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CRITIQUES DE CONCERTS 12 décembre 2019

Concert du Chicago Symphony Orchestra sous la direction de Riccardo Muti Ă  la salle Pleyel, Paris.

Elégance et beauté sonore

Perfection du chef, perfection de l’orchestre : Riccardo Muti à la tête du Chicago Symphony Orchestra aura marqué de son élégance et magnifié la beauté sonore des œuvres au programme du concert d’ouverture de la saison salle Pleyel, Mort et Transfiguration de Strauss et la Cinquième Symphonie de Chostakovitch, après la création de Danza Petrificada de Bernard Rands.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 02/09/2011
Claude HELLEU
 



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  • Bonheur de notre admiration : Riccardo Muti contrĂ´le si bellement la qualitĂ© de son orchestre et l’intensitĂ© des Ĺ“uvres Ă  son programme. Dès le thème dĂ©licatement introduit de Mort et Transfiguration, le chef marque de son Ă©lĂ©gance le poème symphonique composĂ© par Richard Strauss Ă  vingt-quatre ans. La plĂ©nitude calme et puissante de sa direction dĂ©roulera le mouvement de ce drame musical sans texte dans un crescendo magistral.

    Les épisodes de l’agonie d’un homme qui a lutté toute sa vie pour atteindre les idéaux les plus nobles puis de la mort qui libère l’esprit, alors délivré du désir, héros glorifié au terme de douloureux combats, garderont cette perfection d’interprétation, souveraine et digne, qui porte sa vérité en soi, le Chicago Symphony Orchestra adhérant de toute son homogénéité, remarquable, aux transformations de la partition.

    Strauss, mourant, confiait Ă  son fils : « C’était bien cela Â». Mais il n’est pas sĂ»r qu’une telle Ă©motion, au-delĂ  de la fascination, ait Ă©treint le public. Autre drame, la Symphonie n° 5 de Chostakovitch, prĂ©sentĂ©e par son auteur comme « la rĂ©ponse crĂ©ative d’un artiste soviĂ©tique Ă  une critique justifiĂ©e Â» pour son retour sur scène après avoir Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© ennemi du peuple suite Ă  son opĂ©ra Lady Macbeth de Mzensk.

    Paradoxe de l’intention officielle et des confidences d’une partition dĂ©chirante qui dĂ©voile ses souffrances derrière « la joie forcĂ©e, crĂ©Ă©e sous la menace Â», reconnaĂ®tra plus tard Chostakovitch. LĂ  aussi l’élĂ©gance, tant physique qu’émotionnelle de Riccardo Muti, magnifiant la limpiditĂ© de la polyphonie et des mĂ©lodies, en contrĂ´le superbement la tension, le pathĂ©tisme, les suspensions, la combattivitĂ© revendiquĂ©e, la violence ou la dĂ©solation, et conduit l’orchestre Ă  des sonoritĂ©s fascinantes.

    Précision, netteté, fusion exemplaire des pupitres, subtilité de leurs dialogues – celui du premier violon et de la flûte après le murmure pianissimo des bois tient de la magie dans le deuxième mouvement –, encore et toujours la perfection exalte les couleurs des sentiments. On peut regretter que ce soit parfois au détriment de leurs ombres et des grincements tragiques qui s’y cachent.

    Avant ces deux œuvres, la création de Danza Petrificada, commandée à Bernard Rands par Riccardo Muti pour l’ouverture de sa saison à la tête du Chicago Symphony Orchestra, nous avait offert un sas agréable et d’une sympathique vitalité.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 02/09/2011
    Claude HELLEU

    Concert du Chicago Symphony Orchestra sous la direction de Riccardo Muti Ă  la salle Pleyel, Paris.
    Bernard Rands (*1934)
    Danza Petrificada
    Richard Strauss (1864-1949)
    Tod und Verklärung, op. 24 (1890)
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47 (1937)
    Chicago Symphony Orchestra
    direction : Riccardo Muti

     


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