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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Missa Solemnis de Beethoven par le London Symphony Chorus et le London Symphony Orchestra sous la direction de Sir Colin Davis à la salle Pleyel, Paris.

Profession de foi

Splendeur d’une Missa Solemnis bouleversante par le London Symphony Orchestra et son chœur, des solistes dominés par des voix féminines radieuses, tous réunis sous la direction d’une totale foi en l’homme de Sir Colin Davis dans un rare engagement dramatique. Deux heures de bonheur fusionnel et d’élévation spirituelle.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 17/09/2011
Claude HELLEU
 



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  • Sir Colin Davis entre lentement, s’assoit face à l’orchestre et au chœur, lève sa baguette, et c’est le miracle. Annoncé par des cuivres dont les teintes ne cesseront de nous fasciner, le recueillement du Kyrie saisit, sobrement intense. London Symphony Orchestra, London Symphony Chorus et quatuor vocal – Helena Juntunen, Sarah Connolly, Paul Groves et Matthew Rose – d’emblée fusionnels, élèvent les plus belles résonances de la prière grecque.

    Gloria percutant à peine éteint le pianissimo du dernier Kyrie eleison. Sa fugue tel un fleuve nous emportera jusqu’à l’Amen périlleux qui le conclut, triomphalement exalté par les solistes. Sir Colin Davis s’est engagé dans une affirmation de nos aspirations qui tout au long de l’œuvre gigantesque de Beethoven en exaltera la grandeur, ne donnant aucune place aux plaintes ni ne s’abandonnant jamais à des suppliques. Magnifique acte de foi en l’humain, sa spiritualité transcendera toute religiosité.

    Entrer dans les détails, quand une interprétation est à ce point lumineuse ? Évoquer les nuances de pupitres portés par le même souffle ? Applaudir aux chaleureux aigus des trombones, au moelleux des contrebasses, à la percussion claquante ? Chacun participe à la couleur de tout l’orchestre.

    Des nuances évidentes, fondues et affirmées, des fortissimi somptueux et jamais bruyants, des diminuendi d’une plénitude s’allégeant idéalement, une netteté éblouissante : la clarté, la communion, les contrastes et les mariages des voix et des plans sonores étayent la gravité comme l’espérance.

    Le chœur relève de la même palette expressive, habité d’une ferveur au-delà de toute sentimentalité. Les solistes s’intègrent à cette profession de foi, et si la portée des femmes, rayonnantes, dépasse quelque peu celle des hommes, Matthew Rose lui-même légèrement en retrait de Paul Groves, le mariage de leurs timbres participe pleinement à l’étonnante alliance vivifiée par le chef.

    Une courte pause avant le Credo et le maestro britannique confirme le caractère très volontaire de sa lecture. Inébranlable splendeur. Aigus mystiques des sopranos, profondeur des graves pour assurer la croyance en l’incarnation d’un Dieu fait homme par amour de l’homme, jubilation de l’ascension aux cieux, flamboiement de la fugue hallucinante Et vitam venturi saeculi, et cet Amen à nouveau si riche de sens qu’il ne saurait s’épanouir que dans la perfection, ici absolue.

    Sanctus en demi-teintes, néanmoins limpides. Solo né du chœur, le premier violon se lève. Est-ce l’instrument ? Sa sonorité n’a pas la plénitude des voix qui l’entourent – unique réserve à l’altitude et la justesse de sa conduite. L’Agnus Dei impose des invocations fièrement implorantes ou belliqueuses.

    Les récitatifs des solistes et des chœurs n’apparaissent pas comme les appels angoissés si souvent lancés, mais comme l’interpellation finale et confiante des hommes à Celui qui leur a donné la vie et connaît assez leurs détresses pour les comprendre.

    Miserere nobis et Dona nobis pacem ne sont pas séparables. Après deux heures d’émerveillement sous sa noble et belle gestuelle, Sir Colin Davies consacre de cette paix l’épopée beethovénienne dont il a révélé l’immense dramaturgie.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 17/09/2011
    Claude HELLEU

    Missa Solemnis de Beethoven par le London Symphony Chorus et le London Symphony Orchestra sous la direction de Sir Colin Davis à la salle Pleyel, Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Missa Solemnis
    Helena Juntunen, soprano
    Sarah Connolly, alto
    Paul Groves, ténor
    Matthew Rose, basse
    London Symphony Orchestra
    direction : Sir Colin Davis

     


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