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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Récital Schubert de la pianiste Elisabeth Leonskaja à l’Opéra de Paris.

Une passion schubertienne
© DR

Dans la série Convergences à l’Amphithéâtre de l’Opéra-Bastille, dont la passionnante programmation autour des spectacles lyriques est concoctée avec énormément de soin par Christophe Ghristi, on pouvait entendre un récital entièrement consacré à Schubert par la grande pianiste russe Elisabeth Leonskaja. Un véritable miracle de passion et de simplicité.
 

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
Le 01/06/2011
Olivier BRUNEL
 



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  • On avait gardé un souvenir magique du dernier concert de l’intégrale des Sonates de Schubert qu’Elisabeth Leonskaja avait donnée l’été dernier à Verbier. La grandeur du lieu, plus les bruits perturbants d’une pyrotechnie qui s’était déclenchée à minuit à l’occasion de la fête nationale suisse alors qu’elle entamait – en bis ! – la Wandererfantaisie ajoutait un plus de taille à ce concert inoubliable.

    Dans les conditions plus citadines du concert Convergences consacré à Schubert Autour du Ring à l’Amphithéâtre de la Bastille, que l’on avait craint être moins plein un soir de grand départ comme la veille de l’Ascension, on peut dire que le miracle s’est renouvelé. Les feux restaient localisés au clavier pour deux bonnes heures de musique pure, toute en simplicité et, si l’on ose écrire, sans artifices.

    La convergence de Schubert vers Wagner, c’est au niveau du chant et du drame qu’il faut la chercher. C’est ce qu’Elisabeth Leonskaja prouve avec ce programme extrêmement bien pensé et équilibré. L’Allegretto en ut mineur met dans le ton et dès les premières mesures de ce feuillet d’album, on sait que l’on a à faire à une très grande interprète.

    La pleine sonorité, avec une projection unique à ces musiciens issus de l’École soviétique de piano, la majesté des tempi, les couleurs si variées, pas toujours dans le ton crépusculaire compassionnel, ni dans le pathos que l’on inflige volontiers à Schubert, tout est là dès cette entrée en matière.

    Suit la Sonate en la majeur dont la fraîcheur juvénile est restituée avec la plus grande simplicité. Aucun effet ne vient distordre la phrase ou essayer de lui faire dire des sous-entendus ; aucun rythme détourné de son propre usage. Schubert en toute splendeur et simplicité.

    La Wandererfantaisie est un long voyage pour lequel Elisabeth Leonskaja embarque son auditoire avec panache, se jouant de toutes ces embûches, en faisant oublier la terrible virtuosité, créant les climats les plus extrêmes.

    Restait après un entracte à faire entrer son auditoire conquis dans le monument qu’est la Sonate en la majeur D 959, un des chefs-d’œuvre de la dernière année de la vie du compositeur qui mène du plus grand tourment à la sérénité extrême de son Allegretto final.

    Même concentration d’un bout à l’autre de la sonate, public captivé et prêt à la suivre les yeux fermés. Deux Impromptus chantés du fond du cœur, et la pianiste rend son public à la nuit. À l’automne, l’Amphithéâtre nous la rendra, cette fois avec le Quatuor Aron. Rendez-vous pris pour le 11 octobre !




    Amphithéâtre de l'Opéra Bastille, Paris
    Le 01/06/2011
    Olivier BRUNEL

    Récital Schubert de la pianiste Elisabeth Leonskaja à l’Opéra de Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Allegretto en ut mineur D 915
    Sonate en la majeur D 664
    Wandererfantasie en ut majeur D 760
    Sonate en la majeur D 959
    Elisabeth Leonskaja, piano

     


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