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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Emmanuel Krivine et Evgueni Kissin au Festival de Radio France et Montpellier

Kissin décroche avant un sommet

Pour son concert d'adieux à l'Orchestre National de Lyon, Emmanuel Krivine avait convié le Rimbaud du piano romantique, Evgueni Kissin. Mais ni l'un ni l'autre n'étaient au meilleur de leur verve ce jour-là.

 

Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
Le 18/07/2000
Olivier BERNAGER
 



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  • La r√©putation d'Evgueni Kissin n'est plus √† faire. Enfant prodige n√© en 1971, qualifi√© de g√©nie par Herbert von Karajan, invit√© par les plus grands, Abbado, Mehta, Solti, Giulini, Masur, on ne compte plus ses enregistrements, tous salu√©s par la critique. Devant une salle pleine qui l'a ovationn√©, Kissin participait avec ce concert aux adieux donn√©s par Emmanuel Krivine √† son orchestre. Kissin a un jeu √©tincelant, dynamique et d'une puissance √† soulever des montagnes. Ses basses font gronder le piano comme peu savent le faire, et sa technique ph√©nom√©nale lui permet de cultiver des sonorit√©s pianistiques inou√Įes.
    Avec Krivine, cet alpiniste a tent√© un sommet qu'il n'a pas compl√®tement atteint, faute d'avoir m√©nag√© ses forces (et peut-√™tre les n√ītres). La trajectoire de ce concerto est embl√©matique du romantisme musical √† son extinction. Le pianiste semble y exprimer cette figure du h√©ros, tant recherch√©e par le XIXe si√®cle, qui gagne les cimes de l'inspiration (le troisi√®me mouvement, allegro scherzando) au prix de souffrances extr√™mes (le second mouvement, adagio sostenuto). Pour n'avoir pas √©t√© au bout de la po√©sie du mouvement central, Kissin n'est pas parvenu √† cr√©er la tension n√©cessaire √† l'√©coute du dernier mouvement, ce glas fun√®bre qui signe la mort du romantisme. Si la texture sonore faisait impression, l'expression secr√®te de cette musique galvaud√©e est rest√©e en de√ß√†. Par ailleurs, l'√©quilibre de l'orchestre et du piano n'√©tait pas toujours ma√ģtris√© par Emmanuel Krivine, alourdissant une √©criture d√©j√† charg√©e. Cependant un concert est un moment de vie, et ce soir-l√†, il y eut comme un √©tat de gr√Ęce dans cette gigantesque salle, qui tenait autant √† l'√©bouriffante personnalit√© de Kissin qu'√† la belle tenue de l'orchestre.
    On attendait donc la deuxi√®me partie, un po√®me symphonique tr√®s peu jou√© de Zemlinsky, et pour lequel on aurait pu craindre que la salle se vid√Ęt. Il n'en fut rien ! Voici un Festival qui a su cultiver la curiosit√© naturelle de son public. Cette partition est mal √©crite mais bien orchestr√©e. D'une inspiration un peu courte, elle souffre du mal chronique des " po√®me symphoniques " : leur difficult√© √† trouver le point de vue qui permet √† l'histoire racont√©e d'√™tre musicalement cr√©dible. L'orchestre d'Emmanuel Krivine, qui le dirigeait pour la derni√®re fois avant son d√©part, d√©montrait ici son excellence, et donnait foi en son avenir.




    Festival de Radio France et Montpellier, Opéra Berlioz Le Corum,
    Le 18/07/2000
    Olivier BERNAGER

    Emmanuel Krivine et Evgueni Kissin au Festival de Radio France et Montpellier
    Evgueni Kissin, piano
    Emmanuel Krivine, direction

    Orchestre National de Lyon

    Serge Rachmaninov : Concerto pour piano n¬į 2 en ut mineur opus 18
    Alexandre Zemlinsky : Die Seejungfrau, poème symphonique d'après Andersen

     


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