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CRITIQUES DE CONCERTS 15 août 2018

Première à l’Opéra de Wallonie de la Salomé de Strauss mise en scène par Marguerite Borie, sous la direction de Paolo Arrivabeni.

Une Salomé belcantiste
© Jacky Croisier

C’est sous le chapiteau du Palais Opéra qui accueille la saison lyrique pendant les travaux de rénovation de l’Opéra de Liège que June Anderson aborde, dans un contexte particulièrement difficile et une mise en scène taillée sur mesure, le rôle-titre de Salomé. Un défi que la diva américaine surmonte avec honneur, sans convaincre totalement.
 

Palais Opéra, Liège
Le 15/06/2011
Monique BARICHELLA
 



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  • Après Madame Lidoine dans les Dialogues des Carmélites pour l’ouverture de saison de l’Opéra de Nice – un spectacle que le Syndicat de la critique musicale vient de récompenser – et avant Pat Nixon dans Nixon in China de John Adams qu’elle abordera au Châtelet en avril 2012, June Anderson a choisi l’Opéra royal de Wallonie pour sa première Salomé.

    La cantatrice s’était déjà aventurée dans l’univers straussien avec Daphné, un beau succès à la Fenice de Venise en 2005 : c’est dans ce lieu relativement intime qu’elle avait envisagé Salomé, dans des conditions idéales pour elle, un projet malheureusement abandonné.

    Par une étrange coïncidence, l’élégant chapiteau qui permet à l’Opéra de Liège d’assurer sa continuité pendant la réfection totale (trois ans de travaux, réouverture prévue pour la saison 2012-2013) de sa salle historique, est celui même qui abrita La Fenice pendant la reconstruction à l’identique du théâtre détruit par un incendie.

    Pour autant, l’acoustique de ce lieu convivial accueillant plus de mille spectateurs n’est pas comparable à celle d’une véritable salle d’opéra. Le problème majeur, surtout pour un ouvrage comme Salomé, étant qu’il n’y a pas de fosse d’orchestre et que les voix doivent surmonter un effectif particulièrement lourd.

    Certes, l’excellent Paolo Arrivabeni, à la tête d’un Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie exemplaire, a choisi l’orchestration allégée par Strauss pour les théâtres ne pouvant disposer des cent quinze instrumentistes de l’original, mais ici, la barrière sonore des quelque quatre vingt musiciens est encore trop difficile à franchir.

    D’autant que la rarissime version française proposée est résolument debussyste : elle peut donc s’accommoder de sonorités plus légères convenant à une interprète aux moyens lyriques. On sait que le rôle-titre ne réclame pas forcément une voix wagnérienne. De Mary Garden à Montserrat Caballé, de nombreuses Salomé à la voix plus claire se sont imposées.

    Quant à la version en français, rappelons qu’elle a été élaborée par le compositeur sur le texte de l’original français d’Oscar Wilde, avec le concours de Romain Rolland afin que la musique épouse la prosodie de notre langue.

    Malheureusement, seul le Iokanaan atypique mais efficace de Vincent Le Texier articule et projette les mots de manière totalement compréhensible. Passons charitablement sur les hurlements de Mara Zampieri qui fut une grande Lady Macbeth, mais on ne comprend guère la plupart des protagonistes, surtout quand ils sont en fond de scène où les voix se perdent souvent.

    C’est donc dans un contexte particulièrement éprouvant que June Anderson se mesure bravement à une vocalité bien différente du répertoire belcantiste qui a fait sa gloire. Le résultat est irrégulier selon l’endroit où elle se trouve et les différentes exigences de la partition, avec des instants magnifiques de pur lyrisme et d’autres où elle est handicapée (médium et bas-médium) par la tessiture du rôle.

    En revanche, l’aigu ne lui posant pas de problèmes, après une Danse des sept voiles étonnante, elle offre une belle scène finale, d’une émotion intense. On aurait seulement souhaité que le chef soit aussi attentif à l’aider toute la soirée qu’il l’est ici.

    Avec intelligence, Marguerite Borie a adapté sa mise en scène, coproduction avec l’Opéra de Monte-Carlo où elle a été créée en février dernier, à la personnalité de son interprète : pas de nu intégral cette fois. Cependant, la silhouette et les mouvements rendent le personnage toujours crédible. Avec sa lune symbolique dont le reflet définit la citerne, et l’immense tunique rouge de Iokanaan utilisée de manière virtuose tout au long du drame, le spectacle est à la fois esthétique et cohérent.

    On attend maintenant avec intérêt la première Manon de la June en ce même lieu en juin 2012.




    Palais Opéra, Liège
    Le 15/06/2011
    Monique BARICHELLA

    Première à l’Opéra de Wallonie de la Salomé de Strauss mise en scène par Marguerite Borie, sous la direction de Paolo Arrivabeni.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Salomé, drame en un acte (1905)
    Livret tiré du poème d’Oscar Wilde
    Version française du compositeur

    Coproduction Opéra Royal de Wallonie – Opéra de Monte-Carlo – Volksoper de Vienne

    Orchestre de l’Opéra royal de Wallonie
    direction : Paolo Arrivabeni
    mise en scène: Marguerite Borie
    décors et éclairages : Laurent Castaingt
    costumes : Pieter Coene
    chorégraphie : Darren Ross

    Avec :
    June Anderson (Salomé), Vincent Le Texier (Jochanaan), Donald Kaasch (Hérode), Mara Zampieri (Hérodiade), Jean-Noël Briend (Narraboth), Julie Bailly (Le page d'Hérodiade / l'Esclave), Juri Gorodezki (Premier Juif), Xavier Petithan (Deuxième Juif), Patrick Mignon (Troisième Juif), Giovanni Iovino (Quatrième Juif), Pierre Gathier (Cinquième Juif), Gabriele Nani (Premier Nazaréen), Stefano de Rosa (Deuxième Nazaréen), Marc Tissons (Premier Soldat), Alexei Gorbatchev (Deuxième Soldat), Pierre Nypels (Un Cappadocien).

     



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