu’il donne.

    Le Collegium Vocale Gent et l’Academia Chigiana Sienna, les deux solistes, le mezzo Ekaterina Gubanova et la soprano Kate Royal, apportent tous une contribution de haute tenue au travail si investi, enthousiaste, entier, du chef dont Paris ne connaît pas encore toutes les possibilités.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/09/2010
    Gérard MANNONI

    Deuxième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Rotterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 2 en ut mineur « Résurrection »
    Kate Royal, soprano
    Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano
    Collegium Vocale Gent
    Accademia musicale Chigiana
    Rotterdams Philharmonisch Orkest
    direction : Yannick Nézet-Séguin

     


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