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CRITIQUES DE CONCERTS 25 septembre 2020

Reprise de Carmen de Bizet dans la mise en scène d’Emma Dante, sous la direction de Gustavo Dudamel à la Scala de Milan.

Dudamel rate Carmen
©  Brescia e Amisano

Au concert, Gustavo Dudamel s’est affirmé dans des répertoires très divers comme le jeune chef le plus charismatique de sa génération. Son intelligence musicale et sa fougue permettaient d’espérer une Carmen irrésistible. La déception est au rendez-vous : quelques beaux moments ne suffisent pas au petit génie Vénézuélien pour s’affirmer comme un chef de théâtre authentique.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 09/11/2010
Monique BARICHELLA
 



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  • Le public de la Scala n’avait, semble-t-il, adhĂ©rĂ© ni Ă  la direction peu idiomatique de Daniel BarenboĂŻm, ni au quatuor vocal – Ă  l’exception du Don JosĂ© de rĂ©fĂ©rence de Jonas Kaufmann – ni, surtout, Ă  la production d’Emma Dante lors de l’ouverture de saison du 7 dĂ©cembre 2009. Une reprise Ă©tant prĂ©vue cet automne avec Gustavo Dudamel au pupitre, nous avons choisi de dĂ©couvrir cette Carmen sous sa baguette, avec une distribution diffĂ©rente mis Ă  part le rĂ´le-titre, toujours confiĂ© Ă  la jeune mezzo gĂ©orgienne Anita Rachvelishvili.

    A priori, le chef-d’œuvre de Bizet semblait convenir idéalement au tempérament et aux affinités d’un chef sans doute électrisant, mais qui n’a pas encore fait ses preuves dans le domaine lyrique. Son Don Giovanni également à La Scala en octobre 2006 n’avait pas été un franc succès. Force est de constater que sa Carmen n’a guère convaincu l’assistance et nous a profondément déçus.

    Sans doute, la furia et la dynamique avec lesquelles il attaque l’ouverture sont-elles conformes à notre attente. Pourtant, il sombre vite dans des tempi souvent languissants, avec des ralentis qui non seulement cassent la continuité musicale et dramatique mais mettent en péril des chanteurs corrects mais indignes du lieu, nécessitant un soutien qui leur fait défaut en permanence.

    De temps à autre, on est soudain interpellé par une phrase, un motif, un accord, témoignant d’une vraie personnalité, mais seul le dernier acte, à la fois enlevé et dramatique, répond vraiment aux exigences théâtrales de l’ouvrage. Très loin de l’enthousiasme qu’il déchaîne habituellement, Dudamel recueille ici de maigres applaudissements et quelques huées lors des saluts. Pire, son arrivée au pupitre après les deux entre’ actes s’effectue dans l’indifférence générale, comme s’il était un total n’importe qui !

    Peut-on parler de révélation pour la Carmen d’Anita Rachvelishvili (née à Tbilisi en 1984 et élève de l’Académie de la Scala de 2007 à 2009) ? Sans doute la voix est généreuse, le timbre sombre, les moyens conséquents – presque trop, car ce sont plutôt ceux d’une Santuzza et d’une Azucena en puissance, voire d’une Dalila qu’elle abordera cette saison au Concertgebouw, puis à Berlin.

    Si le français est dans l’ensemble estimable, il lui manque encore le raffinement vocal et, surtout, un vrai personnage. Certes, on évite une vulgarité outrancière, mais on reste dans les conventions et les clichés d’une Carmen peu attachante qui n’inspire aucun intérêt particulier.

    Remplaçant Lance Ryan malade, qu’on se réjouissait de découvrir enfin dans un emploi non wagnérien, Bryan Hymel est un José nuancé mais sans éclat, donnant des signes de fatigue évidents à partir du III. Le ténor américain a du moins le mérite de se donner du mal pour rendre son personnage crédible dans un contexte pour le moins difficile.

    L’Escamillo de Gabor Bretz a de l’allure mais passé son grand air, ses problèmes d’intonation sont continuels. Enfin, sans démériter, la soprano grecque Alexia Voulgaridou est une Micaëla impersonnelle, tandis que tous les personnages secondaires sont parfaitement tenus.

    Profondément irritante, la mise en scène d’Emma Dante est à la fois provocante, démonstrative et en total contre-sens. Alors qu’elle vient du théâtre parlé où elle a acquis, paraît-il, une solide réputation, la metteur en scène laisse ses interprètes à l’abandon : pas la moindre direction d’acteurs, même pour le rôle-titre inchangé depuis la première.

    D’ailleurs, les relations entre Carmen et Don José ne l’intéressent pas, elle n’est préoccupée que par un anticléricalisme primaire, caricatural et hors sujet, illustré par une symbolique lourde et appuyée. On pourrait aligner vingt exemples gratuits et répétitifs de ses partis pris qui vont à l’encontre de tout naturel et d’un minimum de vérité psychologique et dramatique.

    Tout est exagéré, grossier, dans une agitation perpétuelle où le ridicule va de pair avec un trop plein de figurants, de danseurs et de mimes inutiles. Sur ce plan, on n’est finalement pas si éloigné du tant décrié Zeffirelli !




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 09/11/2010
    Monique BARICHELLA

    Reprise de Carmen de Bizet dans la mise en scène d’Emma Dante, sous la direction de Gustavo Dudamel à la Scala de Milan.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen, opéra-comique en quatre actes (1875)
    Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy d’après Prosper Mérimée

    Coro e Orchestra del Teatro alla Scala
    direction : Gustavo Dudamel
    mise en scène & costumes : Emma Dante
    décors : Richard Peduzzi
    éclairages : Dominique Bruguière
    préparation des chœurs : Bruno Casoni

    Avec :
    Bryan Hymel (Don JosĂ©), Gabor Bretz (Escamillo), Francis Dudziak (le DancaĂŻre), Rodolphe Briand (le Remendado), Mathias Hausmann (Moralès), François Lis (Zuniga), Anita Rachvelishvili (Carmen), Alexia Voulgaridou (MicaĂ«la), Tara Venditti (Frasquita), Adriana Kučerová (MercĂ©dès), Olga Semenova (une marchande d’oranges), Bruno Gaudenzi (un bohĂ©mien), Gabriel Da Costa (Lillas Pastia).

     



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