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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Nouvelle production des Fiançailles au couvent de Prokofiev dans une mise en scène de Martin Duncan et sous la direction de Tugan Sokhiev à l’Opéra Comique, Paris.

Pétillantes Fiançailles
© Elisabeth Carecchio

Présentées au Capitole de Toulouse fin janvier, les Fiançailles au couvent de Serge Prokofiev, rarissimes à la scène, réjouissent le cœur des Parisiens à la salle Favart. Devant l’éclat et le professionnalisme de telles productions conçues en région, on en redemande, en rêvant qu’elles puissent s’exporter plus qu’il n’est prévu.
 

Opéra Comique - Salle Favart, Paris
Le 01/02/2011
Nicole DUAULT
 



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  • Quel régal, cet opéra bouffe de Prokofiev si rarement monté ! Folie burlesque et invention musicale allant de la mélodie à la dissonance en passant par le jazz et la chansonnette, voilà un chef-d’œuvre. La production toulousaine des Fiançailles au couvent est d’une qualité internationale. Elle est réglée avec une minutie horlogère, autant dans une mise en scène cocasse que dans un savoureux emportement musical.

    Serge Prokofiev, de retour dans son pays à la fin des années 1930 après des pérégrinations occidentales, se passionne pour une pièce de Richard Sheridan (1751-1816), poète et homme politique anglais que lui a fait découvrir celle qui sera plus tard sa femme, Myra Mendelssohn. The Duena (La Duègne) est un succès du théâtre britannique de l’époque. Cette comédie de mœurs, très fantaisiste, va servir de base à cet opéra, moquerie alerte du système capitaliste. Elle permettra également à Prokofiev d’échapper à la censure.

    Sous l’aspect d’une bouffonnerie, l’intrigue est un hymne à l’amour et à la liberté. Pleine de quiproquos, elle évoque les mariages arrangés à Séville. Le bourgeois Don Jérôme donne la main de sa fille Louisa à Mendoza, vieux, riche et fort laid marchand de poissons pas toujours frais.

    Évidemment, elle n’en veut pas et aime un pauvre, le séduisant Antonio. Le frère de Louisa, Ferdinand, est amoureux d’une belle Clara, beaucoup plus riche que lui. Jaloux comme tout espagnol, il craint qu’Antonio se détourne de sa sœur pour courtiser sa Clara. À cela se mêle la nourrice de Luisa et d’Antonio qui décide de tout faire pour épouser le poissonnier Mendoza.

    Si vous n’arrivez pas à suivre ce synopsis, les farces qui se succèdent emmêlent encore plus l’histoire. La mise en scène de l’Anglais Martin Duncan qui fait ses débuts en France est sans aucun temps mort. Avec ses fenêtres qui se baladent dans les airs et ses portes volantes, elle suit la fantaisie du propos avec des astuces, des gags, des farces que les danseurs multiplient.

    L’Orchestre du Capitole que Tugan Sokhiev a enrichi de couleurs intenses et franches s’en donne à cœur joie, avec une énergie étincelante, sans jamais couvrir les voix. La distribution vient des troupes du Mariinski de Saint-Petersbourg où Sokhiev fut jadis l’assistant de Gergiev. C’est un régal.

    Époustouflante de présence et de drôlerie, la nourrice est la mezzo Larissa Diadkova, déjà entendue à l’Opéra de Paris en Azucena du Trouvère de Verdi : elle brûle les planches. Plus impressionnant encore, le ténor anglais Brian Galliford est un Don Jérôme forcément très british, pince-sans-rire et désopilant. Après cette pétillante soirée, un seul regret : que ces Fiançailles ne soient pas données plus longtemps et ne tournent pas dans d’autres opéras. Elles le mériteraient, mais elles coûtent trop cher.




    Opéra Comique - Salle Favart, Paris
    Le 01/02/2011
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production des Fiançailles au couvent de Prokofiev dans une mise en scène de Martin Duncan et sous la direction de Tugan Sokhiev à l’Opéra Comique, Paris.
    Serge Prokofiev (1893-1953)
    Les Fiançailles au couvent, opera buffa en quatre actes (1946)
    Livret du compositeur et Myra Mendelssohn d’après la Duègne de Sheridan

    Chœur et Orchestre du Théâtre du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev
    mise en scène : Martin Duncan
    décors et costumes : Alison Chitty
    éclairages : Paul Pyant

    Avec :
    Brian Galliford (Don Jérôme), Garry Magee (Ferdinand), Anastasia Kalagina (Louisa), Larissa Diadkova (la Duègne), Daniil Shtoda (Antonio), Anna Kiknadze (Clara d’Almanza), Mikhail Kolelishvili (Mendoza), Yuri Vorobiev (Don Carlos), Eduard Tsanga (Père Augustin).

     



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