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CRITIQUES DE CONCERTS 16 novembre 2018

Nouvelle production de la Walkyrie de Wagner mise en scène par Guy Cassiers et sous la direction de Daniel Barenboïm à la Scala de Milan.

Une fulgurante Walkyrie
© Brescia & Amisano, Teatro alla Scala

Pour son ouverture de saison, la Scala offre une Walkyrie intense et accomplie, grâce à la direction tendue de Daniel Barenboïm et à un plateau anthologique. Plus encore que la radieuse Brünnhilde de Nina Stemme, Ekatarina Gubanova triomphe avec une Fricka grandiose. Enfin, Guy Cassiers signe un spectacle respectueux mais d’une esthétique originale.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 17/12/2010
Monique BARICHELLA
 



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  • Après l’Opéra Bastille (juin 2010), et avant le Met (mai 2011), la Scala présente le second volet de son nouveau Ring, confié au metteur en scène flamand Guy Cassiers – novice en opéra – et à un des plus prestigieux chefs wagnériens de notre époque, Daniel Barenboïm. Si le Rheingold conceptuel, que nous n’avons pas vu, semble avoir été apprécié malgré une distribution inégale, le plateau réuni par Stéphane Lissner pour Die Walküre est totalement éblouissant.

    La défection tardive du Wotan très attendu de René Pape, qui avait abordé avec succès le dieu wagnérien dans le prologue sur cette même scène en mai et devait chanter sa première Walkyrie, ne remet rien en question. Encore inconnu en France, Vitalij Kowaljow, son remplaçant, a l’immense mérite de se hisser au niveau d’excellence générale, même si le sensationnel trio féminin surpasse la valeureuse équipe masculine.

    Cette jeune basse ukrainienne a été la révélation de la récente Tétralogie de Los Angeles dirigée par James Conlon. La magnifique qualité de sa voix et la noblesse de son chant le situent d’emblée parmi les rares Wotan actuels, tout de suite après Bryn Terfel et très au-dessus de tout ce qu’on a entendu à Bayreuth depuis longtemps.

    Vaillant et musical, Simon O’Neill est un Siegmund irréprochable. Le timbre est séduisant, l’aigu facile, mais son chant est un peu uniforme : on souhaiterait plus de contrastes et des coloris plus diversifiés. Immense Wotan à Bayreuth avec Barenboïm dans le Ring de Kupfer, John Tomlinson, en impressionnante santé vocale, nous gratifie d’un Hunding d’une noblesse et d’une richesse expressive dignes d’un roi Marke. Quel artiste !

    L’autre belle surprise est l’étonnante métamorphose de Waltraud Meier, pendant longtemps si peu convaincante en Sieglinde dont elle faisait, à contre-sens, une séductrice et qui, soudain, trouve sa vérité dramatique. Grâce à Chéreau, sur cette même scène, son Isolde avait déjà trouvé une nouvelle identité et même la plénitude vocale est aussi au rendez-vous. Soutenue par un Barenboïm vigilant, calculant chaque note avec une prudente maestria, elle réussit un sans-faute.

    Plus épanouie qu’en Sieglinde, Nina Stemme est une radieuse Brünnhilde. Certes, la voix et le timbre, essentiellement lyriques, sont idéalement ceux d’une Isolde. On peut préférer des accents plus mordants, plus incisifs pour la Walkyrie, mais les moyens sont ceux du rôle dans l’aigu et l’Annonce de la Mort comme son duo final avec Wotan sont exceptionnels. Quel bonheur après les criardes que l’on subit le plus souvent !

    Pour autant, la sensation de la soirée est d’abord la Fricka époustouflante d’une Ekaterina Gubanova dont on a suivi, petit à petit et de rôle en rôle, l’ascension à l’Opéra de Paris, depuis que Gerard Mortier lui a donné sa première chance. Déjà remarquée pour sa Brangäne avec Gergiev, la mezzo russe – dont on peut prédire un virage vers le répertoire de soprano dramatique comme une Violeta Urmana – s’impose avec aplomb comme une Fricka sans égale, la plus grande depuis Christa Ludwig.

    À la tête d’un orchestre de rêve, Daniel Barenboïm, engagé dès les premiers accords du prélude, réussit exactement ce que Christian Thielemann a raté à Bayreuth : une alternance de force et de violence contrastant avec des nuances incroyables et des tempi d’une extrême lenteur, tout en soutenant en permanence une tension dramatique qui ne faiblit jamais.

    En osmose avec la musique, le spectacle est aussi une fête pour les yeux. Les décors épurés et les éclairages sublimes d’Enrico Bagnoli, des vidéos inventives, toujours en situation, et les costumes évocateurs de Tim Van Steenbergen nous plongent dans une fascinante atmosphère poétique, cosmique et intemporelle qui colle à la magie de l’univers wagnérien.

    Si Guy Cassiers ne nous inflige aucune relecture conceptuelle et s’il respecte le livret, ce n’est jamais dans la banalité mais avec des images souvent étranges mais toujours belles : la forêt de lances scintillantes du II, les chevaux de bronze puis l’explosion des planètes pour l’arrivée de Wotan au III. Cassiers s’efface devant la musique et dans une direction d’acteurs subtile privilégie la tendresse entre les protagonistes : Siegmund et Sieglinde, Siegmund et Brünhilde, Brünnhilde et Sieglinde, Wotan et Brünhilde. Magnifique !




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 17/12/2010
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production de la Walkyrie de Wagner mise en scène par Guy Cassiers et sous la direction de Daniel Barenboïm à la Scala de Milan.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Walküre, Première journée du festival scénique Der Ring des Nibelungen (1870)
    Livret du compositeur

    Coproduction avec le Staatsoper unter den Linden de Berlin

    Orchestra del Teatro alla Scala
    direction : Daniel Barenboïm
    mise en scène : Guy Cassiers
    décors : Guy Cassiers & Enrico Bagnoli
    costumes : Tim van Steenbergen
    éclairages : Enrico Bagnoli
    vidéo : Arjen Klerkx & Kurt D’Haeseleer

    Avec :
    Simon O’Neill (Siegmund), Waltraud Meier (Sieglinde), John Tomlinson (Hunding), Vitalij Kowaliow (Wotan), Nina Stemme (Brünnhilde), Ekaterina Gubanova (Fricka), Danielle Halbwachs (Gerhilde), Carola Höhn (Ortlinde), Ivone Fuchs (Waltraute), Anaik Morel (Schwertleite), Susan Foster (Helmwige), Leann Sandel-Pantaleo (Siegrune), Nicole Piccolomini (Grimgerde), Simone Schröder (Rossweisse).

     



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