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CRITIQUES DE CONCERTS 22 avril 2018

Nouvelle production de Carmen de Bizet dans une mise en scène de Carlos Wagner, sous la direction de Claude Schnitzler à l’Opéra de Lorraine.

Une espagnolade goyesque
© Opéra de Lorraine

Comment faut-il représenter l’opéra le plus populaire au monde, Carmen ? Simplement à l’écoute de cette musique si lumineuse, si française serait la réponse. Ce n’est pas le cas à l’Opéra de Lorraine où voici après tant d’autres une nouvelle espagnolade, cette fois dans le style goyesque. Certainement pas la mise en scène la plus aboutie de Carlos Wagner.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 18/02/2011
Nicole DUAULT
 



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  • Carmen est un chef-d’œuvre absolu. Chaque fois qu’on l’écoute, la musique, l’art vocal, la psychologie des personnages et cette passion totale qui irradie chaque mesure ne peuvent qu’enflammer. Comme c’est l’œuvre lyrique la plus célèbre, les directeurs d’opéra n’ont de cesse de la représenter.

    La difficulté commence alors. Pour être original, ne pas tomber dans le folklore pseudo-hispanique, les metteurs en scène se creusent la cervelle et s’emberlificotent, comme à Nancy, dans des relectures hasardeuses et parfois ineptes. Relecture signifie qu’il faut s’abord savoir lire.

    L’idée de se référer à Goya est intéressante, mais ce n’est pas parce qu’on met du noir et un peu de clair obscur partout qu’on fait du Goya ! Belle idée que de voir les enfants jouer avec un pantin qui rappelle la magnifique peinture d’El Pelete, où dans la liesse populaire, les femmes rient de cet homme de paille qui incarne le sexe dominant. Encore faudrait-il poursuivre !

    Belle idée également dans l’acte de la montagne où les contrebandiers font passer dans d’énormes caisses des marchandises prohibées et aussi des hommes. Nous voici chez les clandestins. Mais cela ne va pas plus loin.

    Dès le trio des cartes, Carmen voit sa mort. La suite en découle. Femme libre qui met la liberté au-dessus de tout, elle s’aperçoit que sa passion pour Don José et que plus généralement l’amour aliènent la liberté. Elle est une héroïne moderne, la mère du féminisme de nos contemporaines, d’où la fascination pour son personnage.

    Pour l’heure, elle provoque son amant, le pousse à bout. Escamillo n’est qu’une diversion. Carmen sait que la mort, c’est elle qui se la donnera. Elle va se précipiter, à l’issue d’un rite comparable à la mise à mort du taureau qu’Escamillo combat en même temps, sur la navaja que ce nigaud de Don José dégaine sans y croire.

    Alors que viennent faire les morceaux de barbaque, les demi-bœufs de boucherie qui défilent, certains portés par Don José ? Le metteur en scène veut-il s’opposer à la tauromachie ? C’est son droit mais pas le lieu. Carmen ne fait pas l’éloge de la tauromachie.

    L’opéra de Bizet compare seulement le comble de la passion amoureuse à celle du torero et de sa bête. Quand Don José coiffe la tête du taureau pour se transformer en Minotaure et ainsi tuer Carmen, les deux mythes se mélangent, s’annulent. Qu’est-ce que le Minotaure fait dans cette histoire ? C’est hors-sujet.

    La mise en scène de Carlos Wagner, que l’on avait aimé en d’autres temps notamment dans la zarzuela les Enfants du Capitaine Grant, ou l’opéra le Viol de Lucrèce, est cette fois-ci incertaine.

    L’Orchestre de Lorraine sous la direction du Strabourgeois Claude Schnitzler est efficace et d’une belle clarté en dépit de quelques décalages. La jeune mezzo Isabelle Druet, couronnée l’an passé aux Victoires de la musique, possède une voix bien placée et un charme un peu trop discret mais réel. Rien de sensuel, de provocateur ou d’enflammé dans sa voix et dans sa gestuelle. Que n’a-t-elle regardé le DVD de l’Opéra Comique avec Mme Antonacci brûlant d’ardeur amoureuse ?

    La Micaela de la belle Claudia Galli est encore un peu criarde mais peut-être cela s’arrangera-t-il au fil des représentations. Le Don José de Chad Shelton est vaillant. Il chante dans le fond superbement, mais seule une superstar peut se dépatouiller de ce rôle de bêta. L’Escamillo de Changhan Lim est honorable et les seconds rôles, notamment la Frasquita de Pascale Beaudin et la Mercédès de Sylvia de la Muela, parfaitement convaincants.

    À Nancy, le directeur Laurent Spielman maintient son opéra à un haut niveau même si des productions comme cette introuvable Carmen laissent le spectateur sur sa faim.




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 18/02/2011
    Nicole DUAULT

    Nouvelle production de Carmen de Bizet dans une mise en scène de Carlos Wagner, sous la direction de Claude Schnitzler à l’Opéra de Lorraine.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen, opéra-comique en quatre actes (1875)
    Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy d’après la nouvelle de Prosper Mérimée

    Chœur de l’Opéra national de Lorraine
    Chœur de l’Opéra-Théâtre de Met Métropole
    Orchestre symphonique et lyrique de Nancy
    direction : Claude Schnitzler
    mise en scène : Carlos Wagner
    décors : Rifail Ajdarpasic
    costumes : Patrick Dutertre
    éclairages : Fabrice Kebour

    Avec :
    Isabelle Druet (Carmen), Chad Shelton (Don José), Chang Han Lim (Escamillo), Claudia Galli (Micaëla), Philippe-Nicolas Martin (Moralès), Pascale Beaudin (Frasquita), Sylvia de la Muela (Mecédès), Jean-Vincent Blot (Zuniga), Olilvier Grand (le Dancaïre), Julien Dran (Remendado).

     



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