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CRITIQUES DE CONCERTS 21 novembre 2018

Ouverture du festival de Saint-Denis 2011 par le Poème Harmonique sous la direction de Vincent Dumestre.

Saint-Denis 2011 :
Rendez-vous avec l’Histoire

© Per Buhre

Louis XIV deux fois sublimé par deux œuvres, deux Te Deum, celui de Charpentier et celui de Lully qui lui ont été consacrés : c’était l’ouverture en majesté du Festival de Saint-Denis, dans la basilique-nécropole des rois de France. Plus que jamais, la manifestation qui scelle l’approche de l’issue de la saison des théâtres, mêle la musique à l’Histoire.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 07/06/2011
Nicole DUAULT
 



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  • Quoi de plus près de la vie des Rois de France qu’un Te Deum, motet à la gloire du Seigneur, qui reflète et dépeint la personnalité du souverain ? Lorsqu’il s’agit de Louis XIV, le faste, la pompe et la solennité sont de mise pour magnifier et glorifier son règne.

    Le Te Deum de Charpentier, fut composé vers 1692 pour la victoire française de Steinkerque sur la Ligue d’Augsbourg. Martial et triomphaliste, il donne également une impression de légèreté par la texture musicale d’une remarquable finesse. Il est aussi l’une des œuvres les plus entendues par le grand public. Elle retentit lors des mariages princiers et des matches de foot et de rugby. Sa fanfare en rondeau sert en effet, depuis plus de quarante ans, d’hymne à l’Eurovision et de générique au Tournoi des VI Nations.

    Le Te Deum de Lully est moins connu aujourd’hui. Il a illustré de nombreuses scènes du Roi danse de Gérard Corbiau. Il fut écrit pour le baptême d’un fils du compositeur dont Louis XIV était le parrain. Le roi trouva ce Te Deum si beau qu’il voulut le réentendre et le choisit pour les noces de sa nièce avec Charles II d’Espagne. L’œuvre était d’ailleurs considérée alors comme l’expression la plus magnifique et la plus aboutie de la musique officielle.

    Archétype du grand motet versaillais, son histoire est plutôt dramatique. Dirigeant cette œuvre, une nouvelle fois en 1687 pour fêter la guérison du roi, Lully se blessait au pied avec la canne qui lui servait à battre la mesure. Quelques mois plus tard, il était emporté par la gangrène. Aujourd’hui encore, la partition foisonnante de sonorités frissonnantes et impétueuses, se révèle d’une richesse inouïe.

    Baroqueux accompli et couvert de lauriers depuis 1998, le chef Vincent Dumestre est certes musicien et musicologue, mais il associe ses fonctions à la production de spectacles originaux où texte, mise en scène, danse et musique sont intimement imbriqués. Après avoir reconstitué un Bourgeois Gentilhomme inoubliable, et récemment Cadmus et Hermione qui a triomphé à l’Opéra Comique, il retrouve son Lully et y ajoute Charpentier.

    C’est une nouvelle réussite. Avec sa formation Le Poème harmonique sur instruments anciens, ajoutée à la trentaine de chanteurs des Cris de Paris, il fait sonner tambours, voix, vents et trompettes à la gloire du Roi Soleil. Sa direction est précise et même méticuleuse. Curieusement son ensemble s’insère mieux que d’autres formations dans l’acoustique difficile de l’abbatiale des rois de France.

    Ce chef-d’œuvre de pierre et d’espace aurait-il été conçu pour ce type d’orchestre ? Parmi les solistes, la ravissante soprano Amel Brahim-Djelloul, à la voix frêle mais bien timbrée et musicalement sans faille, frémit de charme. À ses côtés, une baroqueuse d’élection, Claire Lefilliâtre, le haute-contre Jean-François Lombard et le ténor Mathias Vidal.

    Cette ouverture en trompette prélude à un festival singulier et d’une richesse inouïe. À ne pas manquer lors des prochains rendez-vous, la Rapsody in blue de Gershwin dirigée par l’époustouflant Kristijan Jarvi (le plus jeune de la tribu) et le War Requiem de Britten avec l’Orchestre national de France sous la direction de Semyon Bychchov.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 07/06/2011
    Nicole DUAULT

    Ouverture du festival de Saint-Denis 2011 par le Poème Harmonique sous la direction de Vincent Dumestre.
    Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
    Te Deum
    Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
    Te Deum
    Amel Brahim-Djelloul, soprano
    Claire Lefilliâtre, soprano
    Jean-François Lombard, haute-contre
    Mathias Vidal, ténor
    Geoffroy Buffière, basse
    Les Cris de Paris
    préparation : Geoffroy Jourdain
    Le Poème harmonique
    direction : Vincent Dumestre

     


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