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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Réouverture à Paris de la salle Colonne par une série de récitals du pianiste Jean-Philippe Collard autour de la Sonate en si de Liszt.

Collard marathonien

Fin de la très brillante série de concerts donnés autour de la sonate de Liszt par le pianiste Jean-Philippe Collard et quelques amis, dont le clarinettiste Paul Meyer ce soir, pour marquer l’ouverture de la salle Colonne restaurée. Grands interprètes, mais une formule et un lieu qui n’ont pas encore trouvé leur rythme de croisière.
 

Salle Colonne, Paris
Le 09/05/2011
Gérard MANNONI
 



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  • Pour tout autre que Jean-Philippe Collard, pianiste et musicien parmi les plus grands, se lancer le défi de donner quelque vingt-et-un concerts de suite autour de la Sonate de Liszt aurait été un défi perdu d’avance. Mais l’artiste, parvenu à un splendide degré de maturité, a non seulement un jeu somptueux, mais aussi un carnet d’adresses riche en camarades de renom et une cervelle pleine d’imagination. À en juger par la soirée du 9 mai, l’antépénultième, le succès musical est complet.

    Autour de la Sonate en si, Collard a choisi ce soir un ensemble de musiques françaises, Fauré, Ravel, Debussy, univers qui a toujours été le sien et qu’il a contribué à remettre au goût de toute une génération. De fait, que ce soit dans les splendeurs sonores de la Ballade de Fauré, dans les rythmes étranges et l’ironie grinçante de l’Alborada del gracioso de Ravel ou dans les subtilités colorées de Debussy, on est admiratif devant la qualité d’un toucher sensible, tour à tour puissant et arachnéen, devant l’intelligence et aussi l’instinct qui conduisent l’interprète à une vérité indéniable.

    Quant à la Sonate elle-même, c’est la quintessence du grand piano romantique, méditatif, intérieur, puis déployé dans des déferlements d’une amplitude orchestrale. Le son est superbe, la générosité d’expression magnifique, du piano libre, communiquant en profondeur avec nous. Le CD publié récemment par EMI en témoigne d’ailleurs, même si l’écoute en direct reste un moment unique, forcément différent.

    Et puis, pour conclure, petit détour par Schumann, avec rien moins que Paul Meyer pour complice. Un moment de plaisir musical intense, absolu, d’une grande pureté. Reste maintenant à savoir quelles sont les limites de la formule adoptée pour ce type de programme et pour la mise en valeur d’un nouveau lieu comme cette petite salle rénovée.

    Entre chaque morceau, Collard parle, explique, raconte. C’est fort intéressant et utile, sympathique aussi, mais il s’adresse trop souvent au premier rang seul, restant peu audible si l’on est au fond de la salle. Et c’est là qu’un autre écueil apparaît. Pourquoi avoir reconstitué une sorte de rapport frontal traditionnel, rangées de chaises faisant face au piano qui se trouve au même niveau, car il n’y a pas de pente ?

    Au-delà des premiers rangs, on n’aperçoit guère que la tête de l’artiste. Pourquoi n’avoir pas cherché une configuration plus originale, en demi-cercle peut-être, entourant davantage l’instrument et l’interprète ? Sans doute est-ce pour des raisons acoustiques, mais ce serait plus chaleureux et convivial.

    Car la convivialité, souhaitée par l’artiste, est réellement compromise par cette disposition somme toute traditionnelle, d’autant que le lieu est froid, avec ses murs blancs, ses panneaux de bois clair, justement placés pour améliorer l’acoustique. Un lampadaire derrière le clavier ne suffit pas à reconstituer un climat romantique cassant le rapport habituel du récital, même si après le concert, le pianiste se mêle gentiment au public, de manière sympathique, amicale, décontractée.

    Et puis, si l’on veut être tout à fait perfectionniste, une salle de cette nature n’est-elle pas finalement trop petite et sonore pour de grands Steinway de concert contemporain devant trois cents personnes ? Les plus subtiles nuances redeviennent certes audibles comme le voulait Collard, mais les dynamiques extrêmes en puissance ne saturent-elles pas quelque peu ?

    Bref, si la musique la plus belle est au rendez-vous, si le principe de la formule de séries d’une heure et demie sans entracte au programme variable autour d’une œuvre référence reste stimulante et constructive, il y a certainement à réfléchir sur un aménagement plus humain, plus personnel de ce lieu si l’on veut lui redonner une âme… et un public.




    Salle Colonne, Paris
    Le 09/05/2011
    Gérard MANNONI

    Réouverture à Paris de la salle Colonne par une série de récitals du pianiste Jean-Philippe Collard autour de la Sonate en si de Liszt.
    Fauré, Ravel, Debussy, Liszt, Schumann
    Jean-Philippe Collard, piano
    Paul Meyer, clarinette

     


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