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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2018

Récital Beethoven de la pianiste Elisabeth Leonskaja à l’Auditorium du Louvre, Paris.

Beethoven sans concessions
© DR

La grande pianiste Elisabeth Leonskaja, en venant jouer à l’Auditorium du Louvre les trois dernières sonates de Beethoven, a donné une leçon de vérité, d’authenticité et de sobriété. Une expérience fondamentale pour l’auditeur confronté à cette personnalité musicale majeure de notre temps, dans l'un des plus hauts sommets du répertoire pianistique.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 24/11/2010
Gérard MANNONI
 



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  • De sa très simple tenue noire à ses saluts presque timides, de son refus de donner tout bis – et que jouer après l’Opus 111 ? – à son étonnement en recevant le traditionnel bouquet de fleurs, Elisabeth Leonskaja semble affirmer sa volonté de s’effacer absolument derrière ce qu’elle joue. Aller à l’essentiel, sans boniments ni fioritures.

    On est ici pour faire de la musique, pas pour se livrer à quelque exhibition personnelle. Et elle peut assumer cette posture peu fréquente chez ses collègues, car elle représente de fait une sorte de somme culturelle alliant une expérience déjà longue depuis l’enseignement reçu notamment de Richter, la force du tempérament russe et l’immersion depuis son installation à Vienne en 1978, dans la tradition autrichienne la plus pure et dure.

    Autant dire que le Beethoven que nous avons entendu ce soir était de nature à toucher autant l’esprit que la sensibilité, à s’écouter avec respect, comme une référence, un moment de vérité, une rencontre d’exception.

    Les trois dernières sonates pour piano, on le sait, constituent déjà un ensemble unique en son genre, une sorte de monument élevé par le compositeur à la gloire de la forme sonate. Il achève d’y expérimenter, d’y développer tout ce qu’il a exploité dans les vingt-neuf sonates précédentes, mettant une sorte de point final à l’évolution de la forme tout en ouvrant les perspectives où s’engouffreront ses successeurs du mouvement romantique et postromantique.

    Il ne s’agit à aucun moment de constructions purement intellectuelles, et cela, l’engagement de Leonskaja, la force de son rapport au clavier, sa maîtrise permanente de la dynamique, son imagination et sa sensibilité le rendent évident. Il y a toujours la part de l’émotion, mais qui passe par l’analyse et le respect absolu de ce que les savants choix de structure de Beethoven impliquent.

    Rien de superflu mais rien d’indifférent, rien d’inutilement séduisant mais rien d’impersonnel non plus. L’Opus 111, en particulier, s’impose avec une ampleur dépouillée, une générosité qui fascinent, passionnent, impressionnent et surtout donnent le sentiment de nous mener au cœur de l’essentiel du message beethovenien.

    Un moment rare qui remet ces œuvres à leur vraie place dans l’histoire du piano et dans celle du compositeur.




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 24/11/2010
    Gérard MANNONI

    Récital Beethoven de la pianiste Elisabeth Leonskaja à l’Auditorium du Louvre, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n° 30 en mi majeur op. 109
    Sonate pour piano n° 31 en lab majeur op. 110
    Sonate pour piano n° 32 en ut mineur op. 111
    Elisabeth Leonskaja, piano

     


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