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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Requiem de Verdi par l’Orchestre national de France sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre du Châtelet, Paris.

Requiem les pieds sur terre
© Silvia Lelli

Solide interprétation du Requiem de Verdi par Daniele Gatti et un quatuor de solistes vigoureux dans un grand déploiement de décibels dans l’enceinte en rien gigantesque du Théâtre du Châtelet. Une approche les pieds sur terre, jouant le bruit et la fureur au détriment de la spiritualité, occultant par trop un aspect non négligeable de l’ouvrage.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 22/10/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Le Requiem de Verdi est bien sûr d’une écriture plus proche de celle d’un grand opéra que des Requiem de Mozart, de Brahms ou Fauré. C’est un lieu commun. Néanmoins, bien des chefs et des solistes ont su prouver que ce n’était pas incompatible avec une interprétation ancrée dans le spirituel. La subtilité d’orchestration de bien des pages tout comme l’écriture vocale s’y prêtent facilement.

    Carlo-Maria Giulini ou Herbert von Karajan pour ne citer qu’eux l’ont prouvé, avec des chanteurs immenses comme Mirella Freni, Christa Ludwig, Nicolaï Gedda, Nicolaï Ghiaurov ou encore Leontyne Price, Fiorenza Cossotto ou Luciano Pavarotti. Sans parler de quelques enregistrements historiques hors normes comme celui de Vittorio de Sabata avec Elisabeth Schwarzkopf, Oralia Dominguez, Giuseppe Di Stefano et Cesare Siepi.

    À des degrés divers et chacune à leur manière, soit par la direction orchestrale, soit par l’interprétation vocale, souvent par les deux, ces approches ont eu une subtilité ou une élévation d’esprit qui ont été le grand manque de ce que nous propose Daniele Gatti.

    Et pourtant, c’est une lecture solide, brillante, menée avec un enthousiasme évident, superbement assumée par les musiciens d’un Orchestre national des grands soirs et un Chœur de Radio France magistral, mais une lecture les deux pieds sur terre, la pensée bien rationnelle, sans véritable tentative d’intériorité, même là où cela semblerait évident.

    Bref, plus près des rigueurs architecturales extérieures des églises italiennes que de leurs folies décoratives intérieures. Et puis, renforçant cette impression – le chef manquerait-il d’expérience de cette salle ? – un déferlement de décibels d’une agressivité aussi inhabituelle qu’inutile n’arrange rien. L’acoustique du Châtelet est excellente et il n’est pas utile, avec tant de musiciens et de voix sur scène et déployés très en avant, de déchaîner de telles tempêtes sonores, même pour le terrifiant Dies Irae.

    On ne peut s’empêcher aussi de constater que les voix des solistes sont infiniment plus belles et musicales quand ils ne crient pas de toutes leurs forces. La soprano Krassimira Stoyanova produit ainsi une superbe mezza voce, quelques beaux aigus à pleine voix aussi. Moins heureuse est la mezzo Ekaterina Gubanova, au médium et au grave curieusement brouillés, voire brouillons.

    Remplaçant Stuart Neill, le jeune ténor Francesco Meli a une voix au timbre naturellement puissant, très claire, bien placée. Lui aussi est au meilleur de lui-même et souvent fort bien quand il ne s’époumone pas. Plus maître de ses moyens et ne semblant pas chercher à faire le plus de volume possible, la basse Georg Zeppenfeld nous gratifie d’un remarquable Confutatis.

    Mais on peut penser que tous ces solistes doivent se sentir quelque peu menacés et écrasés par la masse sonore qui se déploie derrière eux et que plus ou moins consciemment, ils tentent, d’ailleurs avec succès, de surnager.

    Ce n’est donc pas un médiocre Requiem, loin de là ! Mais plutôt une interprétation où manque une dimension dont d’autres chefs nous ont révélé l’intérêt et même l’indispensable présence, pour que l’œuvre se déploie totalement, au-delà de ses impressionnantes dimensions vocales et théâtrales.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 22/10/2010
    Gérard MANNONI

    Requiem de Verdi par l’Orchestre national de France sous la direction de Daniele Gatti au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem
    Krassimira Stoyanova, soprano
    Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano
    Francesco Meli, ténor
    Georg Zeppenfeld, basse
    Chœur de Radio France
    préparation : Matthias Brauer
    Orchestre national de France
    direction : Daniele Gatti

     


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