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CRITIQUES DE CONCERTS 20 avril 2019

Nouvelle production de la Clémence de Titus de Mozart dans une mise en scène de David McVicar et sous la direction de Sir Colin Davis au festival d’Aix-en-Provence 2011.

Aix 2011 (1) :
Ô vénérable Titus

© Pascal Victor/ ArtcomArt

Sans bousculer la tradition, Sir Colin Davis et David McVicar ont signé au Covent Garden de Londres une Flûte enchantée enthousiasmante de maîtrise musicale et théâtrale. Réunis au Théâtre de l’Archevêché, ils figent la Clémence de Titus dans un marbre empire, que lézarde sporadiquement Gregory Kunde, empereur à l’éloquence grisonnante.
 

Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
Le 10/07/2011
Mehdi MAHDAVI
 



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  • La veille, au Festival de Beaune, Jérémie Rhorer revenait sur les lieux de sa révélation avec le Cercle de l’Harmonie et renouvelait dans Idoménée le miracle du 8 juillet 2006, avec cette intensité dramatique et musicale foudroyante que la mise en scène de Stéphane Braunschweig et la distance imposée par la fosse avait atténué au Théâtre des Champs-Élysées. On ne s’attendait certes pas à ce que Sir Colin Davis, 83 ans ans, adopte la manière du jeune prodige français, mais de là à figer la Clémence de Titus dans le marbre qu’il avait été le premier à briser voici près de quarante ans…

    Retour donc à une tradition d’interprétation à laquelle le Festival d’Aix-en-Provence semblait avoir définitivement tourné le dos – le Così preste de Christophe Rousset, le Don Giovanni d’une totale liberté de Louis Langrée, avant que Jérémie Rhorer n’affole les Noces de Figaro lors de la prochaine édition. Pas un mouvement qui ne dépasse l’autre, ni un accent qui ne trouble les phrasés grand-teint du London Symphony Orchestra : ainsi va Titus, sûrement, et surtout lentement. Comment voulez-vous dès lors que le Capitole prenne feu, et que ces figures classiques, pour ne pas dire antiques, s’animent ?

    D’autant qu’à force d’étirer la phrase, l’émission des chanteurs perd en tonicité, en chaleur, en présence, et les vibratos se relâchent. Le Sextus de Sarah Connolly, artiste caméléon trop méconnue en France, et qui porte le travesti à s’y méprendre, serait ailleurs parfait, tant la musicienne est accomplie et convaincue. Le timbre cependant se décharne, la vocalise freine ses élans, et la pusillanimité guette. Anna Stephany, Annius moins androgyne peut-être, mais fringant, pulpeux, en aurait presque plus de relief, tandis qu’Amel Brahim-Djelloul pourrait apporter à Servilia un zest de fraîcheur si son soprano chatoyait de charmes moins discrets.

    Pour parvenir à joindre les deux bouts de Vitellia, dont le grand écart en a laissé plus d’une à bout de ressource, Carmen Giannattasio pousse, tire, enfle une assez bonne voix de soprano lyrique. Et pour être coloré – privilège des natifs –, son italien n’en exprime pas moins fureurs et tremblements sans distinction.

    En Titus, Gregory Kunde a de la carrure, de l’envergure, bien que le poids de l’instrument, sa maturité le destinent davantage à Idoménée, qu’il incarnait magistralement à la Monnaie la saison passée. Car ce timbre élargi, ces aigus héroïques parent le dilemme de l’empereur d’une virilité qui souvent lui fait défaut. Revers de la médaille, ce chant souvent grisonnant manque parfois de souplesse, de tenue, de retenue même. Mais enfin le récitatif, si médiocrement ponctué par un clavecin d’un autre âge, vit et respire.

    Après les propositions contestées et contestables – ô combien stimulantes pourtant – de Peter Sellars dans Zaïde, d’Olivier Py dans Idoménée et de Dmitri Tcherniakov dans Don Giovanni, la mise en scène de David McVicar paraît elle aussi d’un autre âge, au diapason en somme de la direction de Sir Colin Davis. L’unique mérite du décor de l’Écossais est de ne dissimuler qu’à demi la façade et la fontaine de l’Archevêché, derrière le coulissement de sombres et monumentaux éléments d’architecture classique, quand le vestiaire de Jerry Tiramani contraint les corps dans les coupes et teintes austères de l’Empire.

    De théâtre point, ou si peu, du moins pour un directeur d’acteurs qui sait habituellement le faire surgir jusque dans les esthétiques les plus traditionnelles, voire décoratives. Une baguette moins vénérable l’aurait autrement stimulé, peut-être. Restons donc sur l’impression ennuyée et amère d’une occasion manquée.




    Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence
    Le 10/07/2011
    Mehdi MAHDAVI

    Nouvelle production de la Clémence de Titus de Mozart dans une mise en scène de David McVicar et sous la direction de Sir Colin Davis au festival d’Aix-en-Provence 2011.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    La Clemenza di Tito, opera seria en deux actes (1791)
    Livret de Pietro Metastasio adapté par Caterino Mazzolà

    Estonian Philharmonic Chamber Choir
    London Symphony Orchestra
    direction : Sir Colin Davis
    mise en scène et scénographie : David McVicar
    costumes : Jenny Tiramani
    éclairages : Jennifer Tipton

    Avec : Sarah Connolly (Sesto), Anna Stephany (Annio), Carmen Giannattasio (Vitellia), Amel Brahim-Djelloul (Servilia), Darren Jeffery (Publio), Gregory Kunde (Tito).
     



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