altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 25 mai 2019

Septième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle au festival de Salzbourg 2011.

Salzbourg 2011 (10) :
Une grande musique de nuit

© Mat Hennek

Soirée symphonique d’anthologie à l’approche du terme de Salzbourg 2011 avec des Berliner transcendants dans une Septième Symphonie de Mahler à la rigueur de pensée manifeste. D’une partition d’une totale hardiesse, Rattle dégage des lignes de force magistrales, en unifiant comme jamais un triptyque central nocturne auquel il donne tout son sens.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 28/08/2011
Yannick MILLON
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Couleurs ravéliennes

  • Une tragédie du pouvoir

  • Aux hommes de bonne volonté

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Quand s’installent en fin d’été les Berliner Philharmoniker dans la ville de Mozart, c’est que le terme du festival de Salzbourg n’est pas loin. Et si trop souvent ces dernières années la plus illustre formation allemande et son chef semblaient avoir encore l’esprit en vacances, cette fois, aucune réserve devant un Mahler de rentrée tout à fait magistral.

    La Septième Symphonie demeure le vilain petit canard du corpus mahlérien, et la bête noire de bien des chefs. Un Scherzo aux jeux d’ombres pré-weberniens, entouré de deux Nachtmusik énigmatiques, encadrées elles-mêmes d’un ample mouvement de sonate dans le sillage de la Sixième Symphonie et d’un final dans une orgie sonore en ut majeur aux limites du bon goût.

    À vrai dire, rares sont les chefs à avoir su donner un sens profond à cette partition des extrêmes, de la plus ardente modernité aux flons-flons les plus conventionnels. Sir Simon Rattle, aguerri depuis toujours à l’univers mahlérien, et qui conduit de mémoire cette partition ardue, semble avoir trouvé, à l’heure où son abondante chevelure frisée est en passe de perdre son poivre pour le seul sel, ses solutions.

    On peut concevoir une architecture plus implacable dans le premier mouvement, des ruptures plus nettes, un geste plus coupant, et le mener telle une symphonie en soi. Le patron des Berliner, lui, ne se jette pas à corps perdu dans une lecture roborative, et défend longtemps une certaine retenue, en prenant soin de souligner toute la profusion du langage et de l’orchestration, et en exaltant à l’envi l’extraordinaire lyrisme des pages dévolues aux cordes – quintette berlinois d’une acuité phénoménale.

    On reste par ailleurs pantois devant une prodigieuse cohésion sonore des groupes instrumentaux – la mixture tuba ténor-contrebasses au centre du mouvement, d’une plénitude à frémir.

    Et s’il mène au mieux un Finale qu’il laisse respirer sans tenter de gommer les sutures, les maladresses et les relances interminables de triomphalisme, Rattle lâche au moins la bride d’une ironie clinquante, à l’aide de Berliner aux réserves de dynamique dantesques – la puissance longtemps contenue des timbales, éclatant in fine avec une présence ahurissante.

    Mais le véritable tour de force de cette interprétation est de parvenir à unifier trois mouvements centraux envisagés comme un véritable triptyque, avec des correspondances de tempi, de balancements, et un sentiment inouï de mosaïque divinement sertie.

    On s’étourdit dans ces Nachtmusik anticipant largement le Schattenhaft central se faisant lui-même l’écho et la préfiguration des musiques de nuit qui l’entourent. Les caractères ouvertement différenciés habituels se fondent en un troublant maelström en gagnant un sentiment d’évidence organique, d’autant qu’est portée à son acmé chaque formule un peu borderline.

    Rien moins que décoratives ou couleur locale, la mandoline et la guitare – tenues par des altistes du rang polyvalents – sont insérées à merveille dans une forêt de sonorités nocturnes – l’alto solo bruissant à souhait de Máté Szücs, le cor incomparable de Stefan Dohr.

    Quand bien même on ne serait pas en accord avec les options proposées, on ne peut que s’incliner devant une vision aussi pensée et une prestation symphonique de ce niveau, conforme à une édition 2011 de Salzbourg orchestralement transcendante.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 28/08/2011
    Yannick MILLON

    Septième Symphonie de Mahler par l’Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle au festival de Salzbourg 2011.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 7
    Berliner Philharmoniker
    direction : Sir Simon Rattle

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com