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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital du baryton-basse Bryn Terfel dans la série des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.

Terfel l’unique
© Jason Bell / DG

Grande démonstration de théâtre, de chant, de musique, sans l’aide de ce qui constitue un spectacle. Avec juste quelques accessoires inattendus et son incroyable talent, Bryn Terfel, dans la veine des plus grands chanteurs du siècle, a fait de ce récital des Grandes Voix à Pleyel consacré aux Bad Boys un rendez-vous festif et passionnant.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 05/11/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Ce n’aurait pu être qu’une reproduction de son excellent disque Bad Boys chez Deutsche Gramophon. Mais celui qui est certainement non pas la plus belle voix mais le plus grand chanteur actuel a su transgresser avec humour et un talent fou les règles établies du récital avec orchestre.

    Jouant de ce physique athlétique tour à tour débonnaire et inquiétant, d’une voix capable de se prêter à toues les nuances, toutes les couleurs et toutes les intentions, d’un tempérament nettement extraverti, d’une expérience professionnelle à son pinacle, Bryn Terfel a ensorcelé une fois encore son auditoire, mais de manière renouvelée.

    Drapé dans une très vaste cape et portant un petit panier plein de fioles peu sympathiques, son Dulcamara est plus proche du Docteur Miracle des Contes d’Hoffmann que de l’habituel filou de l’Élixir d’amour. Irrésistible de drôlerie et d’intelligence !

    De même, son Méphistophélès de Boïto a de surprenantes allures de voyou maléfique, avec une remarquable projection vocale, même si le timbre n’a pas la noirceur de celui d’un Siepi. Carrément dangereux, provocateur et agressif, le Méphisto du Faust de Gounod est lui aussi hissé à une dimension théâtrale et expressive aussi impressionnante que rarement entendue.

    Peut-être, en revanche, une voix plus noire convient-elle mieux au maléfique Kaspar du Freischütz, mais on reste subjugué par l’efficacité dramatique et musicale de l’interprétation. Et puis, pour clore la première partie du concert, un Te Deum de Tosca dominé par un Scarpia absolument terrifiant de perversité.

    Ultime concession au répertoire italien pour ouvrir la seconde partie de la soirée avec un Credo de Iago d’une puissance inouïe, incarnation du mal qui vous saute à la gorge sans que jamais le chanteur ne force un effet. Il y a autant d’intériorité, de réflexion sur le texte que d’art du chant dans une interprétation de cette puissance.

    Et puis, changement d’univers avec la comédie musicale, américaine pour le Sweeney Todd de Sondheim, Ruddigore de Sullivan et Porgy and Bess de Gershwin, ou allemande avec l’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill. On le savait déjà, Bryn Terfel chante cela non pas en chanteur d’opéra qui s’encanaille, mais comme s’il était un vrai professionnel de Broadway ou des cabarets berlinois.

    Une grande bouffée d’air, un moment d’exception pour tous ceux qui aiment ce répertoire qui commence tout de même à mieux s’implanter chez nous. Mais comme rien jamais parfait en ce bas monde, il faut bien avouer que la partie orchestrale du programme laisse perplexe.

    Dirigés par Gareth Jones, le Münchner Rundfunkorchester et le Canzonetta Chamber Choir ne déméritent nullement, mais pourquoi avoir intercalé avec si peu de bon sens des pages orchestrales aussi longues et surtout aussi mal venues là où on les avait placées ?

    On voit bien que c’est le résultat d’un effort pour sortir de la tradition des sempiternelles ouvertures d’opéra vouées à ce genre de soirées. Mais donner l’ouverture d’Orphée aux Enfers entre le Mefistofele de Boïto et le Faust de Gounod, la Danse macabre de Saint-Saëns entre Otello et Sweeney Todd et l’ouverture de Don Giovanni entre Ruddigore et Porgy and Bess casse totalement le rythme, la concentration et la couleur d’ensemble du déroulement de la partie lyrique.

    S’en tenir à l’ouverture de la Force du destin pour sacrifier à la tradition, d’accord, mais pourquoi ne pas émailler plutôt le reste de passages symphoniques moins contradictoires avec ce qu’interprète le chanteur ? Gershwin ou Bernstein par exemple auraient fort bien pu meubler la deuxième partie.

    Mais c’est le souvenir du formidable chanteur qu’est Bryn Terfel qui aura marqué une fois encore nos mémoires.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 05/11/2010
    Gérard MANNONI

    Récital du baryton-basse Bryn Terfel dans la série des Grandes Voix à la salle Pleyel, Paris.
    Bad Boys
    Verdi, Donizetti, Boïto, Offenbach, Gounod, Weber, Puccini, Saint-Saëns, Sondheim, Weill, Sullivan, Mozart, Gershwin
    Bryn Terfel, baryton-basse
    Canzonetta Chamber Choir
    Münchner Rundfunkorchester
    direction : Gareth Jones

     


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