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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2020

Création de Fazil Say au Festival de Monptellier, France.

Fazil Say exagère sur l'harissa
© Eric Sebbag

Très médiatisé, fortement controversé, le jeune pianiste turc qui ne recule devant aucune expérience vient de s'essayer au jazz fusion orientaliste au Festival de Montpellier. Il a trouvé en notre collaborateur Olivier Bernager un défenseur de l'esprit, sinon de la lettre.
 

Opéra, Montpellier
Le 17/07/2000
Olivier BERNAGER
 



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  • Fazil Say laisse derrière lui une traîne sulfureuse. Exceptionnellement doué, d'une invention de chaque instant et d'une technique pianistique originale, il secoue le monde musical depuis ces cinq dernières années par un jeu déjanté, rythmique, volontiers outrancier, et d'une liberté roborative. Ses disques Mozart et Bach n'ont pas manqué de dessiner une grimace dégoût sur le visage des mélomanes que l'harissa sur le couscous répugne. Pour les autres, sa salutaire inventivité rappelle les foucades pleines de sens des pianistes compositeurs du siècle dernier. Pourquoi s'extasier aujourd'hui sur les Liszt ou les Busoni, qui à leur manière - et avec la bénédiction posthume de l'Histoire -, ont mis des moustaches à Jean-Sébastien Bach, et transformer en tête de turc un jeune pianiste qui s'offre le simple luxe de lire à sa manière le sacro-saint texte des sonates de Mozart ou des Toccatas de Bach ?
    Montpellier l'aime bien. Il y a débuté. Le 17 juillet dernier, il faisait quasiment salle comble avec près de 1 800 sièges occupés. Accueil triomphal. Avec trois compatriotes, l'excellent joueur de ney Kudsi Erguner, le bassiste Volkan Orthon et le batteur Emrah Kotan, il donnait un concert dans le genre fusion où il semblait vouloir renouer avec son origine turque et à la fois donner libre cours à sa veine jazzistique. Attention danger ! Ce n'est pas parce qu'on swingue dans Mozart qu'on peut jouer sans dommages Duke Ellington.
    En soi, l'idée n'est pas mauvaise et les artistes ne sont pas gauches, loin de là, mais il y a des réalités acoustiques que les plus grands talents ne peuvent contourner. Exemple. L'échelle musicale du ney, une flûte de roseau primitive, est incompatible avec le " tempérament égal " du piano. Résultat : le mélange des deux ne fonctionne vraiment que lorsque Say détimbre, la main sur les cordes, les notes qu'il joue au clavier. Ces réserves mises à part, le côté jazz pouvant s'améliorer et la fusion tradition modernité pouvant s'affiner avec le temps, ces excellents musiciens ont tenu en haleine un public qui, pour avoir suivi Fazil Say dans ses débuts, semblait se faire un devoir de l'encourager dans sa trajectoire originale. Prochaine étape, une transcription de son cru du Sacre du Printemps de Stravinski pour piano seul. À suivre.

    Lire aussi la critique de la précédente prestation de Fazil Say par Gérard Mannoni




    Opéra, Montpellier
    Le 17/07/2000
    Olivier BERNAGER

    Création de Fazil Say au Festival de Monptellier, France.
    Compositions de Fazil Say
    Fazil Say, piano
    Kudsi Erguner, ney
    Volkan Orthon, conterbasse
    Emrah Kotan, batterie, percussions
    Fazil Say se produira également en solo le 22 juillet à Sceaux en Ile-de-France, le 24 à Nohant dans l'Indre, à nouveau le 29 à Montpellier et le 31 août à la Côte St-André dans l'Isère.
    Fazil Say possède son propre site : http://www.fazilsay.com/

     


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