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CRITIQUES DE CONCERTS 19 mars 2019

Nouvelle production du Cid de Massenet dans une mise en scène de Charles Roubaud et sous la direction musicale de Jacques Lacombe à l’Opéra de Marseille.

Du cœur et du panache
© Christian Dresse

Fastueuse fin de saison pour l’opéra français : au moment où la Monnaie de Bruxelles ressuscite les Huguenots de Meyerbeer et où Strasbourg présente une nouvelle production d’Hamlet de Thomas, Le Cid de Massenet, disparu des scènes de l’Hexagone depuis trop longtemps, triomphe à l’Opéra de Marseille grâce à Roberto Alagna.
 

Opéra, Marseille
Le 23/06/2011
Monique BARICHELLA
 



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  • L’œuvre de Massenet ne se limite pas aux seuls Werther et Manon, régulièrement affichés partout, voire aux plus rares Thaïs et Cendrillon. Totalement injustifiée, la disparition de certains titres comme Hérodiade et plus encore le Cid ne s’explique que par la difficulté de trouver des pointures vocales adaptées aux exigences de la partition.

    En ce qui concerne le Cid, durant le dernier demi-siècle, seuls Plácido Domingo et Chris Merritt ont pris le risque de s’y attaquer : le ténor américain au Festival Massenet de Saint-Étienne en 1994 et l’Espagnol dès 1976 (Carnegie Hall) et 1981 (Châtelet) mais en concert.

    Pendant des années, ce dernier tentera, en vain, de convaincre les grandes scènes internationales où il se produit régulièrement de monter l’ouvrage pour lui. Il n’y parviendra que tardivement, grâce à une coproduction entre les Opéras de Séville (1998) et Washington (1999), dont il est alors le directeur artistique.

    À l’initiative de l’Opéra de Marseille, les débuts de Roberto Alagna dans la force de l’âge et au sommet de ses moyens pour surmonter un rôle aussi héroïque sont un événement majeur. D’autant que de Roméo à Faust et Don José, il n’a guère de rival dans notre répertoire : style, phrasé, articulation parfaite, personne ne peut l’égaler.

    Non seulement Alagna restitue au chant français toute sa noblesse mais il rend chaque mot intelligible, un vrai bonheur quand le livret reprend (trop peu souvent mais parfois) quelques-uns des célèbres vers de Corneille.

    On ne peut, malheureusement en dire autant de la plupart de ses partenaires, à l’exception du Don Gomès de Jean-Marie Frémeau et du Roi Alphonse VI luxueux de Franco Pomponi, qui a accepté de remplacer au dernier moment Alain Vernhes souffrant.

    Belle, fière, intense et vibrante – sous tous rapports –, la Chimène de Béatrice Uria Monzon a trop de problèmes avec la tessiture très tendue d’un rôle qui exige des moyens de soprano véritable, pour se soucier du texte. Chimène n’est pas Carmen : la voix est souvent instable.

    Pourtant, le couple est idéalement assorti, dramatiquement du moins, il fonctionne aussi bien que dans le chef-d’œuvre de Bizet qui les a réunis avec bonheur – entre autres – aux Chorégies d’Orange.

    Le problème majeur du casting est cependant le Don Diègue vocalement et stylistiquement impossible de Francesco Ellero-d’Artegna. Une erreur de distribution d’autant plus fâcheuse qu’il est physiquement nettement plus jeune que Don Gormas, ce qui démolit toute vraisemblance dans le conflit des deux pères.

    Sans excès de nuances, la direction à l’emporte-pièce de Jacques Lacombe privilégie l’éclat et la fougue, négligeant la délicatesse mélodique de Massenet. L’orchestre est sonore, parfois tonitruant mais affiche de belles couleurs et les chœurs sont valeureux.

    Moyennant de nombreuses coupures, afin de resserrer l’action sur l’essentiel de l’intrigue et les plus belles pages de Massenet, la version proposée est très efficace, comme la mise en scène sobre et lisible de Charles Roubaud. Même si, cette fois, il sacrifie à la mode des transpositions historiques en situant l’action à l’époque de l’Espagne franquiste, il évite le piège et les facilités de toute politisation hors de propos.

    Les uniformes ne marquent que la rigidité militaire et ecclésiastique du pays à travers les époques jusqu’à un passé récent et les fastueux costumes de Katia Duflot – comme les imposants décors d’Emmanuelle Favre – sont d’abord ceux d’une Espagne intemporelle rigoureuse et farouche.

    Espérons que ce premier Rodrigue franc, ardent, vaillant, généreux et irrésistible de notre ténor national soit suivi de beaucoup d’autres Cid sur les scènes internationales.




    Opéra, Marseille
    Le 23/06/2011
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production du Cid de Massenet dans une mise en scène de Charles Roubaud et sous la direction musicale de Jacques Lacombe à l’Opéra de Marseille.
    Jules Massenet (1842-1912)
    Le Cid, opéra en quatre actes (1885)
    Livret d’Adolphe Ennery, Louis Gallet, Édouard Blau d’après la pièce de Corneille

    Chœur et Orchestre de l’Opéra de Marseille
    direction : Jacques Lacombe
    mise en scène : Charles Roubaud
    décors : Emmanuelle Favre
    costumes : Katia Duflot
    éclairages : Jacques Rouveyrollis

    Avec :
    Roberto Alagna (Rodrigue), Béatrice Uria-Monzon (Chimène), Doña Urraque (Kimy Mc Laren), Francesco Ellero d’Artegna (Don Diègue), Franco Pomponi (le Roi Alphonse VI), Jean-Marie Frémeau (Don Gomès), Paul Rosner (Don Arias), Bernard Imbert (Saint Jacques de Compostelle), Frédéric Leroy (Don Alonso).

     



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