altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 16 août 2018

Trois symphonies de Mahler par le Philharmonia Orchestra sous la direction de Lorin Maazel au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Une théâtralité douteuse

Étape d’une tournée européenne du Philharmonia Orchestra avec les symphonies de Mahler dirigées par Lorin Maazel, le TCE accueille cette phalange exceptionnelle l’espace d’une fin de semaine avec les trois symphonies médianes instrumentales. Superbe démonstration d’orchestre, mais des tempi mortels et un goût théâtral assez douteux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 15/05/2011
Olivier BRUNEL
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Bayreuth 2018 (2) : Libellules sous haute tension

  • Bayreuth 2018 (1) : La Nuremberg céleste

  • Aix 2018 (4) : Retour gagnant

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Mahler aura été soigné pour sa commémoration à Paris : deux intégrales (Gergiev avec deux orchestres différents et Gatti avec l’Orchestre national de France) puis ce mini-cycle sur trois concerts avec les symphonies n° 5, 6 et 7 (dites instrumentales car pour un temps, entre 1901 et 1905, Mahler avait renoncé à l’utilisation de la poésie et de la voix dans sa composition symphonique) par cet orchestre exceptionnel qu’est le Philharmonia Orchestra.

    Sa longue histoire, son héritage discographie imposant et sa suprématie sur la scène symphonique londonienne en font une des toutes premières phalanges d’Europe, pas loin derrière le Top 3 de Vienne, Berlin et Amsterdam. Il en a donné la preuve en cette fin de semaine estivale dans un Théâtre des Champs-Élysées modérément rempli pour la Symphonie n° 6 et pour la Septième, mais mieux garni, malgré l’horaire, par un public enthousiaste pour la Cinquième en matinée du dimanche.

    Ce cycle est donné tout à fait intégralement dans les salles de concert du Royaume-Uni depuis plus d’un mois et s’y achèvera en octobre. Marathon idéal semble-t-il pour Lorin Maazel entre sa prise de directorat de l’Orchestre philharmonique de Munich et son propre festival américain de Castleton (Virginie) en juin dont le programme est ce soir largement distribué dans le théâtre.

    À 81 ans, Maazel a toujours belle allure, à peine ralenti dans sa démarche et dirigeant debout pour des durées allant bien au-delà des une heure vingt minutes annoncées pour les trois symphonies. C’est le premier constat de ces soirées, les tempi choisi sont trop lents, ce qui affecte certains mouvements comme l’Allegro energico de la Sixième qui y perd de sa noirceur, la première Nachtmusik de la Septième qui se traîne à l’infini ou encore l’Adagietto de la Cinquième qui devient trop sentimental.

    Maazel a le goût des détails et des effets de loupe sur certains moments des partitions, particulièrement dans les audaces chromatiques et l’ultra-modernisme de la Septième. Le chef américain, qui a souvent admis être venu tard à Mahler et le vivre comme une expérience cosmique, nous délivre une vision très théâtrale de ces trois symphonies qui le sont plutôt moins que les autres dans leur dépouillement de chant et de chœurs.

    C’est, bien sûr, malgré une très belle clarté des plans sonores, au détriment de l’unité des mouvements que l’on souligne tel solo de cor, passage de violoncelles, effet de percussion ou petit mouvement de valse. On est certainement habitué aujourd’hui à des lectures plus objectives, moins décadentes dans la direction des symphonies de Mahler.

    On l’a dit, le Philharmonia est un ensemble superlatif. Chaque soliste est un maître, chaque rang de musicien un ensemble inégalable et l’unité qui règne dans l’ensemble de la phalange absolument parfaite. On ne les prend en défaut à aucun moment de ces trois concerts et en cela il est impossible de les départager du strict point instrumental tant ils incarnent la perfection.

    D’où un immense paradoxe qui est que près de cinq heures durant on admire un orchestre en se demandant si vraiment le chef est toujours suivi dans toutes ses intentions, certainement pour les plus coupables.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 15/05/2011
    Olivier BRUNEL

    Trois symphonies de Mahler par le Philharmonia Orchestra sous la direction de Lorin Maazel au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 6 en la mineur « Tragique »
    Symphonie n° 7 en si mineur « Chant de la nuit »
    Symphonie n° 5 en ut# mineur
    Philharmonia Orchestra
    direction : Lorin Maazel

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com