altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 24 mai 2018

Reprise de Tosca dans la mise en scène de Werner Schroeter, sous la direction de Renato Palumbo à l’Opéra de Paris.

Une Tosca de régime
© Franck Ferville

Distribution très moyenne pour cette reprise de la production Werner Schoreter de Tosca à la Bastille, qui ne présente elle-même qu’un intérêt très moyen et encore bien des maladresses et fausses audaces. Spectacle type pour une salle remplie d’un public de collectivités chics qui parlent plus finance que musique aux entractes.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 27/04/2011
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Retour en vainqueur

  • Le sexe et l’argent

  • Un vrai ténor français

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Même si leurs conversations d’entracte roulent plus sur l’état du CAC 40 que sur le spectacle proposé, tous ces messieurs et dames qui peuplent en pareille occasion – représentation de routine en semaine – les fauteuils d’orchestre de l’Opéra Bastille auraient droit à une vision plus forte à tous égards de la Tosca de Puccini.

    Qu’elle a mal vieilli, cette production que Werner Schroeter signa en 1994, même si l’on a un peu rafraîchi les décors et modifié, pas toujours en bien, la mise en scène ! La Madeleine de la fresque de Cavaradossi ne louche plus comme à l’origine. Tant mieux. C’est une belle icône qui la remplace, mais il reste bien des maladresses, de fausses audaces et surtout un côté vieux théâtre dans tout cela, sans que l’on y trouve une quelconque signification globale. D’autant que le chant ne vient aucunement compenser ces tristes et peu captivantes images.

    La Géorgienne Iano Tamar, belle silhouette, élégante, du charme, actrice qui s’efforce de jouer un personnage crédible, a plutôt une belle voix quand elle ne crie pas. Mais comme n’a pas le médium ni dans l’ensemble les moyens nécessaires au rôle, elle crie souvent. Plus bel-cantiste que vériste sans aucun doute, elle n’a pas l’impact voulu pour lutter avec l’orchestre puccinien massif que le chef Renato Palumbo déchaîne sans beaucoup d’égards pour les solistes. De belles notes à la fin de la prière, mais aussi des aigus un peu bas.

    Si l’on voit dans le programme la liste des cantatrices qui incarnèrent Floria Tosca à l’Opéra de Paris, de la Tebaldi à la Callas en passant par la sublime Régine Crespin, Gwyneth Jones, Arlene Saunders, Kiri Te Kanawa, Hildegard Behrens, Raina Kabaivanska ou même Carol Vaness, on comprendra qu’il faut pour Tosca de vraies grandes pointures. Avec ses qualités, madame Tamar n’est pas à ce niveau.

    Il en va de même pour son partenaire, le ténor uruguayen Carlo Ventre. De la voix, il en a. Il en abuse même, comme lorsqu’il tient indéfiniment l’ultime note du Recondita harmonia, espérant sans doute ainsi que le public retiendra aussi son souffle avant de se déchaîner en applaudissements, mais cela n’ayant aucun sens, il n’y a que le silence absolu à la fin de l’air, pas bien chanté dans son ensemble, phrasé hasardeux, voix instable.

    La voix est mieux utilisée au III, mais toujours de manière assez fruste, peu musicale et l’acteur est gauche, toujours excessif et sans naturel. Aura-t-on aussi l’indélicatesse de citer certains de ses prédécesseurs à Paris dans les différentes productions de l’Opéra ces dernières décennies ? Pourquoi pas, puisque le programme nous facilite la tâche : outre Corelli et Domingo, il y eut aussi Cossutta, Pavarotti, Aragall, Larin…

    Le bilan serait pareil pour Scarpia, mais n’en voulons pas à Franck Ferrari un peu fatigué pour s’imposer dans le Te Deum, mais qui au moins compose un personnage vrai, crédible, assez terrifiant car presque séduisant et s’impose bien au II. C’est donc surtout sur les deux autres héros que porte notre déception, en particulier sur Carlo Ventre, un choix étonnant de la part de Nicolas Joel, grand maître ès ténors.

    Mais on sait qu’il y a des jours où, avec la meilleure volonté, dans le monde lyrique, il faut faire avec ce qui est disponible. Massimo Giordano, Cavaradossi de la première distribution, ne pouvait qu’être meilleur.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 27/04/2011
    Gérard MANNONI

    Reprise de Tosca dans la mise en scène de Werner Schroeter, sous la direction de Renato Palumbo à l’Opéra de Paris.
    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Tosca, melodramma en trois actes (1900)
    Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après la pièce de Victorien Sardou

    Maîtrise des Hauts de Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Chœur et Orchestre et de l’Opéra national de Paris
    direction : Renato Palumbo
    mise en scène : Werner Schroeter
    décors et costumes : Alberte Barsacq
    éclairages : André Diot
    préparation des chœurs : Alessandro Di Stefano

    Avec :
    Iano Tamar (Floria Tosca), Carlo Ventre (Mario Cavaradossi), Franck Ferrari (Scarpia), Carlo Cigni (Cesare Angelotti), Francisco Almanza (Spoletta), Matteo Peirone (Il Sagrestano), Vladimir Kapshuk (Sciarrone), Christian Tréguier (Un Carceriere).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com