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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de James Conlon, avec la participation du violoniste Daniel Hope au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Conlon passe par Paris

Beau concert de l’Orchestre national de France dans un programme de musique du vingtième siècle consacré aux amis Benjamin Britten et Dimitri Chostakovitch et sous la baguette de celui qui fut directeur musical de l’Opéra pendant une décennie : un James Conlon impressionnant d’autorité. Forte présence aussi du violoniste Daniel Hope.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 12/05/2011
Gérard MANNONI
 



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  • Plongée dans quelques grandes pages du XXe siècle pour ce concert marquant le passage par Paris de l’ancien directeur musical de l’Opéra. De 1995 à 2004, James Conlon marqua en effet fortement de sa personnalité cette formation, la maintenant à un très haut niveau international.

    Il n’a, depuis, cessé d’accumuler les réussites, notamment à Los Angeles où il a implanté Wagner, avec entre autres une première Tétralogie intégrale. Depuis le début de l’année, il a aussi entrepris un cycle Britten qui s’achèvera en 2013.

    C’est pourquoi, en première partie de ce concert au Théâtre des Champs-Élysées figure le Concerto pour violon que le compositeur britannique écrivit pour le violoniste Antonio Brossa en 1939.

    Marquée à la fois par les souvenirs d’un voyage que Britten fit en Espagne juste avant la guerre civile et par le sombre horizon des événements politiques de 1939, la partition, malgré quelques touches de couleurs hispaniques, est d’une impressionnante intériorité, dans un langage où la musicalité prime sur toute inutile démonstration technique.

    L’excellent violoniste Daniel Hope, sonorité onctueuse, tenue d’archet rigoureuse et fluide, phrasé souple et maîtrise absolue de dynamiques modérées, en est un interprète inspiré, en parfaite entente avec la direction de Conlon et un Orchestre national d’une remarquable intensité contenue.

    Juste avant, et dans la continuité, on avait entendu Unfinished Journey pour violon et orchestre à cordes op. 77 du compositeur et poète franco-libanais Bechara El-Khoury, belle pièce d’une dizaine de minutes d’une écriture subtile, raffinée, sorte d’hommage à Yehudi Menuhin en forme de méditation sur le temps écoulé depuis sa disparition. Un moment attachant de musique pure, s’intégrant parfaitement comme introduction à l’univers tout aussi méditatif du concerto de Britten.

    Et puis, en contraste total au moins quant à l’importance des déploiements orchestraux, Conlon dirige, par cœur, bel exemple de maîtrise technique et de concentration cérébrale, la Cinquième Symphonie de Chostakovitch, compositeur décidément bien présent à l’affiche parisienne cette semaine.

    Très brillante, avec une présence impressionnante des cuivres et de l’harmonie en général, cette symphonie, créée en 1937, est encore un exemple de ces contorsions artistiques engendrées par la stupidité affolante des dirigeants soviétiques de l’époque en quête d’une musique collant à leur doctrine.

    Présentée comme une tentative pour écrire une musique proche du peuple et plus conforme à l’idéal de dirigeants ignares et incultes que Lady Macbeth qui avait scandalisé Staline, la partition est en fait tout aussi moderne et non conformiste sous une fausse apparence de sagesse.

    C’est une somptueuse page orchestrale passionnée, aux mille couleurs, aux grands élans, mettant en valeur l’engagement de quasiment tous les pupitres, malgré une prédominance des vents. L’ultime mouvement est-il une trop clinquante fête sonore ?

    Certainement pas sous la baguette de Conlon qui sait y mettre en relief ce qu’il y a de plus original et de plus novateur dans la répartition et l’utilisation contrastée des timbres, avec une formation aussi brillante que l’est ce soir l’Orchestre national, montrant ici sa malléabilité après le climat tout autre de Britten.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 12/05/2011
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de James Conlon, avec la participation du violoniste Daniel Hope au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Bechara El-Khoury (*1957)
    Unfinished Journey pour violon et orchestre à cordes op. 77
    Benjamin Britten (1913-1976)
    Concerto pour violon et orchestre op. 15
    Daniel Hope, violon
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47
    Orchestre national de France
    direction : James Conlon

     


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