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CRITIQUES DE CONCERTS 22 mai 2018

Nouvelle production de Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de Paul-Émile Fourny et sous la direction de Roberto Rizzi-Brignoli aux Chorégies d’Orange 2011.

Orange 2011 (2) :
Une fête vocale jubilatoire

© Philippe Gromelle

Vittorio Grigolo (le Duc) et Patricia Ciofi (Gilda)

Second Verdi de la quarantième édition des Chorégies après une Aïda décevante, Rigoletto entre dans les annales de la manifestation grâce à un plateau de rêve réunissant Leo Nucci, Vittorio Grigolo et Patrizia Ciofi, et le bis rarissime accordé au public en délire. Une soirée exceptionnelle à l’heure où Verdi est rarement si bien chanté.
 

Théâtre antique, Orange
Le 30/07/2011
Monique BARICHELLA
 



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  • Une fois encore, le mistral indissociable de la plupart des soirées historiques d’Orange s’est invité pour ce Rigoletto où toutes les exigences verdiennes étaient au rendez-vous : le public survolté a longuement manifesté son enthousiasme aux interprètes, à la fin de la première des deux représentations clôturant, en feu d’artifice vocal, ces quarantièmes Chorégies.

    Du rôle-titre tenu avec aplomb et une exceptionnelle santé vocale par le vétéran Leo Nucci à chacun des méritants comprimarii, Raymond Duffaut a réussi un sans faute au niveau d’une équipe vocale réunissant trois générations de pointures authentiques. Pourtant, comme on l’a constaté lors de l’Aïda inaugurale, le chant verdien est devenu problématique en des temps où le maître de Bayreuth est nettement mieux servi que celui de Busseto.

    Faisant ses tardifs débuts in loco, à près de soixante-dix ans, Leo Nucci est sans doute l’unique héritier des barytons italiens d’une époque révolue où l’on défendait ce répertoire avec une insolence et un mordant quasiment disparus aujourd’hui. Sans doute l’aigu est-il parfois un peu tiré, essentiellement au premier tableau, mais la voix a gardé son impact et sa puissance.

    L’incroyable métier et la technique d’un artiste qui a interprété Rigoletto plus de quatre cents fois sur toutes les scènes internationales, lui permettent de surmonter avec brio l’usure du temps, car l’instrument demeure d’une étonnante solidité. De plus, sans ménager ses efforts, il paie comptant et ne tombe jamais dans la routine.

    Il trouve en la délicate Gilda de Patrizia Ciofi, au zénith de ses moyens et de son art, dans un rôle qui convient idéalement à sa vocalità et à sa sensibilité, une partenaire irrésistible et aux qualités complémentaires.

    Chant radieux, aigus lumineux, d’une précision et d’une justesse ébouriffantes, mais sans se départir du plus parfait naturel : chaque intonation est une pure leçon de bel canto élégiaque, irisé, d’une admirable pureté de ligne et d’expression, démontrant que l’acoustique exceptionnelle du lieu favorise les voix bien placées plutôt que les décibels.

    Elle retrouve avec bonheur son Alfredo des Traviata de 2009, Vittorio Grigolo, qui, entre-temps, a gagné ses galons de vedette internationale. Physique avantageux, prestance, charme, aigu facile, élégance vocale, le ténor italien réunit toutes les qualités du Duc de Mantoue dès l’éblouissant duo avec Gilda. S’il n’apparaît pas totalement maître de ses moyens dans son air d’entrée, il triomphe avec panache d’Ella mi fu rapita, et la célébrissime Donna è mobile comble l’attente générale.

    Le Sparafucile distancié de Mikhaïl Petrenko semble annoncer le Méphisto qu’il abordera au Mariinski en décembre prochain. Bravo aussi à la Maddalena pulpeuse et bien chantante de Marie-Ange Todorovitch, aux côtés du Monterone impeccable mais physiquement beaucoup trop juvénile de Roberto Tagliavini.

    À la tête d’un Orchestre national de France rutilant, Roberto Rizzi-Brignoli ne gomme pas les quelques flonsflons de la partition, mais on apprécie sa direction vive, fougueuse et précise, toujours attentive aux chanteurs. Sans se situer au même niveau d’excellence que le chant et la musique, la production sombre, nocturne et morbide, parfois inutilement compliquée et chargée d’intentions de Paul-Émile Fourny, n’est pas inintéressante.

    Le concept est déterminé par la scénographie complexe de Louis Désiré qui signe également de fort beaux costumes. La symbolique du carrosse renversé sur le sol, avec ses deux têtes de chevaux et ses roues dans lesquelles se situe une partie de l’action n’est pas évidence, ni le rôle des figurantes maléfiques qui, telles les sorcières de Macbeth, manipulent le destin.

    Une véritable soirée festive marquée par le bis – le second seulement de l’histoire des Chorégies – du duo Gilda-Rigoletto à la fin du III. À l’affiche de l’édition 2012, deux Puccini : la Bohème et Turandot, avec le premier Calaf de Roberto Alagna, sous la direction de Michel Plasson.




    Théâtre antique, Orange
    Le 30/07/2011
    Monique BARICHELLA

    Nouvelle production de Rigoletto de Verdi dans une mise en scène de Paul-Émile Fourny et sous la direction de Roberto Rizzi-Brignoli aux Chorégies d’Orange 2011.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, opéra en un prologue et trois actes (1851)
    Livret de Francesco Maria Piave d’après le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Chœurs de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse, de l’Opéra de Nice, de l’Opéra de Toulon Provence-Méditerranée et de l’Opéra de Tours
    Orchestre national de France
    direction : Roberto Rizzi-Brignoli
    mise en scène : Paul-Émile Fourny
    décors & costumes : Louis Désiré
    éclairages : Patrick Meeüs

    Avec :
    Leo Nucci (Rigoletto), Vittorio Grigolo (Il Duca di Mantova), Patrizia Ciofi (Gilda), Mikhaïl Petrenko (Sparafucile), Marie-Ange Todorovitch (Maddalena), Cornelia Oncioiu (Giovanna), Roberto Tagliavini (Monterone), Stanislas de Barbeyrac (Matteo Borsa), Jean-Marie Delpas (Il Conte di Ceprano), Armando Noguera (Marullo), Marie Karall (La Contessa di Ceprano), Julie Robard-Gendre (Il Paggio).

     



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