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CRITIQUES DE CONCERTS 18 décembre 2018

Nouvelle production d’Aïda de Verdi mise en scène de Charles Roubaud, sous la direction de Tugan Sokhiev aux Chorégies d’Orange 2011.

Orange 2011 (1) :
Amnéris esseulée


Ekaterina Gubanova (Amneris)

Ouvrage emblématique d’un cadre aussi monumental que le Théâtre antique, Aïda a, comme il se doit, inauguré la quarantième édition des nouvelles Chorégies d’Orange. Si la production de Charles Roubaud et l’Orchestre du Capitole subtilement dirigé par Tugan Sokhiev ont été à la hauteur, côté voix, seule Amneris a comblé l’attente générale.
 

Théâtre antique, Orange
Le 09/07/2011
Monique BARICHELLA
 



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  • Jamais deux sans trois ! Gageure tenue par Charles Roubaud qui a réussi l’exploit de renouveler totalement son approche d’Aïda, dont il signe la troisième production aux Chorégies d’Orange, après celles de 1995 et 2006. Un vrai défi dans la mesure où ce lieu grandiose exige un minimum de faste pour satisfaire un public populaire venu autant pour les spectacles que pour les voix.

    Ce n’est pas un hasard si comme aux arènes de Vérone, Aïda est l’ouvrage le plus souvent représenté aux Chorégies, qui célèbrent cet été le quarantième anniversaire de leur renaissance. C’est en effet en 1971 que Jacques Bourgeois et Jean Darnel ont ressuscité une manifestation devenue incontournable autant dans la vie lyrique française que parmi les festivals internationaux, Raymond Duffaut ayant pris leur relais avec le même succès dès 1981.

    Afin d’éviter de se répéter, le metteur en scène a judicieusement transposé l’action dans l’Égypte contemporaine de la création de l’ouvrage en 1869, pour l’inauguration du Canal de Suez. Une pratique sans doute à la mode mais justifiée, cette fois, par des éléments historiques jamais exploités jusqu’ici. En effet, l’Éthiopie n’existait pas au temps des pharaons et son unique guerre contre l’Égypte se déroula entre… 1875 et 1880.

    Sans bouleverser fondamentalement un livret prémonitoire, la production sobre et élégante de Roubaud, avec de superbes costumes de Katia Duflot, nous installe dans une identité arabe et un contexte colonial précédant de peu les bouleversements politiques du XXe siècle, voire les événements récents. C’est bien vu, bien mené, efficace, esthétiquement beau, sans pompiérisme et suffisamment spectaculaire pour satisfaire ceux qui veulent du faste, du mouvement et de l’exotisme.

    Le Triomphe n’a rien de triomphal et met l’accent sur la liesse populaire et les conflits ethniques. Rarement la majesté naturelle du lieu aura été aussi bien préservée : décor ajouté minimum avec deux paires de sphinx de chaque côté du plateau et le mur dans son intégrité (scénographie d’Emmanuelle Favre). De judicieuses projections et vidéos permettent de créer l’illusion des palais et temples orientaux.

    Malheureusement, les pointures vocales ne sont pas vraiment au rendez-vous, à l’exception de la glorieuse Amneris d’Ekaterina Gubanova, qu’on n’attendait pas aussi authentiquement verdienne de style et d’accent. Depuis ses modestes débuts à l’Opéra Bastille grâce à Gerard Mortier qui avait flairé ses immenses possibilités, on a suivi avec intérêt l’ascension de la mezzo russe de Brangäne à Nicklausse jusqu’à sa récente Fricka de référence dans la Walkyrie de la Scala.

    Sans démériter, Carlo Ventre est un Radamès musical mais assez pâle et dénué d’éclat. Le baryton polonais Andrezj Dobber n’a pas exactement les moyens et la couleur vocale d’Amonasro. Giacomo Prestia est un Ramfis plus qu’honorable et Julien Dran (Un messagero) et Ludivine Gombert (La Sacerdotessa) se font agréablement remarquer.

    Le problème majeur reste le rôle-titre, assumé par la sculpturale Indra Thomas, dont les moyens se sont dangereusement détériorés depuis ses Aïda in loco en 2006. Le timbre reste beau avec, de temps en temps, des piani bienvenus, mais les problèmes d’aigus et surtout d’intonation sont constants et elle est trop souvent en difficulté.

    Il est vrai que Tugan Sokhiev, exclusivement préoccupé par son magnifique orchestre, ne l’aide pas. Le chef ne se soucie guère de chanteurs laissés à eux-mêmes et qui n’ont qu’à suivre, d’où de fréquents décalages le soir de la première. En revanche, l’Orchestre du Capitole – comme les valeureux choristes – est somptueux de couleurs, de transparence, de précision.

    On admire autant les cordes que les trompettes, d’une justesse impeccable. La direction raffinée – parfois presque trop léchée et au ralenti – du maestro ossète privilégie le lyrisme de la partition, mais il sait aussi faire preuve de rythme et de vivacité, en particulier pendant la danse endiablée des enfants. Mais répertoire russe mis à part, Sokhiev n’a pour l’heure pas toujours les qualités d’un vrai chef de théâtre.




    Théâtre antique, Orange
    Le 09/07/2011
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production d’Aïda de Verdi mise en scène de Charles Roubaud, sous la direction de Tugan Sokhiev aux Chorégies d’Orange 2011.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Aïda, opéra en quatre actes (1869)
    Livret d’Antonio Ghislanzoni d’après le texte de Camille du Locle

    Chœurs de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse,
    d’Angers-Nantes Opéra, de l’Opéra de Nice et de l’Opéra de Tours
    Orchestre national du Capitole de Toulouse
    direction : Tugan Sokhiev
    mise en scène : Charles Roubaud
    décors : Emmanuelle Favre
    costumes : Katia Duflot
    éclairages : Avi-Yona Bueno
    vidéo : Nicolas Topor

    Avec :
    Indra Thomas (Aïda), Ekaterina Gubanova (Amneris), Carlo Ventre (Radames), Andrezj Dobber (Amonasro), Giacomo Prestia (Ramfis), Mikhail Kolelishvili (Il Re d’Egitto), Ludivine Gombert (Una sacerdotessa), Julien Dran (Un messaggero).

     



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