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CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Récital du pianiste Cédric Tiberghien au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Finesse et sensibilité
© Eric Manas

Donné dans le cadre des manifestations 2010 du Mémorial de la Shoah, ce récital autour des Mazurkas et en hommage à Chopin, Szymanowski, Scriabine et Tansman a permis à Cédric Tiberghien de confirmer sa place parmi les virtuoses les plus personnels et subtils de la brillante génération des trentenaires du piano français.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 17/11/2010
Gérard MANNONI
 



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  • Sans être propulsé par d’excessives campagnes médiatiques comme tant d’autres, Cédric Tiberghien est parvenu en une dizaine d’années à confirmer le remarquable potentiel qui lui avait valu en 1998 un retentissant prix au Concours Long-Thibaud. Il a su également garder sa propre personnalité, évitant les pièges d’une fâcheuse tendance à la mondialisation du jeu.

    Surtout évidente dans son approche des grandes pages célèbres de Chopin, sa vision intime de ce qu’il vit dans la musique de ce compositeur difficile entre tous car tellement joué s’impose d’emblée, retient l’attention, touche la sensibilité de l’auditeur. C’est en effet une approche tout en finesse, en subtilité, avec des choix de couleurs, d’accents, de tempi, qui surprennent souvent, séduisent ensuite et finissent par totalement convaincre.

    Traités comme il se doit en brillantes pièces de concert exposant la virtuosité de l’interprète, les deux premiers Scherzos bénéficient d’une technique typiquement à la française, où tout est possible aux doigts sans jamais aucun excès de lourdeur, sans matraquage ni effets ronflants. On est dans une lumière scintillante, où les traits coulent comme de belles cascades, où les arpèges brisés posent d’étranges interrogations, où les accords marquent des accents qui structurent, où le silence a aussi droit de cité.

    Avec la Première Ballade en revanche, c’est une plongée en pleine saga romantique tourmentée qui raconte une histoire de tumulte et de passion. Couleurs plus sombres, rapport plus profond avec le clavier, mais même intelligence d’une analyse personnelle sans volonté provocatrice. Des Mazurkas s’intercalent entre les grandes pièces, chacune avec son climat spécifique, son contexte particulier.

    On perçoit très bien comment Chopin varie les humeurs et les couleurs à partir des mêmes structures rythmiques de base et comme l’interprète y glisse ses propres réactions. C’est stimulant et captivant, avec toujours ce jeu solide et limpide, ce toucher soyeux.

    Pour entourer ces pages de Chopin, Tiberghien avait choisi trois autres compositeurs mis en miroir. Deux Mazurkas de Szymanowski, tout d’abord, compositeur dont Paris a récemment découvert enfin l’opéra le Roi Roger. On y voit comment le rythme et l’esprit même de cette danse populaire peuvent être compris et traduits avec une sensibilité tout autre que celle de Chopin, dans une approche plus complexe, plus distanciée, un peu plus rude aussi.

    Même constatation avec les Mazurkas du Franco-Polonais Alexandre Tansman, et c’est finalement l’univers de Scriabine tant dans son Impromptu en ut majeur que dans ses Mazurkas qui s’approcherait le plus de celui de Chopin, avec cependant encore un traitement différent de ce rythme aux cent visages. Il est d’ailleurs passionnant de passer ainsi d’un monde sensible à un autre pour revenir finalement à Chopin et terminer avec la Polonaise-Fantaisie en lab majeur, l’une des plus compliquées à jouer.

    Largement développée, elle exige des qualités souvent opposées, passant du rêve à des sensations plus concrètes, de mélodies lyriquement étirées à des moments à l’expression plus vigoureuse et plus serrée. Cédric Tiberghien en donne une interprétation magistrale, avec toujours ces options qui lui appartiennent en propre, ralentis superbes de poésie, demi-teintes audacieuses, toucher d’une subtilité émouvante. Un très bel artiste qui illustre au plus haut niveau les meilleurs aspects de l’école française de piano.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 17/11/2010
    Gérard MANNONI

    Récital du pianiste Cédric Tiberghien au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Scherzo n° 1 en si mineur op. 20
    Mazurka op. 6 n° 3
    Mazurkas op. 17 n° 2 et n° 4
    Ballade n° 1 op. 23
    Mazurkas op. 24 n° 2 et n° 4
    Scherzo n° 2 en sib mineur op. 31
    Trois Mazurkas op. 59
    Polonaise-Fantaisie en lab majeur op. 61
    Karol Szymanowski (1882-1937)
    Mazurkas n° 1 et 7 en ut majeur op. 50
    Alexandre Scriabine (1872-1915)
    Impromptu n° 3 en ut majeur
    Mazurkas op. 3 n° 7 et 6
    Mazurka en mi mineur op. 25 n°3
    Alexandre Tansman (1897-1986)
    Mazurkas du Premier livre n° 3, 4 et 9, du Troisième Livre n° 1 et 3
    Cédric Tiberghien, piano

     


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