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CRITIQUES DE CONCERTS 21 septembre 2019

Les Variations Golberg de Johann Sebastian Bach par CĂ©line Frisch Ă  la Sorbonne

Céline Frisch, la petite fiancée du clavecin
© © Eric Sebbag

À 26 ans, elle est sans doute la claveciniste la plus prometteuse de sa génération. En juin dernier, dans l'acoustique idéale que constitue l'Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, elle donnait une version fébrile des variations Goldberg.
 

Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, Paris
Le 15/06/2000
Eric SEBBAG
 



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  • Tout de bois cirĂ©, haut de plafond (il s'agit en fait d'un dĂ´me) l'Amphithéâtre Richelieu donne un volume et une ampleur rare au clavecin Silbermann d'Anthony Sidey ; lequel possède dĂ©jĂ , hors de ce nouvel Ă©crin acoustique, un timbre rutilant.
    Sur son clavier, la qualité de toucher de Céline Frisch prend immédiatement du relief. Mais qu'est-ce au juste que le toucher sur un instrument à la mécanique rudimentaire pratiquement dépourvue de pouvoir dynamique ? La réponse est un subtil équilibre entre le détaché et lié des notes qui se succèdent, quelque chose comme la quantité d'air que l'interprète instille entre chacunes d'elles. Si l'on trace une ligne de démarcation sur les touches noires et blanches, il y a d'un côté Ton Koopman ou Rinaldo Alessandrini qui insufflent beaucoup d'air, à l'opposé on trouve Pierre Hantaï qui pousse parfois la fusion des notes jusqu'à l'ébullition savonneuse. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que les premiers soient aussi organistes et pas le second. Entre les deux, il y a le toucher magistralement équilibré de Gustav Leonhardt et un acrobate comme Andreas Staier qui sait à la fois lier Bach comme du Ligeti (son premier disque des Fantaisies de Bach) ou détacher comme une mécanique d'arme automatique dans Scarlatti. Si Céline Frisch est élève du second, c'est dans la sphère du premier que son propre toucher respire.
    Elle a en revanche audiblement hérité de Staier un solide complexe du côté de la virtuosité. Alors que ce dernier a livré récemment à Paris une version intérieure et retenue des Goldberg, la jeune Céline situe l'oeuvre dans un espace-temps beaucoup plus ramassé. À en croire le sablier électronique, les 30 variations et deux arias se dissipent en 70 minutes reprises incluses alors que la plupart des autres interprètent gravitent autour de 90 minutes. En dépit des tempi constamment rapides et peu différenciés, le plus surprenant est que l'interprète maintient à l'échelle une articulation nette et d'amples phrasés. Seules les variations en ton mineur détonnent franchement.
    On a pu lire ailleurs que Staier brûlait les claviers. Le fait est qu'il avait dû passer peu auparavant enflammer le Silbermann car les touches sont restées si incandescentes que son élève n'a jamais été en mesure d'y laisser reposer ses doigts bien longtemps. Sur sa lancée, Céline Frisch a offert en bis une Garnier de Couperin qu'il faudrait sans doute consigner dans le Guiness pour sa célérité. Mais à n'en pas douter, lorsqu'elle sera à même de briser son complexe Staiérien, c'est dans une autre bible qu'il faudra consigner les talents de Céline Frisch, celle des inoubliables serviteurs de Bach. Elle ne s'écrit qu'avec des notes et des silences.




    Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, Paris
    Le 15/06/2000
    Eric SEBBAG

    Les Variations Golberg de Johann Sebastian Bach par CĂ©line Frisch Ă  la Sorbonne
    Les Variations Golberg de Johann Sebastian Bach
    CĂ©line Frisch (clavecin Anthony Sidey)
    (le même programme sera donné le 22 Juillet à Uzès et le 23 à la Roque d'Anthéron)

     


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