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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2018

Récital de la contralto Marie-Nicole Lemieux accompagnée par l’Orchestre national de France sous la direction de Fabien Gabel au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Audace convaincante
© Yves Renaud

L’une des rares vraies voix graves féminines de notre époque, la Québécoise Marie-Nicole Lemieux, s’est surtout fait jusqu’à présent un nom dans le répertoire baroque, malgré une incursion chez Verdi pour la Mrs Quickly de Falstaff. Avec ce concert, elle semble vouloir donner une autre direction à sa carrière. Une tentative convaincante.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/11/2010
Gérard MANNONI
 



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  • En choisissant un programme voué à l’opéra français, Marie-Nicole Lemieux fait un pari audacieux et annonce la volonté d’orienter sa carrière vers un autre répertoire que celui de la musique baroque où elle a jusqu’à présent triomphé. Elle pourrait ainsi combler un manque incontestable et redonner des couleurs à un répertoire quasiment à l’abandon.

    Ce répertoire ne contient certes pas que des chefs-d’œuvre de tout premier rang, mais n’en est-il pas de même de l’opéra baroque dont même certaines partitions très médiocres déchaînent l’enthousiasme de publics totalement soumis aux courants de la mode ? Dans ce contexte, attaquer sans préambule aucun un concert par l’air d’Odette du Charles VI d’Halévy peut être considéré comme une suprême audace frisant la provocation. Mais, superbe musicienne, Marie-Nicole Lemieux n’est pas du genre à tergiverser et elle part au combat avec une bravura de vraie prima donna.

    A priori, même si elle n’est pas encore vraiment en possession de toutes les clés de ces grands airs qui bouleversaient nos aïeux, l’expérience semble bien concluante. Les moyens sont là, tant pour la couleur de la voix que pour sa taille, laquelle ne fera que se développer et s’enrichir à la pratique de ces musiques.

    La voix de Marie-Nicole Lemieux est naturellement riche en harmoniques, et même si un léger vibrato presque inévitable avec les voix graves féminines peut gêner certains, les moyens s’imposent bien au-delà de personnages comme la Geneviève de Pelléas ou même la Mrs Quickly de Falstaff.

    L’air de Néris de la Médée de Cherubini, Connais-tu le pays de Mignon, la scène des Lettres de Werther sont abordés avec vaillance et beaucoup d’intelligence musicale. Mignon et Werther notamment bénéficient déjà d’une approche quasi idéale, avec une technique très maîtrisée qui permet à la cantatrice de ne donner toute sa voix que lorsqu’elle le souhaite. Elle possède en particulier un art des sons piano et mezza voce rare aujourd’hui, ce qui lui permet de phraser avec élégance et raffinement.

    Sans doute, Carmen lui convient-il moins bien alors que Dalila, donné en bis, semble complètement dans la direction de ce qu’elle tente désormais. Le souffle est ample, le haut de la tessiture vaillant – il pourra fuser certainement de manière encore plus naturelle à l’avenir – la couleur et la matière de la voix très adaptés a priori à ces héroïnes un peu orphelines en des temps où la plupart des mezzos et prétendus altos dramatiques ont des voix aussi claires que celles des sopranos, exception faite de quelques artistes des pays de l’est.

    Un disque correspondant à ce programme placé sous la baguette de Fabien Gabel et où l’Orchestre national a été un partenaire de luxe en charge de quelques discrètes pages symphoniques a été enregistré. Il servira de jalon dans cette carrière passionnante et en pleine évolution.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/11/2010
    Gérard MANNONI

    Récital de la contralto Marie-Nicole Lemieux accompagnée par l’Orchestre national de France sous la direction de Fabien Gabel au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Ludovic Halévy (1834-1908)
    Charles VI : Sous leur spectre…humble fille des champs
    Luigi Cherubini (1760-1842)
    Médée : ouverture : Ah ! Nos peines son communes…
    Ambroise Thomas (1811-1896)
    Mignon : Connais-tu le pays…
    Raymond : ouverture
    Jules Massenet (1842-1912)
    Scènes dramatiques
    Werther : Werther, qui m’aurait dit la place…
    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen : Interlude, Habanera, Danse bohème
    Marie-Nicole Lemieux, contralto
    Orchestre national de France
    direction : Fabien Gabel

     


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