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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Cycle les Visages et les corps de Patrice Chéreau au Louvre, avec Daniel Barenboïm et Waltraud Meier.

La magie Chéreau
© Pascal Victor/ ArtcomArt

Chéreau est l’invité du Louvre tout le mois de novembre. Le metteur en scène a composé un programme d’exposition, de théâtre, de danse, de musique et de chant. Notamment aux côtés de Daniel Barenboïm, et de la mezzo Waltraud Meier pour des Wesendonck Lieder éblouissants de raffinement, au milieu des toiles du pavillon Denon.
 

Musée du Louvre, Paris
Le 09/11/2010
Nicole DUAULT
 



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  • Patrice Chéreau a eu le privilège de puiser dans les collections du Louvre, d’Orsay et du Centre Pompidou. Il opère des rapprochements, des confrontations exceptionnelles où l’on voit côte à côte, par exemple, Philippe de Champaigne et Picasso et, à proximité, Bonnard et Courbet. De cet artiste, Chéreau a choisi cinq tableaux comme pour affirmer à quel point le naturalisme est présent dans ses mises en scène de théâtre et d’opéra.

    Cette exposition a aussi des résonances musicales. La musique est profondément ancrée en Chéreau. Il répète qu’il ne sait pas la lire au cours d’une passionnante discussion à trois, avec le maestro Daniel Barenboïm et le directeur de la Scala de Milan, Stéphane Lissner. C’était dimanche dernier à l’Auditorium du Louvre. « J’ai une imagination qui se déclenche avec la musique, ou en tout cas avec ma façon à moi d’entendre cette musique », assure-t-il.

    Lundi, Chéreau avait convié pour un unique concert son ami Daniel Barenboïm, avec lequel il a réalisé notamment comme l’inoubliable Wozzeck d’Alban Berg du Châtelet. L’ancien directeur de l’Orchestre de Paris accompagnait les musiciens du West Eastern Divan Orchestra, composé de jeunes Israéliens et Palestiniens, à égalité.

    Au programme, le Kammerkonzert op. 6 de Berg dont le violon soliste est le fils du maestro, Michael. Une lecture d’une clarté, d’une transparence et d’une évidence incomparables. En deuxième partie, Chéreau est le récitant de l’Histoire du soldat de Stravinski. Il donne une leçon de théâtre soutenu par les sept musiciens du Divan et surtout le magnifique violon de Guy Braunstein.

    Mardi, jour de fermeture du Louvre, c’est par la Porte aux Lions que les spectateurs sont attendus pour un événement éphémère : trois interventions dans la même soirée de la mezzo Waltraud Meier interprétant les Wesendonck Lieder de Richard Wagner. Subjuguant !

    Longue attente puis entrée dans les salles du Pavillon Denon où sont exposés les chefs-d’œuvre de la peinture espagnole et italienne. Derrière une barrière en velours rouge, la diva est assise, prostrée, le regard vague devant la Naissance de la vierge de Murillo. Elle se lève, décroche les cordons rouges et ouvre au public ces salles éminentes.

    Murillo, Zurbaran, Le Greco, Goya ont des œuvres accrochées là. Trois pianos dispersés entre ces salles et la Grande galerie accompagnent ces chants de douleur et de rêve, de plaintes et de souvenirs d’enfance. La voix de la mezzo emplit les salles. On n’avait jamais imaginé que l’acoustique puisse être aussi bonne.

    Elle se glisse entre les spectateurs, les contourne, elle frôle les tableaux. La lumière est forte puis tamisée au moment où la nuit tombe. On se croirait dans Strehler. Waltraud Meier est grave, comme blottie dans ses rêves. Patrice Chéreau la suit de loin. Il a le visage intense comme s’il soutenait de toute son énergie la chanteuse dans ce parcours fascinant.

    Elle entre dans la Grande galerie, près de Guido Reni, puis s‘enfuit entre les colonnes où se trouvent des primitifs italiens. Elle disparaît. C’est le silence. Chacun retient son souffle avant de comprendre que la magie est finie et qu’il faut applaudir.

    Intense spectacle qu’aucune caméra ne semble avoir enregistré. Voilà le défaut : Chéreau aime l’éphémère, on le sait depuis que, voilà plus de trente ans, il a fait détruire les décors de sa prodigieuse Lulu du Palais Garnier, donnée sous la baguette de Pierre Boulez. Mais quel dommage que ces deux concerts, celui de Barenboïm ainsi que la déambulation wagnérienne de Waltraud Meier, ne puissent être immortalisés par l’image !




    Musée du Louvre, Paris
    Le 09/11/2010
    Nicole DUAULT

    Cycle les Visages et les corps de Patrice Chéreau au Louvre, avec Daniel Barenboïm et Waltraud Meier.
    8 novembre, Auditorium :
    Alban Berg (1885-1935)
    Kammerkonzert pour piano, violon et treize instruments à vents
    Michael Barenboïm, violon
    Karim Saïd, piano
    Igor Stravinski (1882-1971)
    L’Histoire du soldat
    Patrice Chéreau, narrateur
    Guy Braunstein, violon
    Membres du West Eastern Divan Orchestra
    direction : Daniel Barenboïm

    9 novembre, Pavillon Denon :
    In der Kindheit frühen Tagen
    Parcours musical d’après les Wesendonck Lieder de Wagner
    Waltraud Meier, mezzo-soprano
    Yael Kareth & Karim Saïd, piano
    mise en scène : Patrice Chéreau

     


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