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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Nouvelle production de Cosi fan tutte au Festival d'Aix-en-Provence, France.

Cosi Fan Tutte Ă  Aix (Pour)

Un opéra de Mozart est presque une figure imposée au Festival d'Aix. L'idée originale cette année consistait à confier la réalisation scénique à un metteur en scène chinois : Chen Shi-Zheng. Son travail a néanmoins été très contesté et à l'image de la controverse, voici les avis partagés de nos collaborateurs Sylvie Bonier et Olivier Bernager.
 

Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
Le 12/07/2000
Olivier BERNAGER
 



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  • Chen Shi-Zheng s'est fait connaĂ®tre en France en montant pour le Festival d'Automne un classique du théâtre chinois, Le pavillon aux pivoines. Ce metteur en scène très douĂ© dĂ©montrait alors qu'il Ă©tait capable d'Ă©pouser les moindres nuances de ses personnages dans une scĂ©nographie sobre et un sens du rythme indĂ©niable. Ces qualitĂ©s se retrouvent dans son travail sur Cosi fan tutte. Il situe les deux actes de l'opĂ©ra dans un marĂ©cage. Le ciel est bouchĂ© par l'arc constituĂ© de la racine d'un palĂ©tuvier gĂ©ant, son centre est une Ă©tendue d'herbes humides cernĂ©es par une eau dormante, deux ponts de bois, un bosquet de bambous et un saule pleureur. Un peu sur l'avant, une table de cafĂ© et deux sièges, seuls objets rappelant que le philosophe Don Alphonso, qui en appelle Ă  la raison pour ordonner le dĂ©sordre amoureux, appartient autant au siècle des Lumières qu'au nĂ´tre. C'est de lĂ  qu'il lancera la machine infernale du dĂ©sir amoureux. D'une grande virtuositĂ©, cette scĂ©nographie enferme les personnages en eux-mĂŞmes par la simple force de l'image qu'elle prĂ©sente. Ici, la passion amoureuse relève d'un mystère aussi grand que le paysage dans lequel elle se joue, que la dĂ©composition des Ă©lĂ©ments naturels, le mĂ©lange de l'eau, de la terre, de la vĂ©gĂ©tation figurent le conflit des pulsions amoureuses. La rapiditĂ© des scènes de Cosi fan tutte se satisfait parfaitement des rĂ©miniscences du théâtre chinois. Ici, l'espace est souvent fragmentĂ© par des paravents mouvants de tissus habilement conduits par des manipulateurs. Les Ă©ventails traditionnels et les postures d'art martiaux, sont jouĂ©s avec humour et distance par les protagonistes. Mais on en reste lĂ  pour les chinoiseries. En effet, le principal moteur de cette mise en scène est la prĂ©cision du jeu des chanteurs. Chen Shi-Zheng a parfaitement compris que l'enjeu de Cosi fan tutte n'Ă©tait pas un marivaudage habile, une fable moralisatrice, mais la quĂŞte de soi de jeunes adultes qui cherchent, par le moyen des jeux de rĂ´les proposĂ©s par le philosophe, comment lutter contre la frĂ©nĂ©sie gĂ©nĂ©sique, comment contourner l'Ă©cueil de la morale chrĂ©tienne, comment passer de la bĂŞte adolescence Ă  l'âge adulte. Il le montre avec brio en dirigeant les chanteurs dans un style qui n'est pas sans rappeler celui de Peter Brook dans le Don Giovanni donnĂ© ici mĂŞme les saisons passĂ©es.


    Mieux que des lambris dix-huitièmes, l'herbe humide de son théâtre accueille les jeux de l'amour et du désir. Les deux soeurs paraissent de la même famille, les deux amants, de vrais amis. Leurs conflits semblent toujours vrais. Cette vraisemblance des personnages pointe sa finesse de directeur d'acteurs. Il sait nourrir le livret de Da Ponte d'une infinité de détails de comportements, de déplacements, de costumes. Il répond par son inventivité à l'exubérance de la réalisation musicale de René Jacobs. Tempi vifs, sonorités ciselées, récitatifs nerveux et inspirés joués au pianoforte par Nicolau de Figueredo. L'unité musicale et scénique de ce spectacle, son intelligence, semblent n'avoir pas été reçus à leur juste mesure tant par le public, quelque peu avare de rappels le soir du 12 juillet, que par une partie de la presse. Mais il faut rendre justice aux spectateurs transis de froid ce soir-là, qui ne ménagèrent dans leurs propos - et avec raison - les commentaires élogieux sur la distribution vocale exemplaire de cette production. Comme le Don Giovanni de Peter Brook, le Cosi fan tutte de Chen Shi-Zheng saura, avec le temps, s'imposer et faire mentir les Cassandre.

    Lire l'avis moins favorable de Sylvie Bonier




    Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
    Le 12/07/2000
    Olivier BERNAGER

    Nouvelle production de Cosi fan tutte au Festival d'Aix-en-Provence, France.
    Cosi fan Tutte de W.A.Mozart.
    Concerto Köln
    Choeur de l'académie européenne de musique.
    Direction musicale : René Jacobs
    Mise en scène : Chen Shi-Zheng.
    Avec Alexandra Deshorties (Fiordilidgi), Liliana Nikiteanu (Dorabella), Graciela Oddone (Despina), Stephan Genz (Guglielmo), Jeremy Ovenden (Ferrando), Pietro Spagnoli (Don Alfonso).

     


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