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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Intégrale des Années de pèlerinage de Liszt par Bertrand Chamayou au Festival de l’Épau 2011.

Superbe voyage lisztien

En trois magnifiques récitals donnés dans le cadre du Festival de l’Épau, Bertrand Chamayou a joué de façon magistrale l’intégrale des Années de Pèlerinage. Un moment majeur de l’année Liszt partagé entre le Théâtre Scarron et la Collégiale St-Pierre-la-Cour du Mans, confirmant l’immense talent du jeune pianiste français.
 

Théâtre Scarron, Le Mans
Le 28/05/2011
Gérard MANNONI
 



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  • S’il fut Révélation de l’année des Victoires de la musique en 2006, Bertrand Chamayou est incontestablement parvenu depuis au stade de valeur de premier plan du piano international. Ses disques et ses concerts avaient déjà prouvé un éclectisme lui permettant de passer avec autant d’éclat de Bach à Boulez, de Liszt à Messiaen ou à César Franck et Mendelssohn par exemple. Une vraie nature dévoreuse de musique, de toute époque, mais sans rien de boulimique, avec des choix intelligents, bien ciblés, certes contrastés, mais toujours profondément travaillés et assumés.

    En trois concerts d’une cinquantaine de minutes chacun, en milieu de journée, il vient donc de proposer au brillant Festival de l’Épau une lecture vraiment enthousiasmante des Années de pèlerinage qu’il va d’ailleurs jouer un peu partout dans le monde cette année. Si l’on connaît et si l’on joue toujours à peu près les mêmes extraits de ces cahiers lisztiens, Au bord d’une source, les trois Sonnets de Pétrarque, Après une lecture de Dante, les Jeux d’eau de la Villa d’Este notamment, bien d’autres pages sont infiniment moins célèbres mais non moins belles et émouvantes.

    Tout ici est bâti sur des contrastes. On passe de descriptions picturales à des impressions totalement subjectives, furtives, émotionnelles, puis à de grands déploiements d’états d’âme d’un romantisme extrême, pour revenir, dans la troisième année, à des pièces d’une densité spirituelle vraiment forte.

    S’il faut bien sûr une technique d’enfer pour s’approprier tout cela, on a aussi besoin d’une sensibilité hors du commun, d’un sens musical des plus aigus, d’un goût sans faille et d’une capacité de réflexion allant au-delà de la simple sensibilité musicale, un peu comme pour jouer Schumann.

    C’est toute l’âme de l’errance romantique, proche aussi du Wanderer de Schubert, qui anime ces pages produites par une inspiration aussi variée, et il convient de ne négliger aucun de leurs caractères, qu’ils soient plus intellectuels ou plus simplement descriptifs, ou très souvent tout à la fois.

    Avec un son magnifique, résultat d’un rapport très rigoureux au clavier, sans le moindre geste inutile, tout dans l’efficacité et la simplicité, rien pour la galerie, Chamayou nous emmène au plus profond de cet univers complexe où se croisent presque tous les élans de la pensée du XIXe siècle. Tout est exprimé avec finesse, sans rien d’autre que la vérité de la pensée musicale de chaque œuvre, avec une palette sonore exceptionnelle, une variété de toucher et une exigence d’analyse dont la rigueur suscite l’admiration.

    Mais plus que tout, on est très vite emporté la beauté intrinsèque de cette écriture pianistique qui, lorsqu’elle est restituée avec pareil talent, permet à l’instrument de communiquer des émotions d’une force irrésistible. On se rappellera longtemps en particulier les derniers morceaux de la Troisième année, cette incroyable Marche funèbre et le Sursum corda d’une intensité et d’une profondeur sonore magistrales.

    Le piano aura été à l’honneur sous d’autres formes encore au cours de ce dynamique festival, mais nul doute que cet hommage à Liszt de Bertrand Chamayou marquera l’histoire de la manifestation. Le pianiste se produira beaucoup en France dans les mois qui viennent dans les grands festivals, et pas seulement à Pékin ou à New York, et on pourra aussi le retrouver à Paris à la rentrée avec l’Orchestre de Paris dirigé par Pierre Boulez et en récital au Théâtre des Champs-Élysées. Incontournable !




    Théâtre Scarron, Le Mans
    Le 28/05/2011
    Gérard MANNONI

    Intégrale des Années de pèlerinage de Liszt par Bertrand Chamayou au Festival de l’Épau 2011.
    Franz Liszt (1811-1886)
    Années de pèlerinage
    Bertrand Chamayou, piano

     


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